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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 11:19

Quel jeu de mots dans le titre! Cet article commence bien! Il faut le lire plusieurs fois pour patienter car nous avons des problèmes de connexion internet et le prochain viendra dans longtemps!

Java

Avec le soleil brulant et la chaleur, la vie commence en Indonésie vers 4h, 4h30 du matin. A Surabaya, cela se remarque au bruit des embouteillages. Comme nous venons de Chine, avec l’heure de décalage, cela ressemble à un 6h du matin, soit l’heure habituelle. Une petite grasse mâtinée jusque 6 heures locales et hop on peut s’y mettre. Nous avons choisi un hôtel près de la gare centrale pour simplifier le trajet du matin. Je me retrouve donc à 6h à la gare pour prendre nos billets pour Probolinggo, vers l’Est. Le train est normalement plus pratique que le bus car la coulée de boue au Sud de Surabaya n’en finit pas d’alimenter les embouteillages (vous vous souvenez de l’accident de 2006 pendant lequel une compagnie d’exploitation gazière a percé un volcan de boue? Ils extraient encore 100 000 m² de boue par jour dans la région).

J’ai le choix entre Business et Executive, et conditionné par un an de voyage, je choisis la classe business, enfin « Bisnis ». C’est une petite erreur car le prix du billet est insignifiant.

A 8h40, nous sommes tous sur le quai de la gare pour notre train. A 10h, nous y sommes toujours.

01 Java - Train Surabaya 07

La classe « Bisnis » a un peu usurpé son nom; elle est fumeur, sale, ventilée par les fenêtres ouvertes.

01 Java - Train Surabaya 03

En 2 heures, le train nous dépose à Probolinggo, petite ville spécialisée dans les mangues (les meilleures de l’île) et les arnaques et vols de voyageurs (les meilleurs de l’île). Nous n’avons pas le temps de goûter aux mangues mais nous ne manquerons pas de tester les arnaques.

Affamés, nous prenons des poussepousses pour un prix qui place l’écologie hors d’atteinte de la condition humaine et nous faisons déposer à un restaurant 300 mètres plus loin. Nous reprenons ensuite ces mêmes poussepousses (nous sommes militants écologistes et j’entends bien ne pas payer la cotisation à notre retour en France) pour atteindre la gare de bus.

01 Java - Etape Probilinggo 02

Sans succès, car nous sommes déposés devant une agence de voyages (repère d’anciens détenus) faisant office de dépôt de bus publique (minivans privés défoncés hors de prix).

Cela ressemble furieusement aux joies des transports de la Thaïlande du Sud.

Et là, il est clair qu’aucun bus (public ou privé) ne partira tant que nous n’aurons pas dit oui à une des arnaques. Pas d’autre moyen pour rejoindre le volcan Bromo, nous sommes coincés.

2 heures plus tard et avec 1,3 Millions en moins (au lieu des 1,8 de départ), nous démarrons un périple de 3 jours harassants mais grandioses.

Une fois l’argent empoché, le bus « public » est magiquement prêt à partir et nous sommes les seuls passagers. Chanceux quand même! Il faut une heure pour monter jusqu’au village de Ngadisari où se trouve notre hôtel (grand luxe, chambre 6 m², douches partagées mais chaudes). La brume nous empêche de profiter à fond des paysages escarpés et des rizières. En haut, il fait super froid et Virgnie attrape un rhume en 2 minutes. Nous sommes passés des 32°C de la plaine aux 8°C du village en une heure, c’est fatal.

Tout est couvert de cendres grises que des jeunes poussent plus loin, ou plutôt étalent un peu partout. Les volcans ne sont pas loin et ils sont actifs.

Le lendemain matin à 3h30, c’est le réveil et le départ en jeep pour le bord du volcan Bromo. Il faut d’abord faire une petite ascension dans le noir (tiens, on a oublié la lampe de poche) en repoussant les loueurs de chevaux. 30 minutes plus tard, on se retrouve en haut du Gunung Penanjakan (2800m) sur un point de vue surplombant la caldera qui entoure le Bromo (2400m), avec le Semeru (3700m) en toile de fond.

Au début, on ne voit rien de tout ça, juste l’aube qui pointe.

