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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 11:50

Prendre le bus nous permet de traverser la campagne Cambodgienne, la campagne si chère aux khmers, principale source de survie. Les maisons en bois, surélevées, bordent la route tandis que les champs occupent l’espace derrière à perte de vue. Les buffles et les vaches paissent tranquillement ou travaillent aux champs. Cela ressemble beaucoup à la campagne birmane, mais il y a plus de bétail et, chose liée, des tas de foin, de forme conique, qu’on ne trouve pas au Myanmar.

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Les villages aussi se ressemblent; il suffit d’ajouter une station service et un village birman se transforme en village cambodgien.

Le voyage en bus n’est pas désagréable. Il est rythmé par les coups de klaxon et les embardées du bus qui vont assez bien avec le rythme de la musique du karaoké folklo cambodgien. Des histoires d’amours qui tournent mal, des retours aux champs de citadins, des histoires d’amours qui tournent bien. Au bout de 6 heures, nous connaissons les refrains, surtout le superbe « Do Ré Mi  La Si Do ».

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Nous passons au-dessus du canal qui mène au Tonle Sap, le lac majeur du centre du pays, écosystème protégé (!) qui fournit en poisson tout le pays.

Au bout de 6 heures de bus et 15 minutes de tuk-tuk, nous arrivons enfin à notre hôtel. Comme à Bariloche, les Fourcade nous ont précédés de peu et nous profitons de leur repérage. Comme à Bariloche, nous ne sommes pas déçus par le logement: une très grande chambre avec 4 vrais couchages, des vrais volets, une grande piscine et un billard gratuit, le tout dans un hôtel dont l’architecture se veut dans l’esprit des temples locaux et c’est assez réussi.

02 Siem Reap - Hotel 11

Comme à Bariloche, les éléments et la maladie vont contrecarrer nos plans, mais ça, on ne peut pas encore le savoir.

Pour commencer, les enfants font ce qu’ils ont à faire: l’école avant de plonger.

02 Siem Reap - Hotel 03

Comme l’hôtel possède un bon resto, nous en profitons le premier soir et nous nous couchons tôt.

Le lendemain se produit une chose incroyable: la première grasse matinée du tout du monde! A 8h00, il fait encore noir dans la chambre et Louis se réveille. Nous avons enfin fait une excellente nuit et nous imaginons que ce sera le cas tous les jours. Pauvres cancres qui n’apprennent rien !

Ce dimanche (eh oui, une grasse matinée dominicale dans les règles!) est consacrée au repos. Nous avons le temps donc nous n’allons pas nous jeter sur les temples le premier jour. Ecole, blog, découverte du marché couvert de la ville, piscine. Nous nous réjouissons de ne pas avoir à bouger pendant un moment et nous ralentissons le rythme. Nous chassons les geckos, nous nous faisons manger par les poissons, des super voraces, qui nous arrachent les pieds alors que les poissons thaïlandais nous les caressaient. Pendant ce temps, Virginie tente une pédicure et se retrouve avec les pieds décorés.

02 Siem Reap - Fish doctor 04

En fin d’après-midi, nous réservons un tuk-tuk pour le lendemain matin 6h00 afin de profiter de la journée. Mais dans le tuk-tuk qui nous amène en ville le soir, Louis commence à montrer des signes de fatigue et sa fièvre monte. Il a mal au ventre, il ne mange rien. Le resto est une étape pénible pour tout le monde car il s’écroule littéralement. Malgré mes recommandations, notre tuk-tuk insiste pour passer nous prendre le lendemain à 6h00.

Je fais le premier quart. Je suis sur le pont de 8h00 du soir à 1h30 du matin, aux aguets, surveillant Louis, assis sur son lit avec une poubelle à la main au cas où, lui donnant un médicament à minuit. Puis c’est Virginie qui fait le quart de 1h30 à 7h00. A 6h00, je sors prévenir notre tuk-tuk qu’il a sa journée et qu’on se verra en ville plus tard.

Dure journée de veille de malade, il faut occuper Théo (merci Harry Potter) et nous sommes en petite forme. Le soir, Louis a l’air d’aller mieux et nous recroisons notre tuk-tuk driver pour convenir du rendez-vous. 6h15 pour se faire plaisir.

