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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 06:00

Flores.jpg

Une journée de repos à Labuanbajo n’a pas effacé les traces de la traversée en bateau. Nous nous sommes concentrés sur la prochaine étape namibienne et avons réduit l’activité au minimum.

Pour notre traversée de l’île, nous avons pris une voiture avec chauffeur. Il est possible de le faire en bus local pour la moitié du prix mais pour un confort divisé par dix et un temps multiplié par deux. Bonne surprise, le chauffeur parle bien anglais (rare) et est plutôt sympa (comme la majorité des Indonésiens).

La première journée est consacrée au trajet Labuanbajo - Ruteng, soit 50 kms. Il faut 5 heures pour réaliser ce trajet. La route monte très vite, une route de serpent extrêmement serrée, et le premier plateau permet d’admirer la baie de Labuanbajo, avec Komodo en fond de paysage. Nous faisons quelques arrêts pour regarder la végétation: les cacaotiers, les caféiers, les arbres à cannelle, les bananiers, les plants d’ananas, les arbres à noix de cajou, les papayers, … Tout pousse, c’est luxuriant et les enfants découvrent de nombreuses nouvelles essences.

08 Flores - Végétation 07

Il y a bien sûr de nombreuses rizières, en plateau, à flanc de collines ou de montagnes, parsemées de pierre volcaniques.

08 Flores - Rizières 01

Les volcans sont omniprésents. De nombreux pics, de nombreux cratères, des pierres partout. Nous aurions bien aimé aller voir l'île de Sumbawa (que nous avons dépassée en bateau) pour voir les restes du volcan Tambora, montagne qui culminait à 4800 m, mais qui perdit 2000m durant son explosion en 1815, dépaysant l’île pour toujours. Mais sur Florès, nous devrions aussi être servis.

En arrivant aux alentours de Ruteng, nous passons sur le territoire des Mangarrais (descendants de Malais), qui construisent et partagent tout sur le modèle circulaire (maisons, champs). On peut ainsi voir des rizières en toile d’araignée sur les plateaux.

08 Flores - Rizières de Ruteng 08

Nous arrivons à Ruteng, en altitude, au frais, en début d'après-midi et nous installons chez les Sœurs, à la Kongregasi Santa Maria Berdukacita. Leurs chambres sont grandes et propres, ce qui diffère des autres options de la ville. Nous partons pour une petite balade sur les hauteurs de la ville, pour un coucher de soleil sous les nuages.

08-Flores---Coucher-de-soleil-de-Ruteng-14.JPG

Nouveau départ de bonne heure le lendemain pour engranger les kilomètres le plus tôt possible. L’étape du jour doit nous emmener à Bajawa, soit 70 kms, une grosse étape en somme.

Même topo, nous revoilà sur une route qui descend, puis remonte pour gravir la pente d’un nouveau volcan, qui redescend pour toucher la mer au Sud (petite pause pour jeter des cailloux). De nouveau des paysages de rizières et une nature luxuriante.

08 Flores - Route de Bajawa 06

La route est très fatigante en fait et nous sommes pressés d'en voir la fin. Comme il n'y a pas d'infrastructure touristique, il faut à chaque fois atteindre la "grosse" bourgade suivante pour pouvoir manger et dormir, les étapes intermédiaires sont impossibles, on ne passe que de pauvres villages.

Pour atteindre Bajawa depuis la mer, nous devons faire une dernière longue étape de montagne et contourner par le Nord le volcan Inerie, un sommet de l'île que l'on aperçoit pointant au fond. La route s'annonce mal, toutes les vallées doivent être traversées.

08 Flores - Route de Bajawa 20

08 Flores - Route de Bajawa 23

Au bout de 6 heures de route, nous pouvons enfin manger (plus d'une heure d'attente des plats quand même, c'est l'Indonésie!) et essayer de trouver un hôtel convenable. Mais à Bajawa, les hôtels convenables, c'est encore inédit. Le marché est plutôt orienté sur l'hôtel crasseux (sans eau chaude bien sûr) et plutôt cher.

Pour se détendre de la journée de route, nous prenons la direction de sources d'eau chaude à 1 heure au nord de la ville. Cela sert de salle de bains aux habitants des alentours mais pour nous cela fait piscine et jacuzzi. L’eau est à 40°C et la rivière à côté permet d’alterner avec de l’eau plus tiède.

08 Flores - Sources de Bajawa 07   08 Flores - Sources de Bajawa 10

La nuit est bien sûr assez désagréable et le départ tôt le lendemain assez attendu.

L'étape du jour, c'est Bajawa - Ende - Moni, soit 90 kms! Mais avant de partir, nous faisons un détour par Bena, petit village traditionnel Ngada sur les pentes du volcan Inerie. Village officiellement catholique mais entièrement régi par le culte de Gae Dewa, pour lequel on sacrifie encore des buffles plusieurs fois par an.

08 Flores - Bena 09

08 Flores - Bena 03   08 Flores - Bena 11

Le temps n'est malheureusement pas de la partie et le volcan est invisible derrière les nuages. La pluie arrive.

Nous reprenons donc les kilomètres de montée-descente, avec notre chauffeur qui est heureusement très prudent. Encore un arrêt en bord de mer pour ramasser des cailloux bleus et charger les valises.

08 Flores - Route de Ende 07

Nous mangeons à Ende (mal) avant de reprendre la route vers le village de Moni, au pied du volcan Kelimutu. Nous arrivons tard et partons pour une petite marche vers une cascade pour se dégourdir les jambes. Ce n'est pas grandiose mais il faut un prétexte pour aller se défouler.

08 Flores - Moni 02

Une petite douche à l'eau froide et une dernière nuit sur l'île.

Contrairement à tous les visiteurs, nous n'optons pas pour le lever du soleil sur le volcan. Nous l'avons déjà fait plusieurs fois et comme nous sommes venus pour les lacs de cratère, il faut du soleil pour voir leur couleur.

Nous ne montons donc au volcan que vers 6 heures, pour découvrir les 3 lacs de cratère du Kelimutu. Les lacs changent de couleur de manière imprévisible. Aujourd'hui, il y en a un noir (noir profond comme de la peinture noire), un turquoise avec des tâches jaunes, et un autre vert (alors qu'il aurait dû être marron).

08 Flores - Kelimutu 19

08 Flores - Kelimutu 13

08 Flores - Kelimutu 10

08 Flores - Kelimutu 20

Comme partout sur l'île, il y a plein de macaques qui attendent les restes de votre petit déjeuner. Cela occupe un peu les enfants.

08-Flores---Kelimutu-07.JPG

Bon, le Kelimutu, c'est beau mais cela ne valait pas 3 jours de voiture quand même. L'émerveillement de la nature dans tous ses états passe après les 6 premières heures de route. Il nous aurait fallu commencer par cela plutôt que de finir avec cela pour avoir plus d'énergie.

Nous refaisons donc les bagages et rejoignons Ende pour déjeuner. Nous faisons un arrêt au marché pour aller voir la pèche: principalement du thon mais aussi un beau gros espadon et de la belle friture.

Reste maintenant le plus difficile, le retour en avion vers Bali. Cela se corse quand nous apprenons que l'avion va faire une escale sur l'île de Sumba. 2 décollages et 2 atterrissages, notre cœur ne va pas tenir!

08-Flores---avion-de-retour-02.JPG

Les 2 derniers jours à Bali, nous les passons retranchés dans notre chambre. Nous logeons à Seminyak, près de Kuta, et l'endroit ne nous attire pas du tout. Sur-urbanisation, embouteillages, prix qui flambent et touristes peroxydés, bodybuildés, trop de contraste avec l'île que nous venons de quitter. Nous faisons une seule incursion pour trouver un coiffeur et déjeunons dans une brasserie allemande, histoire de se préparer à la Namibie. Nous ne verrons même pas la plage de Kuta, pourtant réputée très belle (mais bondée) et ses vagues que kiffent grave les surfeurs.

C'est déjà fini pour l'Indonésie, d'où nous partons ravis. Ravis d'être venus et contents de partir pour la Namibie.

Dans 28 heures de voyage (Bali - Hong Kong - Johannesbourg - Windhoek), nous prenons possession du 4x4 et traçons dans la brousse ! Première dune, on dort 2 jours.

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Published by Famille Ducasse - dans Indonésie
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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 10:41

Komodo-Flores.jpg

La première journée du voyage vers Flores est une petite chauffe. Un peu de route jusque Mataram, la grande ville de l’île, une petite heure de perdue pour que le groupe fasse des emplettes dans un supermarché, une visite pseudo-culturelle d’une fabrique de poterie. L’artisanat de Lombok est orienté vers le tissage et la poterie. Pour pouvoir se marier, une jeune fille devait être capable de réaliser de belles poteries, sinon elle n’était pas digne d’intérêt. Cela a peut-être un peu changé. A la différence des Balinais, les Sasaks de Lombok (descendants de Birmans mais convertis à l’Islam) n’ont pas encore développé à fond la carte artisanale. L’île est plus sauvage que Bali, avec de belles plages malheureusement de plus en plus polluées, et les investissements immobiliers voudraient bien la transformer en Bali bis, la partie spirituelle en moins.

L’intérieur de l’île est montagneux et les rizières toujours magnifiques, en escalier, avec des palmiers, des verts éclatants. Nous goutons sur la route des gâteaux oreillers, fourrés au riz et à la banane. C’est un peu comme manger un vrai oreiller en plumes d‘oies, c’est bourratif.

