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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 10:08

Quitter Swakopmund, c’est de nouveau quitter la civilisation. D’un côté, cela fait du bien parce que les rues proprettes et les blancs bedonnants avec les cheveux longs sur la nuque, cela ne fait pas carte postale de Namibie. Mais d’un autre côté, cela veut dire reprendre le rythme de camping 4x4 qui est usant.

Lever avant 6h s’il y a quelque chose à voir, à 7h sinon, on vide le coffre, on dégèle la cantinière, l’eau met une heure à chauffer et le café se fait attendre, on coupe du bois et on fait un feu. Le petit déjeuner est fini vers 8h, il est temps de faire la vaisselle, de s’ôter les sous-vêtements polaires, blousons et pulls polaires pour les ranger, empaquetés au fond du coffre; il faut finir la toilette pour ranger les trousses dans le sac du fond du coffre, ressortir le sac du fond du coffre parce qu’on a oublié de se laver les dents; ranger et plier les tentes en s’écorchant les doigts, ranger tout le matos de camping. Vers 9h30, on est déjà plein de poussière, les doigts en sang, mais la voiture est prête à partir. Reste à récupérer les enfants qui sont partis établir un camp quelque part.

2 heures de route, quelques fois 3 avant de prendre le pique nique, sur le bord de la route, en roulant ou déjà au prochain camping si on est chanceux. Des petites courses sur la route si possible pour acheter du pain et de la viande. Sur la route, difficile de développer une pensée construite. On regarde le paysage et quand enfin on arrive à penser à quelque chose et qu’on s’apprête à le formuler, quelqu’un crie « oh une autruche » et on oublie tout. Si ça se trouve, c’était vachement important et en lien avec le boulot à nous qu’on a et qu’on va devoir reprendre en rentrant. Arrivés au camp, il est entre 14 et 16 heures. On sort le matos de camping, on fait un brin d’école, on déplie les tentes, on fait une petite promenade, on ramasse du bois pour le feu, on lance le repas, on prend les douches, froides ou chaudes, il est 18 heures, il fait nuit et il fait froid. 19h voire 19H30, le repas est fini, la vaisselle presque, les dents sont lavées et les enfants au lit. Extinction des feux avant 20 heures. Les dents claquent un moment puis c’est le sommeil. 1 heure du matin, le vent souffle un maximum et la tente claque, c’est le bon moment pour faire une sortie et retendre tout, remettre une baleine en passant.

Quelques jours de ce régime et je vais retrouver mon look 3 bandes. Mon look 3 bandes, ce n’est pas Adidas, c’est plutôt Vieux Campeur. C’est une coiffure vaguement en brosse longue avec 3 bandes laissées par les sangles de la lampe frontale. C’est la grande classe. Je ne prends pas la peine de me recoiffer, c’est inutile.

En quittant Swakopmund, nous descendons vers Walvis Bay (pas beaucoup d’intérêt, juste pour le pique nique) puis longeons le Namib par le haut et la visibilité est mauvaise. Il y a du vent, une couche de poussière empêche de voir le paysage.

Nous passons par une zone de canyons et par le pass de Kuiseb, de belles collines jaunes creusées par une petite rivière.

06 Sesriem - Route 04

Nous tournons ensuite vers le Sud en direction de la ville de Solitaire. Le paysage est toujours composé de montagnes jaunes plus ou moins visibles. Les animaux sont de retour mais il est difficile de les distinguer.

06 Sesriem - Route 12

06 Sesriem - Route 15

Nous passons le tropique du Capricorne par la route (comme en Amérique du Sud vers Tilcara).

06 Sesriem - Route 08

Peu avant Solitaire, nous contournons une petite montagne pour trouver un camp dans la savane. Nous prenons un emplacement en haut d’un promontoire et nous avons une vue superbe. C’est un camp magnifique et un coucher de soleil africain d’exception. Les antilopes courent à nos pieds.

06 Sesriem - Route 20

Le lendemain matin, douche en plein air avec vue sur la brousse. Le refus de la poursuite de l’audience à tout prix me retient de mettre quelques photos où je déclame des vers de Saint John Perse dans le plus simple appareil, regard droit sur l’horizon. Et puis, vous verriez que mon bronzage présente maintenant des marques blanches sur des parties charnues, et le tatouage de mon code de carte bleue sur la fesse gauche (à l’usage, ce n’est pas très pratique). Bref, une bien belle vue. La nuit a été un peu ventée mais c’était le prix à payer.

En repartant, nous tombons sur notre voisin de palier, un beau spécimen de puff adder, 1,30 mètre, l’air hirsute. Comme nous avons visité la ferme aux serpents l’avant-veille, nous sommes au fait du pédigree du reptile. Venin puissant, attaque dangereuse du fait du caractère particulièrement mauvais de la bête. Les photos parlent d’elles-mêmes, celui-là a mauvais caractère.

06 Sesriem - Route 33

06 Sesriem - Route 37

La vidéo se fera avec prudence.

Requinqués par cette rencontre, nous prenons la route de la ville de Solitaire, enfin du village, enfin du garage qui fait hôtel et magasin. Il se trouve qu’il y sévit un pâtissier qui s’acharne à faire de bonnes choses et nous souhaitons encourager tous les efforts qui vont dans le bon sens. Nous y faisons donc un nouveau stock de petits brötchen et de pâtisseries que nous engloutirons à midi.

06 Sesriem - Camp 02

Quelques photos sur les voitures et tracteurs qui jonchent le lieu-dit car les enfants aiment les belles mécaniques.