 

Le mardi matin à 6h00, Louis a du mal à se réveiller mais sa température est assez basse. Nous partons donc (avec une demi-heure de retard car l’hôtel n’a pas réussi à nous préparer le petit déjeuner dans les temps) pour la zone des temples. Nous allons emprunter le traditionnel petit circuit pour commencer. Nous arrivons en même temps que nombre bus de coréens et japonais au guichet d’achat des billets. Tout ce petit monde va filer voir Angkor Vat donc nous partons pour faire le circuit à l’envers.

Le temps est couvert, ce qui n’est pas bon pour les photos mais nous assurera de ne pas souffrir trop vite de la chaleur.

Dès l’arrivée au monastère de Banteay Kdei, les enfants partent en courant, filant à travers les couloirs, enjambant les ruines, cherchant des passages secrets, jouant à chat en criant.

02 Siem Reap - Banteay Kdei 08

Nous avons toutes les peines du monde à les retrouver et à les faire poser.

02 Siem Reap - Banteay Kdei 10

Quand il faut partir, ce n’est pas du gout de tout le monde.

02 Siem Reap - Banteay Kdei 12

Louis est en sueur mais pour une fois ce n’est pas la fièvre.

Le temple suivant est le très connu Ta Prom. Très connu car il a été en partie laissé à la merci de la nature. Contrairement à de nombreux temples où la végétation a été éliminée et maîtrisée, ici les fromagers sont encore en place et leurs racines enserrent les temples. Le temple est en grande partie en restauration et malgré sa grande taille, une toute petite zone est visible. Il y en a quand même assez pour courir.

02 Siem Reap - Ta Prohm 31 02 Siem Reap - Ta Prohm 32 02 Siem Reap - Ta Prohm 35

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L’heure avançant, la chaleur monte et les forces des enfants diminuent. D’autant que le temple suivant, le Ta Keo, est un temple vertical très raide. Malgré tout, ils montent comme des cabris et tournent autour comme des toupies.

02 Siem Reap - Ta Keo 01

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Admirez la pédicure! C'est pas classe ça en jungle?!

02 Siem Reap - Ta Keo 07

Puis c’est le Thommanon et ses beaux bas-reliefs. Le Chau Say Tevoda se fait au pas de charge!

02 Siem Reap - Chau Say Tevoda 01

02 Siem Reap - Chau Say Tevoda 02

Nous pénétrons ensuite dans l’ancienne cité Angkor Thom, une grande enceinte carrée de plus 2 kms de large, avec en son centre le célèbre Bayon. Avant de visiter le clou de la mâtinée, nous faisons une pause à la terrasse des rois lépreux (magnifiques frises) pour manger un petit apéro et boire. Difficile à faire dans la nuée des rabatteurs de restaurants et autres vendeurs de souvenirs. Nous nous éloignons donc un peu vers le Prea Palilay, qui est désert.

02 Siem Reap - Prea Palilay

Nous aurions aimé apprécier le Baphuon dans toute sa splendeur mais ce temple gigantesque est en réfection (pour longtemps tant la tâche est ardue). C’est un temple de 3 étages dont la tour principale a été déconstruite au XVème siècle pour construire un bouddha couché de 70 m sur le flanc ouest du temple. Difficile de cerner ce monument couvert de bâches et d’échafaudages. Tant pis.

Empruntant la terrasse des éléphants, nous descendons vers le Bayon dont les tours étaient, à l’époque, recouvertes d’or.

Mais au fait, je ne vous ai pas encore parlé des rois khmers et de tous ces temples, et du brahmanisme et du bouddhisme, et tout et tout!

À ce jour, les plus anciennes traces des origines de l’empire ont été découvertes sur le site du temple de Sdok Kok Thom, dans la province thaïlandaise de Sa Kaeo. Une stèle, datée de 1053, énonce la chronologie des anciens souverains khmers, depuis l'accession au trône de Jayavarman II en 802 de notre ère. Jayavarman II prit en 790 la tête d’un royaume que les Khmers appelaient « Kambuja ». Dans les années qui suivirent, il étendit encore son territoire et établit une nouvelle capitale à Hariharalaya, près de l’actuelle commune cambodgienne de Roluos. En 802 il s’autoproclama chakravartin (« roi des rois ») dans un rituel d’inspiration hindouiste. Il ne devint ainsi pas seulement un souverain incontesté de droit divin, mais il marquait aussi l’indépendance de son royaume. Désormais, le roi est la représentation de Shiva, un des dieux de la trinité brahmaniste (Brahma, Vishnu, Shiva). Le souverain doit être adoré comme une divinité, avec des rites formels.