07 Lombok Flores - traversée bus 02

Notre prochain arrêt est pour l’atelier de bateaux. Là, on nous montre un bateau en construction, selon les plans d’une tribu de marins venus du Sulawesi. C’est sûrement pour nous rassurer sur les qualités du bateau. Maintenant, quand on les voit travailler, dans un chaos propice aux accidents divers, on est loin d’être rassurés. Le gars nous indique en plus que le délai de construction normal d’un bateau est de 9 mois mais qu’ils doivent faire celui-ci en 3 mois parce que la demande pour les croisières augmente et on leur demande d’être prêts pour août. Moi, j’espère qu’ils avaient pris le temps pour faire le nôtre.

07 Lombok Flores - traversée bus 04

Nous arrivons enfin à Labuan Lombok, le port où nous rejoint un autre mini-bus. On nous fait monter sur une petite embarcation un peu délabrée mais un français tente de nous rassurer (ou de se rassurer) en nous indiquant que ce n’est pas le bateau, juste une embarcation pour aller jusqu’au bateau. Comme il sera déçu!

07 Lombok Flores - bateau au port 01

C’est bien le bateau, et on se sent tous un peu serrés dedans. Après la présentation de l’équipage, on nous indique qu’il y a un canot de sauvetage gonflable sur le toit au cas où, pour 25 personnes. C’est large, nous sommes 29 passagers et il y a 10 membres d’équipage. Mais il y aura des gilets pour tout le monde. On respire… Le premier repas en mer se passe en silence, chacun observant celui qui n’aura pas de place sur le canot.

Après une courte navigation de 2 heures, nous débarquons sur une île au large de Lombok, sur la route de Sumbawa. Petit banc de sable blanc, l’île de Gili Kondo est un lieu de replantation de corail. La plongée y est magnifique! Enfin du beau corail vivant, multicolore, des poissons en abondance dans un bel habitat. La restauration du récif est en bonne voie. C'est une île écologique.

07 Lombok Flores - Gili Kondo 06

Nous restons sur l’île jusqu’au soir, profitant de la plage et de la plongée. Coucher de soleil sur Lombok, feu de camp, poisson grillé, guitare, cours de danse traditionnelle (la vidéo sera négociée à un prix rédhibitoire) et ambiance colonie de vacances, tout le monde est bien content de rester à terre et de retarder le moment fatidique de la nuit sur le bateau.

Quand il faut finalement rentrer, il est 21 heures et je fais l’erreur de passer trop de temps avec Virginie et les enfants à la cabine pour essayer d’installer leur campement. Il faut dire que la cabine fait 1 mètre sur 2 mètre, avec 2 lits superposés dans une ambiance que l’on peut qualifier d’intime ou de carcérale, au choix. Une fois les bagages calés, il ne reste pas grand place. Et pas de chance, ils ont une cabine en pont inférieur, en prise directe sur les aérations du moteur, avec une bonne acoustique.

07 Lombok Flores - Cabine 01

Pour ma part, il faut que je me dépêche de monter sur le pont supérieur pour trouver une place par terre. Enfin, il aurait fallu que je me dépêche. Car c’est complet.

Il me reste la salle de restaurant, que je peux partager avec 2 autres malheureuses et l’équipage. Cela sert aussi de salle de quart, de salle de jeux, c’est en prise directe avec la cuisine qui finit tard le soir et commence tôt le matin. Cela a aussi l’avantage d’être au-dessus de la salle des machines et de sentir le bateau en faisant appel à tous les sens. C’est la vraie croisière, pour les connaisseurs qui veulent vivre le voyage intensément, pas comme des touristes serrés dans des cabines exigües. Là, on peut choisir où dormir, on est en prise avec les éléments, comme je ne vais pas tarder à le découvrir.

Une rabane pour se protéger de la saleté, et hop on se jette dans son drap en soie! Bon au début, il n’est pas vraiment question de dormir parce que l’équipage a des trucs à faire pour préparer les quarts de la nuit. Ensuite, il faut arriver à évacuer l’odeur de pétrole. Après il faut savoir passer outre le vacarme du moteur. Quand on a atteint ce niveau de maîtrise sensoriel, on peut vraiment apprécier le tangage du bateau à sa juste mesure. C’est hallucinant. La houle n’est pourtant pas démesurée mais le bateau est particulièrement plat de construction et il prend la houle comme un drakkar balancier de fête foraine. Nous voilà donc projetés à la verticale à chaque vague, mais à la différence des fêtes foraines, nous ne remontons pas de l’autre côté, nous nous écrasons sur les vagues. A chaque descente, je suis soulevé du sol et fait l’expérience de l’apesanteur, puis l’expérience de la tapette à mouche quand elle s’écrase sur la mouche. Certains disent qu’écraser une mouche à la tapette est cruel; je ne sais pas pour la mouche, sûrement, mais pour la tapette, c’est sûr, cela fait mal.

Gagnant en expérience à chaque vague, je me plaque au sol, j’essaie de coller à la paroi. Bon, en fait, lorsque la pente est trop forte, les lois de la physique reprennent le dessus. La force exercée par mon corps sur le sol, une fois verticalisée, ne peut s’opposer à la force de pesanteur. Mon sac de soie attenue les frottements et le bilan énergétique est vite vu, c’est la glissade. Coups de pattes, coups de griffe, j’essaie de planter les pieds pour freiner, mais tout effort est vain à travers un sac de soie, c’est juste pathétique. Glisser, ramper pour remonter jusqu’à l’oreiller comme une chenille, glisser, ramper, …, cela fatigue.

La houle prend du volume, les craquements augmentent. Vers 2 heures, un craquement assourdissant réveille toute la salle. Tout l’équipage est debout, les 3 « dormeurs » aussi, les lampes de poche s’allument et ils descendent vers la salle des machines. Je peux dire qu’on ne fait pas les fiers, debout dans nos sacs de soie, des traces d’oreillers à travers la figure. Finalement, plus de peur que de mal, l’équipage remonte rassuré. Nous, on ne l’est pas, et on recommence à glisser-ramper avec moins d’entrain.

Au matin, réveil à 6 heures avec le soleil pour que la cuisine prépare le petit déjeuner servi à 7 heures. On a l’impression de s’être fait tabassés toute la nuit. On a rampé sur toute la distance, on est crevé.

De leur côté, Virginie et les enfants ont aussi leurs petites histoires nocturnes à raconter, avec des atermoiements vers 4 heures du matin pour savoir si Théo a eu le mal de mer ou juste mal au ventre parce que nous venons de commencer la Malarone (anti-palu).

Le réveil se fait donc au large de Sumbawa, à peu près à la moitié de l’île, près de la petite île de Satonda. Nous accostons pour faire une petite marche panoramique, pour aller voir un lac intérieur salé dans lequel des poissons ont survécu et viennent vous mordiller lorsque vous nagez. C’est un peu comme les Fish massage.
Du côté mer, on peut aussi faire du snorkelling et c’est assez beau. Là encore, le corail est préservé.

07 Lombok Flores - Satonda 03

Nous repartons ensuite pour 6 heures de navigation, relativement agitées, qui rendent la sieste chaotique, pour ceux qui peuvent la faire. Comme je n’ai qu’une place dans le restaurant, je ne peux pas vraiment m’allonger. On arrive quand même à mettre un dessin animé aux enfants dans la cabine.

Nous débarquons enfin à Kilo beach, aux ¾ de l’île de Sumbawa, au nord-ouest de Bima, pour aller voir le coucher du soleil. La plage n’est pas très belle, nous la partageons avec des buffles, mais tout le monde apprécie de ne plus être sur le bateau. Les têtes sont prêtes à exploser, certains ont le cœur au bord des lèvres. C’est une courte halte car il reste beaucoup de navigation pour atteindre Komodo demain matin. Comme nous mangeons sur le bateau à l’arrêt, certains ont la chance de pouvoir aller se coucher avant que le bateau ne redémarre et s’endorment. D’autres attendent que la cuisine ferme, que les passagers évacuent la salle commune, que les parties de carte de l’équipage s’arrêtent.

Cette nuit, pas de houle marquée, juste une mer démontée. Les vagues partent dans tous les sens, au raz des cabines. Pour atténuer l’odeur de la salle des machines, nous dormons au grand air.
A 3 heures du matin, une déferlante traverse le bateau. Engourdis par le sommeil, nous nous retrouvons tous (équipage et 3 passagers), debout dans nos sacs de soie, hagards, complètement trempés. Tout le monde regarde en tous sens pour vérifier que le bateau n’est pas en train de couler. Non c’est bon, juste une déferlante de biais. Il n’y a plus qu’à se rendormir dans la piscine, couverture et sacs mouillés. Coup de chance, je n’avais pas l’appareil photo.
Bon, ben au matin, heureusement qu’il y a l’excitation d’être à Komodo pour donner un peu d’énergie.

L’arrivée vers Komodo se fait à travers un chapelet d’île puis le long des côtes de l’île. C’est majestueux. L’île est extrêmement torturée, les collines et les pics verts sont baignés de lumière chaude, les couleurs sont ravissantes. Cela fait île primordiale, hors du temps.

07 Lombok Flores - Komodo 010

Les enfants sont debout au lever du soleil.

07 Lombok Flores - Komodo 002

Il faut du temps pour faire accrocher l’ancre puis encore plus pour rejoindre le ponton car la mer est forte, même dans la baie protégée, et la tension monte. Une fois sur le ponton, à 50 mètres de la plage, les doigts se pointent, un dragon marche sur la plage. Cris de joie. La période de reproduction des dragons s’étale sur juin, juillet et août et les dragons disparaissent alors sur l’île qui est immense. Ils sont très difficiles à trouver. Mais c’est bon, il y en a au moins un!