01 Java - Bromo 02

Puis on aperçoit, dans une lumière mauve, les premières fumées qui indiquent les volcans.

01 Java - Bromo 04

Enfin, la lumière dévoile le paysage magique que nous avons à nos pieds. Le Bromo fume et gronde, les nuages flottent sur la mer de sable autour, le Semeru fume au loin.

A chaque minute qui passe, la lumière modifie la superbe vue.

Au début, c’est blafard et vaporeux. Le volcan tangue sur les nuages.

01 Java - Bromo 111

Puis les détails apparaissent, les failles et craqures, l’escalier d’accès au cratère.

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Les vapeurs produisent toujours une nappe magnifique.

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Puis les premiers rayons touchent le sommet du Semeru et ajoutent une palette de couleurs oranges sur les bruns et verts. Cela fait du bien à tout le monde car il fait un peu froid là-haut.

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La scène s’éclaire enfin complètement tandis que la caldera s’assombrit.

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Lorsque le soleil est complètement levé, nous redescendons jusqu’au 4x4 puis dépassons le bord du plateau et traversons la caldera pour atteindre les environs du volcan.

Nous continuons à pied en repoussant de nouveau les loueurs de chevaux assez insistants, qui imaginent que notre refus signifie que nous voulons négocier.

Nous dépassons le temple Hindu puis approchons du Bromo. L’accès au volcan est fermé aujourd’hui du fait de sa trop grande activité et nous devons donc rester au pied, évitant les 253 marches au passage. Le paysage est encore plus saisissant ici, lunaire (pour ceux qui ont déjà visité).

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Les cavaliers déchirent la brume, le rare silence entre les grondements du volcan est marquant.

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Les enfants pourraient passer des heures à filmer la fumée qui sort du volcan!

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Lorsque nous rejoignons l’hôtel, il est moins de 8h et la journée a déjà été bien remplie.

Nous avalons un pancake pour achever le petit-déjeuner, bouclons les sacs et embarquons un minibus pour redescendre sur Probolinggo en une heure.

Pendant les 90 minutes suivantes où nous rôtissons au soleil pour attendre le prochain bus, Virginie va tenter une aventure de l’extrême: aller aux toilettes. Arguant qu’une pissotière pour hommes en plein air au bord de route n’est pas adéquate, elle va avoir la chance de faire l’aller-retour jusqu’à une station service à l’arrière d’un scooter sur la route nationale avec un chauffeur intrépide.

01 Java - Etape Probilinggo 06

C’est sûrement la dernière fois qu’elle risque sa vie pour aller aux toilettes.

Nous prenons enfin un minibus avec 2 françaises que nous avons déjà croisées au Bromo pour rejoindre la deuxième attraction de l’est de Java: le plateau d’Ijen. 5 heures de route, avec une dernière section sur une route vraiment défoncée, à 10kms/h max et nous atteignons les plantations de café du plateau. Il fait frais de nouveau, la brume est installée. Nous sommes parqués dans un hôtel décrépi, dans lequel nous arrivons finalement à avoir les 2 chambres promises dans le package mais qui se transformaient en une sur place.

Coucher à 19h pour essayer de récupérer des 3h30 de ce matin et pour anticiper avec le réveil à 4h le lendemain matin.

Malheureusement, un minibus arrive vers minuit de façon fort discrète puis les coqs se mettent à sonner les demi-heures jusqu’à ce que le muézin appelle tout le village à la prière à 3h.

Nous rechargeons donc les bagages dans le minibus et c’est parti pour la montée vers le Gunung Ijen (2368m). La route qui y mène est encore plus difficile que celle empruntée hier et le véhicule semble souffrir plus que de raison. Est-ce qu’il fera la descente?

Arrivés au poste de contrôle, il ne reste que 3 kilomètres à faire pour un peu plus de 400 mètres de dénivelé.

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Ce matin, il faut un peu se forcer pour monter. Ce n’est pas la grande forme.

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Mais comme nous croisons des gars qui sont déjà sur la descente avec leurs 70 kilos de sulfure sur le dos, nous restons sobres et dignes! Les singes ne nous prêtent même pas un regard.

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Sur la fin, avec le réveil, nous reprenons quelques forces et Louis se verrait bien porter des pierres mais nous allons dans le mauvais sens.