Les successeurs de Jayavarman II poursuivirent le développement du royaume de Kambuja. Indravarman Ier (qui régna de 877 à 889) arriva à étendre le pays sans guerre et débuta une politique de construction massive pour remercier les dieux d’avoir apporté à l’empire la prospérité du commerce et de l’agriculture.

Au gré des rois, le royaume passe par des périodes de paix et de construction grandiose, étendant son essor culturel par l’attraction de lettrés à la cour et par des phases de décrépitude qui ouvrent la porte aux voisins.

La fin du XIème siècle fut une nouvelle période de conflits et de luttes de pouvoir sanglantes qui ne s’achevèrent que sous Suryavarman II, au pouvoir de 1113 à 1150 et qui parvint à unifier son royaume en interne. La construction du temple d’Angkor Vat, dédié au dieu Vishnou prit 37 années. Dans le même temps, l’empire s’agrandit, à l’ouest en intégrant l’état Môn d'Hariphunchai (dans le nord de l'actuelle Thaïlande) et certaines zones frontalières du royaume de Bagan, à l’est en annexant plusieurs provinces du Champa, au sud en investissant la péninsule malaise jusqu’au royaume de Grahi (correspondant à peu près à l’actuelle province thaïlandaise de Nakhon Si Thammarat, au sud de Surat Thani, port d‘embarquement pour Kho Samui) et enfin au nord en poussant jusqu’au sud du Laos contemporain. Faut suivre!

Une nouvelle période de troubles suit la mort de Suryavarman II, où les règnes sont brefs et les souverains déposés par leurs successeurs. Finalement le Kambuja sera défait en 1177 par l’armée Cham lors d’une bataille navale sur le lac Tonlé Sap, et deviendra une province du Champa.

Fils de l’ancien roi Dharanindra Varman II, le futur Jayavarman VII qui régna de 1181 à 1219 était un prince à la tête d’un fief proche de Kampong Svay (dans l’actuelle province de Kampong Thom) ; Yaçovarman II l’envoya au Champa en tant que chargé militaire et il y était lorsque le souverain khmer se fit déposer par Tribhuvanâditya-Varman et il ne retourna que bien plus tard dans sa principauté. En 1177, après la prise d’Angkor par les Chams, il réussit à réunir une armée et à reconquérir la capitale. Il accéda au trône et continua la guerre contre ses voisins de l’Est jusqu’en 1203 et la défaite du royaume du Champâ qui dut céder une partie importante de son territoire.

Mais si Jayavarman VII est connu comme le dernier grand roi d’Angkor, c’est surtout pour les grands travaux réalisés durant son règne, notamment la nouvelle capitale, baptisée Angkor Thom qu’il a créée.

Des recherches récentes ont révélé qu’Angkor Thom – dont la population était estimée à un million d’habitants - était étendu sur plus de 1 000 kilomètres carré ce qui en fait le centre urbain connu le plus vaste du monde préindustriel. Même en tuk-tuk, ça aurait été long à faire.

Au centre, le roi, adepte du bouddhisme mahayana, construit le Bayon, avec ses tours de pierre symbolisant des visages monumentaux du Bodhisattva Avalokitesvara. D’autres temples importants datent de la même époque, tels Ta Prohm, Banteay Kdei ou Neak Pean, ainsi que le réservoir de Srah Srang, que nous avons visité tôt le matin, qui sert aux ablutions du roi (petite baignoire de quelques centaines de mètres).

À la mort de Jayavarman VII en 1219, son fils Indravarman II monte sur le trône et règne jusqu’en 1243. Bouddhiste comme son père, il achèvera la construction de plusieurs temples. En tant que chef de guerre, il sera moins heureux et, en 1220, sous la pression conjuguée du Ðai Viet et des ses alliés chams, l’empire doit restituer la plupart des territoires précédemment conquis au détriment du Champa. À l’ouest, les sujets thaïs se rebellent, fondent le premier Royaume de Sukhothaï et chassent les Khmers. Dans les 200 ans qui suivent, les Thaïs devinrent les principaux rivaux du Kambuja.

Jayavarman VIII succède en 1243 à Indravarman II. Contrairement à ses prédécesseurs, il est adepte de Shiva et impose un retour à l’ancienne religion de l’empire. Il converti de nombreux temples bouddhistes en sanctuaires hindouistes. Sur le plan extérieur, le pays est menacé en 1283 par les armées mongoles de Kubilai Khan qui dirigeait alors la Chine. Le roi évita la guerre avec son puissant voisin en acceptant de s’acquitter d’un tribut annuel. Les rois de Bagan, au même moment, ne prennent pas cette option et se font balayer par les Mongols. C’est la fin de Bagan, peu avant celle d‘Angkor. Le règne de Jayavarman VIII prend fin en 1295, quand il est déposé par son gendre Indravarman III qui conservera le trône jusqu’en 1309. Le nouveau roi est un fidèle du bouddhisme theravada, introduit depuis Sri Lanka et qui s’imposera rapidement dans toute la région.