07 Lombok Flores - Komodo 028

Il faut malheureusement attendre que tout le monde débarque, que les rangers nous briefent sur la sécurité, et le dragon se fait la malle. Ils vont nous emmener dans les terres pour apprécier le panorama, observer la richesse naturelle, voir les oiseaux, les biches, les cochons sauvages, … Franchement, les seuls biches ou cochons sauvages que les personnes veulent voir sont ceux que les dragons vont capturer et dévorer!

En commençant la balade, nous croisons un jeune dragon de 4 ans sur la plage. Il commence sa vie terrestre et il n’a pas l’air de bonne humeur. Il file.

07 Lombok Flores - Komodo 029

Lorsque la femelle pond ses œufs (entre 20 et 30), elle les enterre dans un trou de 3 mètres de profondeur et creuse d’autres trous autour afin de tromper les mâles. Ceux-ci sont en fait assez friands d’œufs de dragon.

Quand les œufs éclosent, les bébés dragons se ruent sur le premier arbre venu et montent à la cime pour se cacher, de peur de se faire manger par les gros. Ils choisissent un arbre à fruits, que les insectes et les oiseaux apprécient, que des petits carnassiers vont aussi apprécier, afin d’avoir de la nourriture sous la main. Ils se tiennent à l’abri des mâles jusque l’âge de 4 ans et descendent alors sur la terre ferme, trop lourds pour rester en hauteur et assez lourds pour s’opposer un peu aux plus gros. Autant dire que lorsqu’ils font leurs premiers pas sur la plage, ils roulent des mécaniques et cherchent des noises à n’importe qui.

Nous nous éloignons donc dans la jungle, l’oreille à l’affut, l’œil aux aguets. Nous passons de jolis oiseaux jaunes sur la route, des perroquets, mais on n’est pas là pour ça! Les panoramas de l’île retiennent quand même l’attention.

07 Lombok Flores - Komodo 033

Sur le chemin, le guide pointe vers un tas d’excréments blancs. Bonne nouvelle! Si, si, c’est une bonne nouvelle. C’est blanc parce que le dragon avale toute la bête et transforme les os en calcaire. C’est une bonne piste. Fraiche.

07 Lombok Flores - Komodo 141

Au bout d’une heure de marche, près d’un point d’eau douce, des cochons sauvages s’abreuvent à grands cris. A quelques mètres, une énorme branche attend. Oui, car cette fois, ce n’est pas une feuille qui ressemble à un piranha, comme au Brésil, ou une branche qui imite un crocodile, cette fois, c’est un dragon qui fait la buche!

07 Lombok Flores - Komodo 060

De la bonne buche quand même, 3 mètres de long, de quoi réchauffer un groupe de cochons sauvages. Quoi que les cochons ne soient pas les meilleurs proies parce qu’ils vivent en groupe soudés et n’hésitent pas à se jeter sur un dragon en cas d’attaque d’un membre du clan. Hostile la nature! Enfin, on n’a jamais vu un cochon tuer un dragon quand même!

07 Lombok Flores - Komodo 059

Nous faisons prudemment fuir les cochons et contournons la bête. S’ensuit une séance photo où, à chaque fois que le monstre bouge, celui qui pose mouille sa culotte et s’enfuit en courant. Difficile de sourire.

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Des os trainent aux alentours. Il y en a un qui a chipoté avec le repas. Il a l'oeil joueur mais on hésite quand même à lui lancer un caillou.

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Le dragon bave en nous regardant. Rappelons que sa bave contient un peu de venin et plus de 67 bactéries mortelles, une morsure tue un buffle en quelques jours, le venin accélérant l‘hémorragie et les bactéries assurant le service de manière radicale. Pour un homme, il faut d’urgence se faire transférer à Bali et rester sous antibiotiques 2 à 3 semaines pour y remédier. Après il faut que les os se rétablissent et se reconsolident. Pour ceux qui ont encore l'os.

Quand il se lève, on recule, d'instinct.

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A notre retour au camp, nous croisons de nouveau une biche et un dragon. Le dragon se lève, la biche s’enfuit, elle aussi. C'est dommage.

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Le dragon se dirige vers le snack à la recherche de nourriture. Bon plan, c’est plein de touristes.

Il a vraiment des allures de dinosaure.

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Et il a de drôles de griffounettes.

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Pour aller jusqu’au bateau, de nouveau un jeune pressé que nous évitons avec soin.

07 Lombok Flores - Komodo 114

Après toute cette excitation, nous faisons une petite navigation dans la splendide baie de Komodo pour atteindre Red beach.

07 Lombok Flores - Komodo 119

Cette plage de Komodo a des eaux cristallines sous lesquelles des coraux roses, rouges, oranges, bleus, des anémones violettes et des poissons gigantesques ravissent les plongeurs, pendant que les lézards investissent la plage. Là ce sont des touristes qui lézardent.

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Nous allons prendre un peu de sable rose comme souvenir.

Sous l’eau, c’est le bonheur. La meilleure plongée de l’Indonésie pour nous. Les eaux autour de Komodo permettent aussi de plonger avec des raies manta, des requins, mais pour l’instant, de simples poissons nous suffisent. Amateurs de plongée, courez! D’autant que le dragon n’aime pas nager, même s’il en est capable. On ne verra pas le match dragon contre orque mais cela vaut le coup.

L’après-midi, nous reprenons le bateau pour finir la traversée vers Flores et atteindre Lubuan Bajo, la grosse ville de l’Ouest, peu avant 6 heures, pour le coucher du soleil.

07 Lombok Flores - Arrivée Flores 06

N’ayant rien réservé, nous ne savons pas trop où aller et nous sommes exténués. La ville est poussiéreuse. Nous repérons la mosquée (c’est la seule ville à majorité musulmane de l’île, qui est sinon catholique) et nous nous laissons embarquer par d’autres passagers qui ont choisi un hôtel à l’écart de la ville. C’est en dehors du budget mais nous allons au moins dormir, loin des coqs et des appels à la prière, que d’autres passagers vont subir (4 heures de sommeil nous diront-ils le lendemain!).

En plus, nous pouvons profiter du coucher de soleil sur Komodo au loin.

07-Lombok-Flores---Arrivee-Flores-21.JPG

Il nous reste maintenant à trouver une voiture pour traverser l’île. Ce sera pour demain.

Cette traversée était chère (700 euros pour 4), pas vraiment confortable même en cabine, avec des moments sans grand intérêts, mais nous avons fait des plongées superbes et bien sûr, chasser le dragon de Komodo! A refaire, peut-être prendrions-nous le risque de prendre un vol de Lombok à Flores, puis nous prendrions un bateau pour Komodo et ferions des plongées autour de Florès. Le coût serait peut-être équivalent, mais il nous manquerait les bleus sur les hanches pour faire des souvenirs.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 15:29

Bon, on peut vous le dire, tout n’est pas parfait à Gili Meno.

Entre l'année dernière et cette année à la même période, certains bungalows sont passés de 400.000 à 1100.000 Rp, comme ça, pour le plaisir. Résultat, beaucoup de constructions se préparent sur cette petite île.

Côté restaurant, le warung Yaya, par exemple, est bon et pas cher mais il faut attendre 90 minutes pour être servis. Il faut attendre face à la mer, avec les serveurs qui jouent de la guitare, plutôt bien. Ce n’est pas la durée que le poisson met à griller, c'est juste qu'il n’y a qu’une mamie en cuisine et elle prend tout son temps. Une fois servi, c’est délicieux mais ça se mérite, ça empiète sur les jeux de plage! Peut-être que ce n'est pas si grave.

Plus sérieusement en revanche, l’île est exploitée depuis peu de temps mais elle paraît déjà vieille. Sur la pointe Sud-ouest, il y a déjà un hôtel abandonné avec une dizaine de bungalows qui pourrissent. Les plages qui subissent les plus fortes marées sont jonchées de détritus ramenés par la mer.

Une fois, alors que nous étions à la plage, nous voyons un petit vieux balayer les détritus autour de chez lui, en remplir une poubelle, puis se diriger tranquillement vers la mer pour tout déverser. Les sacs en plastique, les boites, tout flotte devant chez lui. Je vais le voir et lui fait comprendre que je suis pour le moins étonné de le voir faire cela, mais d’après lui « No problem ». Je lui dis que la mer va juste les emmener plus loin mais que cela ne va pas disparaître, il me montre que cela va vers d’autres côtes, vers Lombok, alors « no problem ». Et les tortues, toutes les tortues qui vivent autour de l’île et qu‘on croise dans l‘eau, et les petites qu’on relâche sur l’île, elles les confondent avec les méduses et elles les mangent. Elles vont en crever! D’après lui, « no problem ». Discussion fermée. Résultat, il y a des parties de l’île où on ne peut déjà plus nager. Et cela ne fait que commencer.

Le lendemain, justement, nous avons regardé des petites tortues gagner la mer.

Combien de temps avant qu’elles ne s’étouffent avec un sac plastique?

05 Lombok - Gili Meno Tortues 01

Il va falloir du temps avant que la primaire des verts ne change les modes de vie sur Gili Meno.

Le lendemain, nous avons quitté Gili Meno pour rejoindre la grande île de Lombok et passer 2 jours à Senggigi (sans grand intérêt mais remplie d’hôtels et point de départ de notre prochain bus) avant d’entamer le périple vers Flores.

Nous avons assisté sur la plage à une partie de pèche au filet intéressante. 5 personnes de chaque côté tirent sur les 2 filins et ramènent vers la plage un filet qui a été coulé à 300 mètres. Il faut une heure pour ramener le filet et des efforts monumentaux en plein soleil. Nous restons plantés là avec les enfants, sur-excités de cette pèche qui s'annonce, à parier sur la présence d'une pieuvre, d'un requin, ou de quelque créature farouche car remonter le filet a l'air vraiment très dur. Il faut dire que le filet est bien rempli quand il arrive: 1 poisson de 20 cm, 1 petit de 10 cm, 1 de 5 cm et le reste en détritus divers. Je me demande s’ils n’ont pas récupéré les poubelles du vieux! Elle n’est pas vide la mer, mais elle n’est pas en vie non plus. Enfin à Senggigi.