06 Sesriem - Route 47 06 Sesriem - Route 46

La route qui conduit vers Sesriem, entrée Est du parc du Namib et route vers Sossusvlei, est maintenant bordée par des montagnes qui laissent apparaître les premières traces de sable rouge. On approche.

06 Sesriem - Route 52

Arrivés au camp, on nous annonce qu’ils n’ont plus notre réservation (c’est la seule que nous avions faite de tout le voyage avec celles d’Etosha car c‘est l‘attraction numéro 1 de Namibie), que le camp est complet, mais ils finissent par nous dénicher quelque chose au bout du camp.

Après une petite pause, nous pénétrons dans le parc et allons voir le début des dunes avec l’objectif d’en escalader une pour le coucher du soleil. Le sable de ces dunes serait venu il y a plus de 3 millions d’années du désert du Kalahari, que nous irons voir plus tard. Ces dunes sont en constant mouvement et changent sous l’action du vent. Elles culminent à plus de 300 mètres.

Pour notre première incursion, je suis tenté d’aller le plus loin possible, d’aller voir les différents points de vue, de photographier les animaux dans la lumière tombante, bref d’en faire trop, si bien que nous arrivons à la dune à escalader 10 minutes avant le coucher du soleil.

06 Sesriem - Dune 06

06 Sesriem - Dune 064

Pas de chance, cette dune, il faut une bonne demi-heure de marche vigoureuse pour la gravir. Quand j’arrive au bout de ma course de 20 minutes, j’ai les poumons déchirés, le cœur en pin’s et le soleil s’est fait la malle depuis belle lurette. Je retrouve Théo au tiers de la pente, vaillant mais désespérément en retard, tandis que Louis fait des glissages à plat ventre dans les pentes. Nous redescendons dans le noir et allons nous installer au camp. Nous ne sommes pas seuls au camp, nous partageons notre arbre avec des bestioles de 10 cms, des grosses cigales qui seraient bonnes grillées à l’apéro si quelqu’un était assez courageux pour en attraper une!

06 Sesriem - Camp 05

Le lendemain, réveil à 5h30 pour le lever du soleil sur les dunes. Nous nous arrêtons tout d’abord à la dune 45 (qui se trouve à 45 kms du camp), une belle crête facile à escalader.

06 Sesriem - Dune 027

06 Sesriem - Dune 032

Le vent rend l’expérience un peu difficile si tôt le matin et la couche de poussière empêche de voir le soleil bas sur l’horizon.

06 Sesriem - Dune 048 06 Sesriem - Dune 081

Nous repartons donc en direction de Sossusvlei, le lit de la rivière Tsauchab asséché la plupart du temps, un lit crayeux, surplombé par des dunes de 200 mètres de hauteur. En ce moment, il y a encore un peu d’eau dans le lac final et les animaux viennent y boire.

06 Sesriem - Dune 089

06 Sesriem - Dune 093

06 Sesriem - Dune 098

06 Sesriem - Dune 077

Nous escaladons les plus hautes dunes pour prendre la mesure de la vue. On comprend aisément pourquoi tout le monde se presse ici (enfin, façon de parler, ce n'est pas la foule quand même!). Les vues sont époustouflantes.

Nous nous dirigeons vers Dead Vlei, qui lui est asséché et dans lequel pointent encore des acacias morts il y a 400 ans. Comme tout le monde, nous allons passer la matinée à photographier des arbres morts (300 photos à trier, c‘est quand même beaucoup trop!). Les couleurs blanches de la craie tranchent sur le brun des dunes que le soleil chauffe. Les arbres dansent avec la chaleur.

06 Sesriem - Dune 113

06 Sesriem - Dune 115 06 Sesriem - Dune 130

06 Sesriem - Dune 121

 

Au retour au camp, la sieste s’impose. Nous reprenons des forces pour le coucher du soleil qu’il s’agit de ne pas louper.

Le soir, rebelote, photos d’animaux, d’arbres, de dunes, escalade, … Cette fois nous ne sommes pas en retard et nous avons repéré les endroits où nous voulons passer.

06 Sesriem - Dune 268

Comme vous avez été gentils, je ne vous mets que la variation autour d'un arbre et je vous épargne le reste!

06 Sesriem - Dune 236

06 Sesriem - Dune 243

06 Sesriem - Dune 267

Le soir en rentrant, nous n’avons pas le courage de faire le feu donc nous allons au restaurant manger un steak d’oryx en regardant un match de rugby (victoire des Red sur les Crusaders de Dan Carter).

Nous découvrons des autres habitants des dunes, le petit lézard à longues pattes et un désormais classique gecko, mais pas de serpents!

06 Sesriem - Dune 275 06-Sesriem---Dune-206.JPG

2 jours passés dans ces dunes ont complété la vue aérienne. C’est un site magistral, que l’on peut arpenter pendant des jours. C’est un havre de plaisir pour le photographe, mais là encore, il faut le bon matériel et attendre l’accalmie de vent. C'est une chouette partie de notre voyage!

Nous allons maintenant nous diriger vers les montagnes voisines, les Naukluft pour changer de paysage.

Sesriem.jpg

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Published by Famille Ducasse - dans Namibie
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commentaires

Martine ( maman de Geoffrey ) 19/07/2011 09:57


Vous êtes très courageux ! même pas peur des serpents et des pannes de voiture !
Virginie semble être une épouse en or !
Bonne continuation sur cette fin de voyage et félicitations pour ce blog plein d'humour et si bien écrit .


Famille Ducasse 21/07/2011 19:50



Je confirme, Virginie est une épouse en or mais il ne faut pas le répéter, ses exigences pourraient devenir ingérables!