Peu de données sont disponibles de nos jours sur la période qui suivit le règne d’Indravarman III. La dernière inscription connue se trouve sur un pilier et date de 1327. Plus aucune construction monumentale ne fut entreprise. Certains historiens pensent que ceci est lié au fait que les rois avaient adopté le Bouddhisme theravada et n’étant plus considérés comme « rois des rois », il n’était plus nécessaire d’ériger des temples monumentaux à leur gloire ou à celle des dieux qui étaient sensés les protéger. Le recul du concept de dieu-roi a aussi dû conduire à un affaiblissement de l’autorité du souverain et à un manque de travailleurs prêts à se dévouer pour sa cause. L’entretien du système hydraulique a lui aussi dû s’étioler et les récoltes semblent avoir été contrariées par les inondations et les sècheresses. Ces problèmes sont très certainement une des principales cause du déclin de l’empire, alors que du temps de sa splendeur, les trois récoltes annuelles ont largement contribué à sa prospérité et à sa puissance.

À l’ouest, le Royaume d'Ayutthaya conquiert en 1350 celui de Sukhothaï qui venait de s’affranchir de la tutelle khmère, puis lance plusieurs attaques contre l’empire khmer. Angkor aurait été soumis avant que l’armée siamoise ne mette au pouvoir des nobles locaux acquis à sa cause et ne se retire. À partir de ce moment, peu d’éléments sur l’histoire d’Angkor sont parvenus jusqu’à nous.

La chute finale d’Angkor est probablement due aussi à la perte progressive de son importance économique et politique au profit de Phnom Penh qui, outre son éloignement relatif des envahisseurs siamois, a su profiter de sa position sur le Mékong pour devenir un important centre de commerce. Enfin, les projets pharaoniques de constructions et les luttes de pouvoir au sein de la famille royale ont scellé le sort de l’empire khmer.

Après, c’est le règne de la jungle, l’oubli partiel et la redécouverte vers 1861, au début de la conquête de la Cochinchine par la France, par le naturaliste Henri Mouhot.

Voilà, voilà, ça c’est fait, et c’était presque moins long que pour les Barma du Myanmar. Vous pouvez revenir devant votre écran pour reprendre la lecture.

Bon, je disais qu’il était temps d’attaquer le Bayon, bijou d’Angkor Thom à l’époque, des tours couvertes d‘or, des visages vous observant où que vous vous placiez. Aujourd’hui, de loin, on dirait un gros tas de cailloux, des ruines sans formes. Ce n’est pas complètement faux du reste. Mais en s’approchant, on découvre que le tas de cailloux est assez harmonieux, que les tours portent encore les vestiges de ces visages souriants.
Le temple est encore un trésor de couloirs, de passages voutés, de culs de sac, d’escaliers sombres, de plates-formes d’observation, qui en font un lieu très intéressant. Plus on monte, plus le décor prend forme.

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Il est déjà 13h00 et les forces s’amenuisent rapidement. Il est temps de rentrer, d’abréger la visite que nous reprendrons demain. Pas d’Angkor Vat aujourd’hui.
Après un retour en ville pour déjeuner rapidement, nous abattons l’école, puis un dessin animé pour éviter d’aller à la piscine.
Louis a beaucoup donné et il est crevé.

Le lendemain matin, départ à 7h00 pour le grand circuit. Louis n’est pas au mieux mais nous tentons le coup.

02 Siem Reap - Tuk Tuk 01

Le grand circuit doit nous emmener un peu plus loin, autour de la zone principale, mais nous commençons par Angkor Vat. Là encore, il faut malheureusement se pencher dangereusement pour prendre une photo qui ne soit pas envahie par les bâches de rénovation. Toute la partie sud est fermée. Finalement, je ne vais pas y arriver donc il faudra zoomer sur le T-shirt des enfants.

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Tiens, Louis a encore perdu une dent.