06 Lombok - Senggigi pèche 03

06 Lombok - Senggigi pèche 05

06 Lombok - Senggigi pèche 08

Nous allons donc aller voir plus à l’Est si c’est plus sauvage. 3 jours de bateau nous attendent pour atteindre Flores (c'est ça ou prendre un avion de la compagnie qui s'est écrasée il y a 3 semaines). Probablement pas de nouvelles avant 9 jours mais on ne sait jamais, une bonne surprise peut toujours arriver.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 10:23

Dernier matin à Bali, Amed. Dernier lever de soleil. Au loin, on aperçoit Lombok se découper sur les rayons du matin, le volcan Rinjani en pointe. Sur la gauche, un petit bateau de pécheurs donne la direction que nous allons prendre pour atteindre les îles Gili.

04 Bali - Amed lever soleil 26   04 Bali - Amed lever soleil 33

04 Bali - Amed lever soleil 34

Après un pick-up matinal à l’hôtel, nous attendons comme d’habitude le ballet des voitures parties chercher tous les passagers. Nous embarquons tous dans un speed boat qui s’éloigne rapidement de Bali, laissant le Gunung Agung dans le sillage.

04 Bali - Amed départ Gili 06

Au bout de quelques minutes, les 3 moteurs 500 Ch sont à pleine puissance et nous en subissons les douloureuses conséquences. Heureusement que nous n’avons pas gâché d’argent dans un massage sur la plage car nos vertèbres se font vigoureusement tasser. Une heure de ce traitement nous met en vue des îles. Nous déposons la moitié du bateau sur Gili Trawangan et poursuivons vers Gili Meno, la plus petite des 3 îles, la moins habitée, la plus calme. Il n’y a pas beaucoup d’hôtels sur l’île, la scène gastronomique est réduite, il n’y a pas d’eau chaude, pas tout le temps de l’eau douce, pas de voitures. C’est ce que nous cherchons: un peu de tranquillité sur de belles plages. Si vous cherchez de l’action, il faut aller ailleurs. On peut trouver du bruit sur Gili Trawangan, de la musique, une mosquée, mais rien de terrible quand même. Sur Gili Meno, il n’y a pas de mosquée ou de bar nocturne.

L’arrivée se fait en sautant dans l’eau, mais franchement, vue l’eau, personne ne se plaint.

05 Lombok - Gili Meno arrivée 02

Nous sommes les seuls à descendre du bateau. Nous avions contacté une pension pour savoir s’ils avaient un bungalow pour nous au cas où et avions prévu de faire le tour de l’île pour choisir.
A l’arrivée, il se trouve que le bungalow n’était pas pour 4 mais cela n’émeut absolument pas notre hôte. Pourquoi serait-ce son problème si nous n’avons pas ce que nous avions demandé alors qu‘il nous l‘avait confirmé?

05 Lombok - Gili Meno arrivée 05

Pendant que les enfants s’amusent sur la plage, je fais donc le tour des auberges. Je traverse l’île (un gros kilomètre) pour explorer la côte Ouest mais il n’y a que 2 établissements, dont un qui possède des petits bungalows à prix dérisoires. Un peu loin quand même pour aller manger si le resto n’est pas bon.

Ayant retraversé l’île et essayer les quelques pensions près du centre (4 maisons regroupées), je rentre avec peu d’options intéressantes.
Virginie part donc faire la côte Sud - Est (3 pensions) et a plus de chance. Nous emménageons donc dans 2 bungalows mitoyens, eau froide, ventilateurs, moustiquaires et manger.

En attendant les plats, nous faisons trempette devant le restaurant et posons pour la postérité. Enfin sauf moi, parce que le coup de l'appareil photo dans le sable sur une plage de rêve, je l'ai déjà fait en Australie.

05 Lombok - Gili Meno arrivée 08   05 Lombok - Gili Meno arrivée 06

Nous passons l’après-midi (après l’école!) à jouer sur la plage de sable blanc et à plonger dans les eaux turquoises. Nous approchons d’une pente qui descend à pic où nagent des bancs de poissons extraordinaires. Il y en a tellement et les fonds deviennent si profonds que Théo me demande de rentrer.

Le soir, nous faisons le tour de l’île pour aller voir le coucher de soleil. On le regarde se lever, puis se coucher, c’est un peu notre job!

05 Lombok - Gili Meno plage 04   05 Lombok - Gili Meno coucher 02

Les journées se ressemblent, la différence est faite par l’apparition des méduses ou non, par l’apparition des tortues ou non.  Un peu comme à Amed où le sable était d’une belle couleur noire.

Nous profitons de ces journées de repos car la suite va de nouveau être mouvementée, avec 3 jours de bateau dans des mers potentiellement problématiques (la passe de Flores est traitre) et la rencontre avec les dragons de Komodo.

Je ne mets pas trop de photos car je sais que cela peut heurter les sensibilités des plus fragiles.

Gili-Meno.jpg

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 07:59

Amed

La côte au Sud d’Amed est parsemée de petites criques de sable noir, dans lesquelles nichent des villages de pécheurs (ils ont chacun des noms mais par extension tous les villages s’appellent Amed) et des hôtels. Beaucoup de criques et donc beaucoup d’hôtels à moitié vides, avec un sentiment de solitude lorsque l’on est sur la plage.

Nous avons négocié une grande paillote au prix de la moyenne; les enfants dorment à l’étage; en journée, nous profitons des lits de jour et du hamac sur la terrasse. Le restaurant est bon, il n’y a qu’un autre couple pour habiter cette crique que nous occupons.

04 Bali - Amed plage 03   04 Bali - Amed plage 06

04 Bali - Amed bungalow 05

C’est rustique, il n’y a pas d’eau chaude ou de climatisation mais c’est parfait. L’eau est de toute façon naturellement chaude grâce au soleil. La climatisation c’est le vent.

La journée commence tôt: on regarde l’aube pointer à 5h30, puis le soleil se lever vers 6h15.

04 Bali - Amed lever soleil 07

04 Bali - Amed lever soleil 16

On en profite jusque 7h30 et on petit déjeune. On regarde les pécheurs rentrer.

04-Bali---Amed-pecheurs-04.JPG

Ensuite c’est l’heure de la plongée. Il y a des coraux à 20 mètres de nage, une épave enfouie 2 criques plus loin. Si on peut apporter une petite réserve, c’est le fait que 2 jours après notre arrivée ont commencé des grandes marées, avec beaucoup de houle et de courant. Cela secoue pendant les plongées, cela trouble les fonds. Les poissons bougent aussi en cadence, comme nous. Nous avons essayé la plongée à marée basse mais la barrière de corail est trop haute et les vagues trop fortes, comme nous avons pu nous en rendre compte au prix d’une belle frayeur et de belles coupures aux jambes sur les coraux.

Pour couper un peu la journée, nous allons voir les rizières et le volcan.

04 Bali - Amed Rizière Tirtaganga 07   04 Bali - Amed Rizière Tirtaganga 09

04 Bali - Amed Volcan Agung 01

Allongés à regarder la mer, à planifier les prochaines îles sur lesquelles nous allons partir, il est difficile de croire que nous allons rentrer dans 50 jours et mettre un terme à cette aventure. Pour être tout à fait honnêtes, même si parfois la fatigue fait croire que l’on serait mieux à la maison, que cela fait longtemps que nous n’avons pas vu nos proches, nous ne voyons pas pourquoi il faudrait que cela s’arrête?!

Il va falloir vite trouver une idée pour vivre au bord de la mer, sous les tropiques, prêt d’un manguier, pour faire pousser 9 plants d’ananas, des papayes, et quelques autres fruits, …

Le temps passe et nous manque. Nous allons partir sur Lombok, en passant par les îles Gili, des petits bouts de sable blanc hérissés de cocotiers et entourés d’eau turquoise, mais nous n’aurons finalement pas le temps de pousser comme prévu jusqu’au sud de Lombok, à Kuta Lombok où de gros rouleaux balaient d’autres plages paradisiaques. Il nous faut attraper dans quelques jours un bateau hebdomadaire à Lombok qui croisera au nord de Sumbawa, en faisant une escale ou deux pour profiter des fonds marins, puis une escale à Komodo pour aller chasser les dragons, et, au bout de 3 jours, débarquera sur la grande île de Flores.

Peut-être ferons-nous quelques sorties en mer pour plonger dans les plus beaux sites d’Indonésie. Puis nous traverserons l’île en quelques jours pour rejoindre le volcan de Kelimuti et ses 3 lacs de cratère. Il sera alors sûrement temps de prendre un avion (ça c’est périlleux!) qui nous ramènera vers Bali avant de faire les 28 heures de trajet jusque la Namibie. Après, ce sera 4x4 avec tentes sur le toit dans le désert …

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 07:09

De bon matin, nous voilà au bord de la route à attendre le bus public pour Lovina.

 02 Bali - départ de Pemuteran 02

Avant qu’il n’arrive, un bemo s’arrête et offre de nous emmener pour 400 000 Rp. Après 5 minutes, nous montons et embarquons pour 50 000 Rp pour 4. C’est un poil plus cher que le prix du bus public (au prix local) mais on n‘attend pas. 