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La brume matinale rajoute à la beauté de la vallée derrière nous.

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Après 1 kilomètre de plat et 2 kilomètres pentus, c’est l’arrivée sur la lèvre du volcan et Théo s’équipe … d’un bonnet de douche.

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Le vent plaque les vapeurs du volcan sur la lèvre et nous aveugle. Les porteurs progressent sans arrêt.

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Nous progressons donc nous aussi vers le point de descente dans le volcan, toussant, puis le vent tourne subitement et découvre le ciel.

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Cependant, nous ne voyons maintenant plus ce qu’il y a au fond.

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Le vent tourne encore et plaque maintenant les fumées au fond. Nous apercevons enfin la source et le lac, il faut en profiter pour descendre tant que le chemin est clair.

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Dans la descente, nous faisons attention à ne pas gêner les pauvres forçats qui remontent leur chargement, la précieuse pierre jaune. Ils gravissent le volcan et restent au fond entre 2 et 4 heures du matin pour extraire à la main la pierre puis passent les heures jusque midi à monter et redescendre la cargaison. A 600 roupies le kilo et à 70 kilos le chargement, cela fait 4 euros quand on est arrivé en bas. Chers payés!

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Parvenus 200 mètres plus bas, nous ne pouvons que nous effrayer du labeur de l’extraction, dans la chaleur et les fumées. Bienvenue en enfer.

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Nous absorbons quand même la vue du fond du cratère et les couleurs intenses. Le lac, le Kawah Ijen, fume. C’est somptueux. Jamais mon appareil ne rendra ces couleurs.

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Pendant la remontée, à la faveur d’un coup de vent, le lac vert émeraude se découvre enfin. Il faut vite grimper pour saisir le panorama entier. Malgré le manque de sommeil, Louis court comme un cabri et il est difficile de le maintenir sur le chemin. 

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On y croit sur les derniers mètres mais le vent tourne de nouveau et obstrue la vue.

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Le vent plaque de nouveau les fumeroles sur la lèvre du volcan et l’atmosphère devient vite irrespirable; tant pis pour l’ascension vers le point le plus haut du volcan. Nous profiterons de la vue de la vallée dans la descente; les dernières brumes disparaissent.

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Nous atteignons le point de contrôle à 9h30, avec l’impression d’avoir de nouveau vécu une grosse journée!

La descente vers la pointe Est de l’île de Java, vers Banyuwangi et le ferry vers Bali, est encore plus dure que la montée. Nous devons parfois descendre du minibus car il touche la pierre dans les cahots et les freins ne peuvent supporter le poids. On laisse les enfants dedans quand même, ça les réveille!

La fin de notre package correspond à la montée dans le ferry. Malgré son prix, il n’y avait pas vraiment d’alternative pour emprunter ce chemin car il n’y a pas de transports publics et les couples transporteurs-hôteliers ont verrouillé le circuit. Il nous aura évité quelques attentes en route et aura permis de faire une seule mauvaise négociation au lieu de 10 plus ou moins bonnes.

Cela mis à part, ces 2 journées ont été formidables pour les paysages que nous avons découverts. Il faut que je mette à jour (enfin, que je crée) mon classement des plus beaux sites du tour du monde mais on est dans le Top 5 assurément.

C’est la fin de la courte incursion à Java. Maintenant cap à l’Est et repos, vacances, détente, décompression, roue libre, récupération parce que la Chine plus 2 réveils avant le soleil, cela nous a mis en petite forme.

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Published by Famille Ducasse - dans Indonésie
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commentaires

Claire Faure 31/05/2011 22:17


Bonjour,
Futurs voyageurs autour du monde avec nos quatre enfants (nous partons dans deux ans), je lis votre blog avec grand plaisir...
Si vous aimez les parcs accrobranches, je vous recommande celui de Bali (http://www.balitreetop.com/), créé et géré par mon frère et sa femme.
Bonne continuation et bon repos à Bali.


Famille Ducasse 10/06/2011 05:04



Ca c'est gentil! Nous n'avons malheureusement pas eu le temps de nous arrêter.


Bon voyage!


Romuald



Daniel 31/05/2011 17:00


Génial ce récit de vos deux derniers jours et des photos splendides !
Avez vous pris contact à Bali avec la fille de mon ami ?
Bises