Angkor Vat, c'est 3 étages, 3 terrasses, et autant (x4 pour faire le tour) de couloirs d'enceintes ornés de fresques parfois sauvegardées. Le dernier étage est malheureusement fermé aux enfants car l'escalier est jugé trop raide. On peut y découvrir des vestiges de la fusion des religions, nés lorsque le bouddhisme a supplanté l'hindouisme, comme ce bouddha assis sur le Naja (serpent à 5 têtes).

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Il nous faut des heures pour tourner partout, admirer les Apsaras, ces danseuses célestes, faire le tour des fresques et de l'histoire khmère par là-même.

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Lorsque nous sortons, le soleil brille haut, la nature alentours prend de belles couleurs vertes.

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Malheureusement, nous avons été trop présomptueux et Louis ne tient pas la route. Il est déjà épuisé, de grosses cernes et un mal de tête compromettent la suite de la visite.

Nous nous arrêtons au premier temple du grand circuit, le Preah Khan, mais Louis n'a pas le courage de nous suivre. C'est un grand monastère comme il les aime, avec des coins en ruine, des racines qui poussent sur les toits, qui enserrent les bâtiments, des couloirs qui n'en finissent pas.

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De nombreux trous dans les murs attestent qu'à l'époque, tous étaient recouverts de plâtres décorés. Aujourd'hui, ils paraissent bizarres et nous nous sommes longtemps posés la question de leur usage.

02 Siem Reap - Preah Khan 08

Louis ne descend pas pour la visite du temple suivant; Virginie non plus d'ailleurs, qui reste avec lui. La motivation baisse pour continuer avec Théo et bientôt nous finissons la grande boucle en tuk-tuk sans plus nous arrêter, en visitant les temples de l'extérieur à 30 km/h. C'est honteux mais c'est comme ça!

Nous filons en ville pour manger puis nous rentrons coucher Louis.

En fin d'après-midi, comme Louis dort, je sors avec Théo pour trouver un spectacle de danse traditionnelle. Nous avions repéré celui donné par une association caritative mais le show de ce soir est annulé (manque de touristes!) alors nous nous rabattons sur un autre, bien touristique celui-là, dans une énorme salle où des groupes jettent un oeil distrait sur la scène tandis qu'ils profitent du buffet à volonté.

Malgré mes craintes, le spectacle n'est pas mauvais et Théo l'apprécie beaucoup, plus que le repas.

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Il apprend petit à petit les codes de ces danses, les petits mouvements de torsion des pieds, les figures imposées genou levé, les positions des mains, les balancements d'épaules, etc.

Le jeudi, Louis va un peu mieux mais c'est la pluie qui prend le relais pour nous bloquer dans la chambre. Une pluie intense qui commence la nuit et dure toute la journée.
Les insectes sortent, eux. Suivis de près par les geckos. Autant vous dire que les geckos d'ici n'ont rien à voir avec les geckos de Siem Reap qu'ils pourraient avaler sans s'en rendre compte. Ce sont des geckos Tokai de 30 cm et lorsqu'ils aboient (c'est comme cela qu'on dit), on entend bien le cri "Gek-ho". Ce sont des hurlements au-dessus de notre porte et nous vérifions bien que la porte est fermée à clé.

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Les gars de l'hôtel essayent régulièrement de les chasser, avec un bâton et un collet. Le gecko tokai a une morsure puissante et il faut s'en méfier. Nous avons croisé 2 de ces chasseurs dans les couloirs, dont un, tout gentil, avec un sourire sympa. On ne l'a jamais revu!

En fin d'après-midi, n'y tenant plus, je tente une sortie de la chambre pour aller me faire masser en ville et me détendre. Après quelques tours et détours dans des ruelles, je trouve finalement une petite cahute de massage par des aveugles. Il y a là un aveugle et sa famille, des petites filles qui jouent par terre, et quelques matelas de massage.
Me voilà parti pour une heure. Je vous épargne le récit comme j'aurais voulu qu'il m'épargne l'expérience! Aveugle pas sourd à mes cris de douleurs, il me consolera de temps en temps en rigolant. La plupart des aveugles ici ont été formés au massage dit Amma ou Anma, une technique sino-japonaise, axée sur le rééquilibrage du yin et du yang. Il permet de débloquer les énergies et de garder la santé de l'organisme en agissant sur quelque 140 points situés sur les méridiens, les muscles et les articulations. En Thaïlande, les masseuses trituraient les muscles, ici, il écrase les principales artères et effectue des pressions intenables (dans l'ordre de mon top 5 des intenables) sur les omoplates, sur le crane, dans la nuque, sur les lombaires, sur le haut des cuisses, mais aussi partout ailleurs.
Lorsque le masseur s'est arrêté, une fatigue incroyable m'est tombée dessus! J'ai failli m'endormir dans le tuk-tuk de retour et la fatigue a survécu à la nuit, m'a tenu toute la journée suivante et a commencé à disparaître le samedi. Un massage plutôt efficace côté relaxation.
Je n'ai pas pu aller me coucher tout de suite car Louis se sentait assez bien pour aller manger en ville et voir un spectacle de danse. Alors rebelote! Une scène moins élaborée mais les mêmes types de danse (pécheurs, noix de coco, apsara, etc) et quelques danseuses plutôt gracieuses. Louis a beaucoup aimé.