Descendus au centre ville de Lovina, à Kalibukbuk, nous nous mettons à la recherche d’une voiture à louer pour simplifier la suite des trajets et gagner un peu de liberté. Les vendeurs de la rue sont plutôt en forme côté négociation et mes allers-retours sont inutiles.

Virginie et les enfants sont restés à l’ombre devant une supérette qui a vraiment envie de nous louer une voiture. Leur voiture est trop grosse pour nos besoins mais ils insistent pour nous la louer et descendent le prix si bas sans négocier que l’on ne peut pas refuser.

En fait, ils ont besoin d’argent pour une cérémonie funéraire à venir et ils nous expliquent que louer chez eux est une bonne action, c’est bon pour notre karma. C’est imparable.

Nous voici donc équipés d’une voiture 8 places double air-conditionné pour 11 euros par jour.

Nous remplissons le réservoir et nos ventres à Sigaraja, puis remplissons le coffre en nous arrêtant à un Carrefour Market.

La route qui part vers le centre de l’île, vers le volcan Batur, est très lente et tourne dans la jungle. Plus on monte et plus il fait gris. Quand nous arrivons en haut une heure plus tard, le ciel se découvre assez de temps pour faire une photo du volcan, de la caldera et du lac, puis c’est l’orage violent. Dommage pour les photos et la balade.

03 Bali - Gunung Batur 03

Nous descendons tout de même dans le cratère pour longer le lac et trouver un endroit où passer la nuit.

Nous nous établissons dans une pension basique où une douche froide nous redonne des forces pour affronter les moustiques qui pullulent.

La nuit est sympa, avec la basse-cour voisine où des coqs souffrent d’insomnie et en discutent.

Au matin, le ciel est toujours gris et bas, donc nous annulons la balade au volcan. Nous prenons la route d’Ubud.

Lovina - Ubud

Notre arrivée à Ubud et la recherche d’un hôtel se font sous la pluie. Pendant les rares arrêts de la pluie, les 38°C et les 100% d’humidité font regretter que l’averse ne reprenne pas plus vite. Heureusement, c’est vite le cas.

Nous nous offrons un hôtel dans le centre avec piscine car nous avons beaucoup de formalités à faire et il va falloir occuper les enfants. Nager sous la pluie ne leur pose pas de problème. Au programme pour les parents: impôts, réservations pour la Namibie, préparation des jours suivants dans les îles de l’est, envoi d’un colis vers la France pour se décharger, ... Que des trucs sympas!

On mange très bien à Ubud et les boutiques de fringues et d’artisanat abondent. Les souvenirs que l’on achète en Australie se trouvent aussi ici, cela économise un voyage. Nous faisons le plein de fruits et goutons à de nouveaux fruits inconnus comme la mangue balinaise (qui a la taille d’une mandarine, de couleur noire, dont l’intérieur renferme de petits fruits qui ressemblent à des litchees et qui ont quelquefois des accents de poire).

03 Bali - Ubud 10

Nous observons aussi les nombreuses offrandes constamment renouvelées dans les temples individuels, devant les magasins et bien sûr dans les temples de la ville.

03 Bali - Ubud 02 03 Bali - Ubud 05 03 Bali - Ubud 06

Louis se fait offrir un éventail alors qu’il en cherchait un à acheter. Cela l’emplit d’une énorme joie. Leçon facile à enchaîner: le moindre geste de bonté est plus important que les meilleures intentions du monde. Le don est un double contentement car il emplit celui qui le fait et celui qui le reçoit. 

Nous aurions pu rester un peu plus et aller voir les rizières mais en fait, nous avons envie de plage et il y a trop de monde pour nous à Ubud. Les rizières, il y en a de très belles dans l’Est et vu le temps qu’il nous fallu pour acheter 2 souvenirs et envoyer un paquet de 13 kilos pou 50 euros (cela fait cher le T-Shirt acheté à 1 euro), nous ne nous voyons pas trop chiner ou faire faire des meubles à expédier.

Nous restons ébahis devant les Chinois qui négocient aussi fermement qu'ils vendent! ils vont avoir un mauvais karma!


Nous partons donc le lendemain vers l’est, pour aller chercher le calme à Amed, derrière le volcan Agung. Comme toujours, la route est beaucoup plus longue qu’il n’y paraît parce que la vitesse est lente et nous arrivons à la nuit tombée, serpentant dans les collines sans fin bordant la mer, trouvant difficilement le logement conseillé par les Cossart, qui sont passés ici il y a une semaine.

04 Bali - Amed lever soleil 01

Le lever de soleil du lendemain (6h14) chasse les souvenirs de la première nuit un peu chaude, rythmée par le bruit omniprésent des vagues qui s’écrasent à 15 mètres du bungalow.

04 Bali - Amed bungalow 03

Enfin la plage, de nouveau!

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:12

Pemuteran

Nous attrapons le ferry tout pourri de midi. Le voyage est court mais bruyant car un camelot vend ses produis à grand renfort d'arguments convaincants assénés au mégaphone.

Nous recevons un accueil très chaleureux des rabatteurs au terminal du ferry. Ils n'hésitent pas à nous proposer de nous emmener là où nous voulons. C'est pas serviable ça, pour 500 000 rp!

Il faut une bonne heure pour rentrer dans un bus, sortir du bus, rentrer dans un autre, etc, pour passer de 500 000 à 80 000 mais c'est toujours 4 fois plus que le prix pour les locaux. A croire qu'on n'a pas des têtes de locaux. Pourtant, nous sommes souriants.

Le bus sans freins arrive à nous déposer et on s'arrête pour déjeuner à Pemuteran, sur la plage dans un bel hôtel. On en profite pour faire tous les hôtels de la plage. Pemuteran est une petite ville du Nord Ouest, loin de la masse touristique de Lovina, la station du Nord.

A Bali, plus c'est calme, plus c'est cher. Pemuteran, c'est super calme!
Il y a bien une suite à 200$ qu'on nous laisse à 150$ mais c'est tout. Les autres ne veulent pas négocier. Pour eux, mieux vaut une chambre vide qu'une chambre moins chère; il faut croire que la haute saison est suffisante pour faire un chiffre d'affaire confortable. Il faut lâcher 150$ pour se loger à 4 au bord de l'eau!

Nous repartons sur la grande route avec l'idée de prendre le prochain bus pour ailleurs. Et puis nous tentons un dernier petit hôtel parce qu'en fait, nous sommes tous super fatigués après la marche d'Ijen du matin, qu'il est déjà 16h et qu'on irait bien se détendre à la plage! Cet hôtel à 100 m de la plage accepte de nous faire 2 chambres pour 60 euros, ce qui est hors budget mais acceptable pour ce soir.

Nous voilà donc enfin sur la plage! Cela n'était pas arrivé depuis la fin février et les "vacances" à Koh Phangan avec les cousines. 

02 Bali - Pemuteran 04

Le soir est assez difficile car nous n'avons plus d'énergie et que tout le monde devient pénible (surtout moi, paraît-il!).

Mais le lendemain procure des instants magiques. Dès l'aube, nous sommes à la plage et nous profitons des fonds marins. Le village compte plusieurs clubs de plongée et associations qui ont replanté du corail et entretiennent le littoral. Les coraux sont superbes et les poissons en grand nombre. Nous retrouvons les espèces déjà admirées en Polynésie: des perroquets, des balistes, des anges royaux et empereurs, ... Il y a aussi des étoiles de mer bleues, des poissons flute; bref, c'est le régal.

Les enfants s'amusent aussi avec le chien du club de plongée.

02 Bali - Pemuteran 13   02 Bali - Pemuteran 15

Mais le vrai moment de magie vient en fin de matinée.

J'aperçois sur la plage une jeune femme que je ne connais pas et je pars à sa rencontre (je ne fais pas cela tout le temps). Elle est française et me demande comment nous faisons avec l'école de nos enfants. Mon cerveau a déjà reconnu cette personne inconnue (parce que j'ai croisé son mari sous l'eau avec un masque et un tuba). Je lui demande depuis quand ils sont partis de France et, entendant sa réponse, lui dit: "Ah, vous êtes les Cossart".

Voilà, dans le nord-ouest de Bali, sur une plage déserte, on vient de tomber sur les Cossart. Christophe travaille chez Airbus et nous avions déjeuné ensemble il y a un an avant nos départs respectifs. Ils étaient d'abord partis vers les grands parcs américains avant de se diriger vers l'Asie donc nos chemins n'avaient pas pu se croiser.

Et là, sans concertation, nous voilà réunis! Pourtant, l'Indonésie, c'est grand, Bali, cela fourmille d'endroits sympas, et à Pemuteran la plage est longue! Ce n'est pas la première fois pendant ce tour du monde alors on ne s'étonne presque plus. C'est comme croiser les Fourcade sur le lagon de Bora, c'est classique.

02-Bali---Pemuteran-42.JPG

Bon, c'est vrai qu'on sourit tous bêtement mais vu où on est et ce qu'on a à faire, que voulez-vous qu'on fasse d'autre?

Bon, attention, on ne va changer la routine, ..., juste l'adapter. Les enfants continuent à jouer sur la plage pendant que je prends un coup de soleil.

02 Bali - Pemuteran 07   02 Bali - Pemuteran 10

Nous changeons ensuite d'hôtel pour rejoindre les Cossart. Ils logent plus loin de la plage mais il y a 2 piscines pour 4 chambres et le prix est divisé par 2. Les hôtes sont de plus charmants.

02-Bali---Pemuteran-44.JPG

Après c'est comme d'habitude: baignade, fruits frais, repos, plage, plongée.

02-Bali---Pemuteran-38.JPG   02-Bali---Pemuteran-43.JPG

Les plongées du soir, lorsque la mer est basse, sont les plus belles. Les coraux affleurent, les fonds remontent et les poissons sont encore plus visibles. Il y a encore une bonne visibilité et nous nous en donnons à cœur joie.

Nous allons aussi voir les petites tortues qui coulent des jours heureux avant d'être relâchées dans la mer.

02 Bali - Pemuteran 23

3 jours de ce rythme nous redonnent des forces. Nous quittons les Cossart car ils partent vers l'Ouest, vers Ijen d'où nous venons, tandis que nous partons vers l'Est et les volcans de Bali.

Nous pourrons peut-être nous rejoindre à Lombok ou à Flores, sur les petites îles de la Sonde. Sinon, nous nous reverrons à Toulouse quand nous aurons tous fini ce tour du monde!

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 11:19

Quel jeu de mots dans le titre! Cet article commence bien! Il faut le lire plusieurs fois pour patienter car nous avons des problèmes de connexion internet et le prochain viendra dans longtemps!

Java

Avec le soleil brulant et la chaleur, la vie commence en Indonésie vers 4h, 4h30 du matin. A Surabaya, cela se remarque au bruit des embouteillages. Comme nous venons de Chine, avec l’heure de décalage, cela ressemble à un 6h du matin, soit l’heure habituelle. Une petite grasse mâtinée jusque 6 heures locales et hop on peut s’y mettre. Nous avons choisi un hôtel près de la gare centrale pour simplifier le trajet du matin. Je me retrouve donc à 6h à la gare pour prendre nos billets pour Probolinggo, vers l’Est. Le train est normalement plus pratique que le bus car la coulée de boue au Sud de Surabaya n’en finit pas d’alimenter les embouteillages (vous vous souvenez de l’accident de 2006 pendant lequel une compagnie d’exploitation gazière a percé un volcan de boue? Ils extraient encore 100 000 m² de boue par jour dans la région).

J’ai le choix entre Business et Executive, et conditionné par un an de voyage, je choisis la classe business, enfin « Bisnis ». C’est une petite erreur car le prix du billet est insignifiant.

A 8h40, nous sommes tous sur le quai de la gare pour notre train. A 10h, nous y sommes toujours.

01 Java - Train Surabaya 07

La classe « Bisnis » a un peu usurpé son nom; elle est fumeur, sale, ventilée par les fenêtres ouvertes.

01 Java - Train Surabaya 03

En 2 heures, le train nous dépose à Probolinggo, petite ville spécialisée dans les mangues (les meilleures de l’île) et les arnaques et vols de voyageurs (les meilleurs de l’île). Nous n’avons pas le temps de goûter aux mangues mais nous ne manquerons pas de tester les arnaques.

Affamés, nous prenons des poussepousses pour un prix qui place l’écologie hors d’atteinte de la condition humaine et nous faisons déposer à un restaurant 300 mètres plus loin. Nous reprenons ensuite ces mêmes poussepousses (nous sommes militants écologistes et j’entends bien ne pas payer la cotisation à notre retour en France) pour atteindre la gare de bus.

01 Java - Etape Probilinggo 02

Sans succès, car nous sommes déposés devant une agence de voyages (repère d’anciens détenus) faisant office de dépôt de bus publique (minivans privés défoncés hors de prix).

Cela ressemble furieusement aux joies des transports de la Thaïlande du Sud.

Et là, il est clair qu’aucun bus (public ou privé) ne partira tant que nous n’aurons pas dit oui à une des arnaques. Pas d’autre moyen pour rejoindre le volcan Bromo, nous sommes coincés.

2 heures plus tard et avec 1,3 Millions en moins (au lieu des 1,8 de départ), nous démarrons un périple de 3 jours harassants mais grandioses.

Une fois l’argent empoché, le bus « public » est magiquement prêt à partir et nous sommes les seuls passagers. Chanceux quand même! Il faut une heure pour monter jusqu’au village de Ngadisari où se trouve notre hôtel (grand luxe, chambre 6 m², douches partagées mais chaudes). La brume nous empêche de profiter à fond des paysages escarpés et des rizières. En haut, il fait super froid et Virgnie attrape un rhume en 2 minutes. Nous sommes passés des 32°C de la plaine aux 8°C du village en une heure, c’est fatal.

Tout est couvert de cendres grises que des jeunes poussent plus loin, ou plutôt étalent un peu partout. Les volcans ne sont pas loin et ils sont actifs.

Le lendemain matin à 3h30, c’est le réveil et le départ en jeep pour le bord du volcan Bromo. Il faut d’abord faire une petite ascension dans le noir (tiens, on a oublié la lampe de poche) en repoussant les loueurs de chevaux. 30 minutes plus tard, on se retrouve en haut du Gunung Penanjakan (2800m) sur un point de vue surplombant la caldera qui entoure le Bromo (2400m), avec le Semeru (3700m) en toile de fond.

Au début, on ne voit rien de tout ça, juste l’aube qui pointe.

01 Java - Bromo 02

Puis on aperçoit, dans une lumière mauve, les premières fumées qui indiquent les volcans.

01 Java - Bromo 04

Enfin, la lumière dévoile le paysage magique que nous avons à nos pieds. Le Bromo fume et gronde, les nuages flottent sur la mer de sable autour, le Semeru fume au loin.

A chaque minute qui passe, la lumière modifie la superbe vue.

Au début, c’est blafard et vaporeux. Le volcan tangue sur les nuages.

01 Java - Bromo 111

Puis les détails apparaissent, les failles et craqures, l’escalier d’accès au cratère.

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Les vapeurs produisent toujours une nappe magnifique.

01 Java - Bromo 23

Puis les premiers rayons touchent le sommet du Semeru et ajoutent une palette de couleurs oranges sur les bruns et verts. Cela fait du bien à tout le monde car il fait un peu froid là-haut.

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La scène s’éclaire enfin complètement tandis que la caldera s’assombrit.

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Lorsque le soleil est complètement levé, nous redescendons jusqu’au 4x4 puis dépassons le bord du plateau et traversons la caldera pour atteindre les environs du volcan.

Nous continuons à pied en repoussant de nouveau les loueurs de chevaux assez insistants, qui imaginent que notre refus signifie que nous voulons négocier.

Nous dépassons le temple Hindu puis approchons du Bromo. L’accès au volcan est fermé aujourd’hui du fait de sa trop grande activité et nous devons donc rester au pied, évitant les 253 marches au passage. Le paysage est encore plus saisissant ici, lunaire (pour ceux qui ont déjà visité).

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Les cavaliers déchirent la brume, le rare silence entre les grondements du volcan est marquant.

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Les enfants pourraient passer des heures à filmer la fumée qui sort du volcan!

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Lorsque nous rejoignons l’hôtel, il est moins de 8h et la journée a déjà été bien remplie.

Nous avalons un pancake pour achever le petit-déjeuner, bouclons les sacs et embarquons un minibus pour redescendre sur Probolinggo en une heure.

Pendant les 90 minutes suivantes où nous rôtissons au soleil pour attendre le prochain bus, Virginie va tenter une aventure de l’extrême: aller aux toilettes. Arguant qu’une pissotière pour hommes en plein air au bord de route n’est pas adéquate, elle va avoir la chance de faire l’aller-retour jusqu’à une station service à l’arrière d’un scooter sur la route nationale avec un chauffeur intrépide.

01 Java - Etape Probilinggo 06

C’est sûrement la dernière fois qu’elle risque sa vie pour aller aux toilettes.

Nous prenons enfin un minibus avec 2 françaises que nous avons déjà croisées au Bromo pour rejoindre la deuxième attraction de l’est de Java: le plateau d’Ijen. 5 heures de route, avec une dernière section sur une route vraiment défoncée, à 10kms/h max et nous atteignons les plantations de café du plateau. Il fait frais de nouveau, la brume est installée. Nous sommes parqués dans un hôtel décrépi, dans lequel nous arrivons finalement à avoir les 2 chambres promises dans le package mais qui se transformaient en une sur place.

Coucher à 19h pour essayer de récupérer des 3h30 de ce matin et pour anticiper avec le réveil à 4h le lendemain matin.

Malheureusement, un minibus arrive vers minuit de façon fort discrète puis les coqs se mettent à sonner les demi-heures jusqu’à ce que le muézin appelle tout le village à la prière à 3h.

Nous rechargeons donc les bagages dans le minibus et c’est parti pour la montée vers le Gunung Ijen (2368m). La route qui y mène est encore plus difficile que celle empruntée hier et le véhicule semble souffrir plus que de raison. Est-ce qu’il fera la descente?

Arrivés au poste de contrôle, il ne reste que 3 kilomètres à faire pour un peu plus de 400 mètres de dénivelé.

01 Java - Ijen 180

Ce matin, il faut un peu se forcer pour monter. Ce n’est pas la grande forme.

01 Java - Ijen 005

Mais comme nous croisons des gars qui sont déjà sur la descente avec leurs 70 kilos de sulfure sur le dos, nous restons sobres et dignes! Les singes ne nous prêtent même pas un regard.

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Sur la fin, avec le réveil, nous reprenons quelques forces et Louis se verrait bien porter des pierres mais nous allons dans le mauvais sens.

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La brume matinale rajoute à la beauté de la vallée derrière nous.

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Après 1 kilomètre de plat et 2 kilomètres pentus, c’est l’arrivée sur la lèvre du volcan et Théo s’équipe … d’un bonnet de douche.

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Le vent plaque les vapeurs du volcan sur la lèvre et nous aveugle. Les porteurs progressent sans arrêt.

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Nous progressons donc nous aussi vers le point de descente dans le volcan, toussant, puis le vent tourne subitement et découvre le ciel.

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Cependant, nous ne voyons maintenant plus ce qu’il y a au fond.

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Le vent tourne encore et plaque maintenant les fumées au fond. Nous apercevons enfin la source et le lac, il faut en profiter pour descendre tant que le chemin est clair.

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Dans la descente, nous faisons attention à ne pas gêner les pauvres forçats qui remontent leur chargement, la précieuse pierre jaune. Ils gravissent le volcan et restent au fond entre 2 et 4 heures du matin pour extraire à la main la pierre puis passent les heures jusque midi à monter et redescendre la cargaison. A 600 roupies le kilo et à 70 kilos le chargement, cela fait 4 euros quand on est arrivé en bas. Chers payés!

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Parvenus 200 mètres plus bas, nous ne pouvons que nous effrayer du labeur de l’extraction, dans la chaleur et les fumées. Bienvenue en enfer.

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Nous absorbons quand même la vue du fond du cratère et les couleurs intenses. Le lac, le Kawah Ijen, fume. C’est somptueux. Jamais mon appareil ne rendra ces couleurs.

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Pendant la remontée, à la faveur d’un coup de vent, le lac vert émeraude se découvre enfin. Il faut vite grimper pour saisir le panorama entier. Malgré le manque de sommeil, Louis court comme un cabri et il est difficile de le maintenir sur le chemin. 

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On y croit sur les derniers mètres mais le vent tourne de nouveau et obstrue la vue.

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Le vent plaque de nouveau les fumeroles sur la lèvre du volcan et l’atmosphère devient vite irrespirable; tant pis pour l’ascension vers le point le plus haut du volcan. Nous profiterons de la vue de la vallée dans la descente; les dernières brumes disparaissent.

01 Java - Ijen 171

Nous atteignons le point de contrôle à 9h30, avec l’impression d’avoir de nouveau vécu une grosse journée!

La descente vers la pointe Est de l’île de Java, vers Banyuwangi et le ferry vers Bali, est encore plus dure que la montée. Nous devons parfois descendre du minibus car il touche la pierre dans les cahots et les freins ne peuvent supporter le poids. On laisse les enfants dedans quand même, ça les réveille!

La fin de notre package correspond à la montée dans le ferry. Malgré son prix, il n’y avait pas vraiment d’alternative pour emprunter ce chemin car il n’y a pas de transports publics et les couples transporteurs-hôteliers ont verrouillé le circuit. Il nous aura évité quelques attentes en route et aura permis de faire une seule mauvaise négociation au lieu de 10 plus ou moins bonnes.

Cela mis à part, ces 2 journées ont été formidables pour les paysages que nous avons découverts. Il faut que je mette à jour (enfin, que je crée) mon classement des plus beaux sites du tour du monde mais on est dans le Top 5 assurément.

C’est la fin de la courte incursion à Java. Maintenant cap à l’Est et repos, vacances, détente, décompression, roue libre, récupération parce que la Chine plus 2 réveils avant le soleil, cela nous a mis en petite forme.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 21:00

Dimanche matin 7h, soleil radieux, parfait pour une attaque surprise de la muraille; les Chinois ne pourront pas résister, l’armée Mongole se met en route. Comptant sur la bravoure de Théo Khan et Louis Khan, l’armée va défier la loi du nombre (moi, je vous le dis, trop de dessins animés peuvent abimer la jeunesse. Il ne faut pas regarder Mulan trop souvent).

Notre voiture nous attend, et notre guide aussi. Nous faisons la route en discutant. Elle a suivi son mari aux USA pour un PHD de chimie et est revenu depuis 2 ans en Chine donc la discussion est intéressante. Son opinion sur les politiques d’emploi, d’aménagement du territoire, … sont assez réactionnaires. Quoi que, si cela se trouve, tous les Chinois pensent la même chose mais celle-là parle bien anglais et peut me le dire. En tous cas, il lui faut cumuler plusieurs petits boulots pour survivre et guide, cela lui fait voir la campagne.

Notre package, pour assurer un prix bas, compte des arrêts dans des business à touristes, histoire de partager des commissions. Notre premier arrêt, pas loin de la muraille, est pour une fabrique de poteries. C’est un arrêt rapide et assez intéressant qui nous permet de voir la fabrication de ces poteries en cuivre (je pensais qu’elles étaient toutes en porcelaine, ignare que j’étais).

08 Beijing - Poteries 09

08 Beijing - Poteries 15

Ils font aussi des tableaux de la même manière (cuivre sculpté, peint puis doré) qui sont superbes. Mais malgré le bas coût de la main d’œuvre, les prix sont prohibitifs.

Quelques kilomètres plus loin, Louis aperçoit la muraille. Cela commence à trépigner dans la voiture, les manœuvres d’approche ont commencé, l’opération « Dragon de Beijing » est sur le point d’aboutir.

08 Beijing - Grande Muraille 01

Nous prenons d’abord un téléphérique pour atteindre plus vite la muraille. Ben oui, le mur n’est pas dans la plaine mais sur la crête de la montagne et cela fait une petite trotte. J’espère qu’il y était au moment de la construction de la muraille sinon ils ont dû galérer pour monter toutes les pierres!

Du téléphérique, on aperçoit le mur qui serpente à perte de vue.

08 Beijing - Grande Muraille 04

En fait, il y a 2 téléphériques sur ce bout de mur. Un qui t’emmène sur la partie haute du tronçon, à la tour de guet 14, un autre qui te pose à la partie basse du tronçon, à la tour 6. La logique aurait voulu que nous prenions le téléphérique qui arrive en haut pour descendre le long de la muraille. Mais la souffrance aiguise les sens et une marche trop facile sur la muraille aurait pu donner une impression erronée de la vie sur la muraille pour les soldats. Et puis on n’a pas eu le choix puisque notre guide nous a collé dans le téléphérique sans nous en parler! Dès que t’as un guide, tu deviens une valise!

Nous avons donc fait le trajet qui monte de la tour 6 jusqu’à la tour 14, puis le retour (oui, de la tour 14 à la tour 6), pris le déjeuner, puis j’ai fait l’aller-retour tout seul de la tour 6 à la tour 1 et même au-delà, sur le tronçon où il est marqué « touristes interdits, interdiction d’entrée ».

Là, c’est la photo avant la marche, au moment où nous sommes pimpants.

08 Beijing - Grande Muraille 08

Il n’y a pas de photo après la marche, au moment où la langue est accrochée à la tour 12 quand les pieds sont déjà arrivés à la tour 6.

Au début, Louis courait (dans la descente) pour arriver le premier aux tours de guet, monter sur la plateforme et faire des coucous.

08 Beijing - Grande Muraille 10   08 Beijing - Grande Muraille 13

Puis quand nous avons vu la descente et la longue montée à venir pour aller tout au fond, le rythme a sagement ralenti.

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En passant, nous avons pu admirer, sur la montagne d’en face, les restes d’un mur construit avant cette version de la muraille.

08 Beijing - Grande Muraille 21

Parce qu’il n’y a pas qu’une muraille, il y en a eu plusieurs, qui ont pris des chemins différents, qui se sont construites les unes sur les autres ou qui se sont renforcées. La première a été construite en une quinzaine d’année par le premier empereur de la dynastie Qin. Pour se faire la main avant de se lancer dans la construction de son mausolée à Xi’an, il a terrassé une partie de son peuple dans la construction de la première muraille de Chine en un temps record. En briques, elle n’a pas complètement traversé les 2000 ans qui nous séparent mais elle a longtemps protégé l’empire et les marchands qui suivaient son tracé le long de la route de la soie, à l’abri des barbares du Nord. Les Hans ont ensuite construit d'autres bouts, puis les Ming ont réinvesti beaucoup de vies humaines pour reconstruire une muraille plus solide.

Le tronçon sur lequel nous sommes (Mutyaniu) a été construit par la dynastie Ming au XVième siècle et rénové il y a une centaine d’année à l’émergence des temps modernes chinois (l’arrivée du communisme).

Bon, comme nous sommes sur le mur, on va dire qu’on change les rôles. Pouce! Nous on est les Chinois et on repousse les Huns ou les Mongols.

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On attaquera la muraille sur la partie qui descend parce que là, en montée, cela paraît trop difficile.

Cela monte et cela ne s’arrête pas.

08 Beijing - Grande Muraille 31   08 Beijing - Grande Muraille 34

Bon, certains font quand même des pauses pour regarder de près les détails de la construction. C’est de la belle ouvrage, il faut le temps de bien tout voir!

Quand nous arrivons enfin à la tour 14, il reste le chemin du retour et cela ne s'annonce pas beaucoup plus facile avec ces petites marches penchées. Je suis curieux de savoir comment ils organisaient les rondes à l'époque. Nous sommes remplis d'admiration pour ces guerriers qui défendaient le royaume. Personnellement, si quelqu'un avait attaqué au niveau d'une tour éloignée de plus de 2 tours de la mienne, je lui aurais crié d'y aller tranquille, je n'aurais pas bougé!

A mi-chemin, nous nous retournons et apercevons un début de foule d'envahisseurs. Nous sommes vaincus physiquement et nous préférons la fuite vers notre tour de base.

08 Beijing - Grande Muraille 46

Le pique-nique façon Amérique du Sud (sandwich jambon-fromage, chips, pomme) fait des miracles. Cela me donne assez de courage pour entreprendre le tronçon T6 - T1.

08 Beijing - Grande Muraille 53   08 Beijing - Grande Muraille 54

Pourtant, de loin, cela a l'air très pentu et les marches sont toutes bizarres. De près, c'est pire, c'est vraiment raide mais je monte les marches 2 par 2 histoire de montrer aux Chinois que je suis vraiment cool. En haut, je coule littéralement.

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Bon, la montée vaut quand même le coup car on peut accéder à une partie non restaurée et voir d'autres tronçons du mur qui continuent vers l'Est, là encore à perte de vue. On arrive en fait à un croisement de 2 tronçons et l'un des deux a été laissé à la végétation.

08 Beijing - Grande Muraille 64   08 Beijing - Grande Muraille 66

Les parties non restaurées du mur ont vraiment souffert et les travaux pour les remettre à niveau seraient vraiment très importants. C'est moins imposant que la partie restaurée mais cela la met bien en valeur.

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Plus loin le mur défile et défile et défile ...

08 Beijing - Grande Muraille 74

En me retournant, je contemple le bout de muraille que nous avons presqu'attaqué, puis presque défendu, et que nous avons parcouru 2 fois, donc que nous avons au moins patrouillé honorablement. L'honneur est sauf.

08 Beijing - Grande Muraille 68

Cependant, il se fait tard et les brumes commencent à monter donc je me dépêche de rentrer au camp de base pour la suite des aventures.

Car ce n'est pas fini, il nous reste la descente en luge! Oui, c'est une autre chose qu'ils avaient construite à l'époque pour accélérer la transmission des informations: la luge d'été pour descendre dans la plaine.

Je monte avec Louis et nous essayons de pousser Theo et Virginie dans la version bobsleigh fou.

08 Beijing - Grande Muraille 83

C'est très marrant, bien trop court et bien sûr honteux de faire de la luge sur la muraille!

Nous reprenons le bus, lessivés, pressés de rentrer chez nous mais il faut encore faire un arrêt à la fabrique de soie et à la fabrique de perles. Même si nous les faisons à 100 à l'heure, elles sont quand même (en cherchant bien) intéressantes. Nous suivons le cycle du ver à soie et nous étendons nous-mêmes des cocons pour en faire des couettes bien chaudes. Nous ouvrons des huitres d'eau douce pour chercher les perles, et nous filons.

A la maison, c'est le moment de refaire les bagages (c'est pas le plus facile quand on s'est installé pour une semaine). Nous nous couchons tôt pour récupérer et affronter le trajet Beijing - Hong Kong - Surabaya de demain.

Nous n'avons rien préparé pour l'Indonésie donc les heures d'avion vont être mises à profit.

Le lendemain matin, nous courons dans l'aéroport pour essayer de voir les Milcent qui embarque pour le Japon mais nous arrivons trop tard. Si cela se trouve, ce n'est même pas leur avion que nous prenons en photo!

08 Beijing - Avion Milcent 02

En tous cas, bon voyage les Milcent! Il nous a fallu 10 mois pour enfin se croiser et cela a été très agréable!

Bon, le trajet en avion ne se passe pas du tout comme prévu car au lieu de lire les guides, nous avalons films sur films à en avoir les yeux rouges!

A la descente à Surabaya, le pilote veut être gentil avec les enfants et il les invite à voir la cabine de pilotage. Un grand blond Australien super baraqué, pas habitué aux enfants même s'il doit en avoir plusieurs à chaque escale. Louis se précipite et s'assoit avant que le gars n'ait fini sa phrase. Je n'ai pas le temps de dire "pas touche" qu'il a déjà saisi le manche à balai et fait des "Ouinnnnnns, Ouinnnnns" comme Russel dans "Là-haut" aux manettes de la maison de Mr Fredericksen (de belles références cinématographiques quand même!).
Le pilote est effaré et je le préviens qu'à moins qu'il n'étrangle tout de suite mon fils, celui-ci va remettre les gaz. Je sens le doute dans son regard.

Pas d'autres incidents notables, nous passons la douane et sommes en Indonésie. Il fait 32°C, il est 20 heures. Il faut aller en ville et se coucher; demain nous sommes sensés bouger pour nous rapprocher des volcans.

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Published by Famille Ducasse - dans Chine
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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 21:08

Pour les 4 derniers jours, nous n’avons pas vraiment tenu le rythme. Le jeudi, nous reprenons enfin l’école et nous ralentissons, laissant les enfants jouer dans l’appartement. L’après-midi, nous partons à la recherche de grands magasins où trouver des lunettes de soleil pour Louis et des chaussures pour Virginie. Ces journées sont toujours parmi les plus frustrantes dans un tour du monde: on a l’impression de perdre son temps et comme on ne connaît pas les villes, on perd effectivement son temps.

A Beijing, ce ne sont pas les grands magasins qui manquent, mais nous ne trouverons rien cet après-midi. Nous faisons alors un crochet par un beau parc qui a la bonne idée de se trouver près d’un magasin de vivres pour expatriés, dans le quartier russe. Une fois le repas du soir assuré, nous faisons un dernier essai dans un grand magasin russe. C’est une expérience intéressante. Plusieurs étages de couloirs interminables, de petits magasins dont les devantures sont couvertes, cachant l’intérieur. Impossible de savoir ce qui est vendu. On va quand même essayer mais sans succès.

Le vendredi, le temps s’annonce gris donc nous repoussons la Grande muraille au samedi et préférons nous rendre au temple du paradis, où nous croiserons peut-être les Milcent. Arrivés sur place, le vent nous glace et nous nous rabattons sur le marché aux perles. Nous achetons quelques souvenirs (pas de perles) et investissons un magasin de jouets sur plusieurs étages dans lequel les enfants vont s’initier à la négociation. Leur objectif est de faire descendre le prix du paquet de 12 bakoogans à 30 yuans. Selon les étals, ils partent de 180 ou de 80, et font descendre le prix à 45 yuans. Ils repartent, armés de 2 énormes Bakoogans (des géants qu’on ne connaissait pas, si, si, c’est possible) et d’un paquet de 12 et d’un super-7 bakoogans. La journée passe de trop bien à super trop quand Virginie les ramène à la maison pour manger et regarder un dessin animé, pendant qu’elle retente une sortie logistique.

08 Beijing - Achat jouets

Pour ma part, je suis en mission commandée dans le temple de l’électronique, Zhongguancun E-Plaza, un équivalent du Pantip Plaza à Bangkok en pire. 3 bâtiments de 12 étages, remplis de magasins vendant des iPods, des téléphones, des PC, des appareils photos, des logiciels, des pièces détachées. La moitié (si on est optimiste) est de la contrefaçon. Je suis ici pur trouver un appareil photo pour les enfants qui soit antichoc et étanche, ainsi qu’un appareil avec un zoom puissant pour moi pour l’Afrique et les animaux (un Bridge parce qu’un reflex, moi et la poussière de la savane, c‘est difficilement compatible). J’ai malheureusement des critères stricts et mon choix s’est par avance fixé sur 2 appareils qui ont déjà 12 mois au moins (Sony TX5 et Panasonic ZF38). Je vais passer l’après-midi entière à aller de vendeurs en vendeurs, de vendeurs en maisons-mères et stocks, en enchainant les rounds de négociation. Pour rien. La plupart n’ont plus mes modèles (mais ne me le disent qu’après avoir négocié) ou ne veulent pas descendre assez bas pour que cela soit intéressant. Je ressort épuisé cette épreuve. Les Chinois ne sont pas marrants en affaire. Partants de 10 fois le prix réel, jamais le sourire, toujours agressifs, il faut tourner les talons pour qu’ils commencent à discuter en divisant le prix par 2; tout le contraire des Thaïlandais. Virginie rentre aussi épuisée de son escapade commerciale. Elle a vu des touristes se faire insulter pendant une négociation parce qu’ils n’acceptaient pas le prix proposé! Durs en affaire, les Chinois, ce qui rend les achats toujours éprouvants. Les prix pratiqués sont en plus supérieurs à ceux de la Thaïlande, cela n’a aucun intérêt. En fin de journée, cela fait mal de voir qu’on a passé la journée à marchander sans trouver ce que l’on voulait au lieu de se reposer dans un jardin ou de visiter un musée.

Le samedi arrive et nous sommes trop fatigués pour prendre un bus à 7h00 et subir 3 heures de route pour faire 90 kms pour atteindre la muraille. Nous repoussons donc au lendemain et nous voilà sans plan B. Cela va être une journée impro pas trop mal réussie.

Nous partons à la recherche d’un centre culturel qui est sensé proposer un spectacle de moines Shaolin le soir. En chemin, nous trouvons un coiffeur pour Virginie et nous nous séparons. Avec les garçons, nous tournons en rond sans trouver le centre culturel et lorsque nous le repérons, il est trop éloigné pour être atteint sans perdre Virginie. Nous rebroussons donc chemin, retrouvons Virginie et nous séparons de nouveau. Virginie s’achète enfin des chaussures et part faire des courses avec les enfants pendant que je suis chargé de trouver un moyen de locomotion pour atteindre la muraille le lendemain.

Je ne vais jamais trouver le bus express dont nous avons entendu parler mais je vais négocier une voiture avec chauffeur et guide à la moitié du prix prévu.

En rentrant, nous passons un coup de fil pour acheter des places au rabais pour un show de kung-fu qui commence 45 minutes plus tard. Nous y arrivons bien sûr légèrement en retard par manque de taxi mais c’est encore une presque-victoire. C’est plus un show pour touristes qu’un séminaire avec des moines mais c’est distrayant et pas mal fait.

Bilan de la journée:
- coiffeur Virginie - fait (inespéré)
- chaussures Virginie - fait
- pique-nique pour la muraille - fait
- transport pour la muraille - fait (avec brio)
- spectacle pour les enfants - fait (au rattrapage)

Cela rachète les 2 jours de relâche et nous sommes prêts pour notre dernier jour à Beijing, pour l’assaut de la muraille. C’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur, paraît-il. Certains disent que c’est de la lune, mais cela ne rentrait pas dans le billet tour du monde.

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