02 Siem Reap - Danses 38

 

Le vendredi, comme Louis a encore un peu de fièvre, nous allons faire des analyses dans une clinique privée. Il y a ici une épidémie de dengue hémorragique et nous nous sentons ridicules de prendre autant de précautions pour une probable gastro, mais bon. Qu'est ce que 100 dollars pour la santé d'un enfant? De l'escroquerie! Voilà ce que c'est!

Puisque nous avons échappé à la pluie pour aller en ville, nous nous rendons dans un atelier d'artisanat observer la taille de la pierre, la sculpture sur bois, le laquage, la peinture sur soie. Toutes ces techniques sont enseignées à des villageois pour leur donner un métier rentable et perpétuer la tradition.

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Puis c'est la pluie qui revient et nous ramène vers l'hôtel.

En passant, nous voyons un accident de la route. C'est le premier que nous voyons et honnêtement, nous sommes étonnés de ne pas en avoir vus beaucoup d'autres étant donné les habitudes de conduite locales.

Il est temps de quitter Siem Reap, ville de repos assez agréable bien qu'hyper touristique. Plus de restaurants que nous ne pourrons jamais tester, des constructions d'hôtels immenses en préparation, plus de tuk-tuks dans la ville que de touristes dans tout le Cambodge. Angkor est le site principal de tourisme et le gouvernement l'investit à fond. La ville se prépare à une nouvelle augmentation du tourisme de masse asiatique. Les travaux de restauration des sites sont pharaoniques et le temps s'écoule lentement. Je me demande si on pourra un jour voir un de ces temples tel qu'il était il y a 1000 ans. On ne peut s'empêcher de comparer le site à celui de Bagan qui vécut son heure de gloire à la même époque et qui est bien mieux conservé: nature moins envahissante, site jamais délaissé, bâtiments reconstruits dès les guerres ou tremblements de terre finis. Cette décrépitude et la jungle envahissante font néanmoins partie intégrante du charme d'Angkor.

Malgré la fatigue, nous ne nous sommes jamais lassés des visites. Il faut dire qu'en 7 jours sur place, nous n'avons pu visiter que 2 petits jours! C'est un peu juste. J'ai un regret, c'est que Virginie n'était pas habillée comme Lara Croft pour les visites.

Comme à Bariloche, nous nous consolons en nous disant que nous n'avons pas profité pleinement de l'endroit mais que nous avons eu la chance de pouvoir patienter pendant la maladie de Louis dans un endroit confortable et agréable.

Allez! C'est reparti pour 6 heures de bus. Mais avant, il y a l'épreuve du pick-up. Un gars vient nous chercher à l'hôtel avec 30 minutes de retard, et pour se rattraper, il va aussi aller chercher tous ceux qui doivent prendre un autre bus. Résultat, il pousse et force pour faire rentrer 28 touristes et leurs grosses valises dans un bus de 20 places. Qu'est-ce qu'on rigole!

Ensuite, c'est le même chemin pour se rendre à Phnom Penh, les mêmes chansons de karaoké. Le bus pousse à la réflexion intense et je vous livre 2 de mes pensées les plus profondes de la semaine. Attention, c'est du lourd!
D'abord, je crois, et après validation avec mes coéquipiers je confirme, que les tuk-tuks cambodgiens sont les meilleurs. ils sont plus grands que les tuk-tuks thaïlandais, plus confortables et pratiques que les Blue Taxis (l'équivalent) birmans et au Vietnam, je crois qu'il n'y en a pas. Le seul problème, c'est qu'il y en a trop et que faire 20 mètres dans la rue oblige à dire "non merci" en continu; c'est lassant.
Ensuite, et cette pensée fugace m'est venue en regardant un karaoké, je crois que les cambodgiennes ont une plus forte poitrine que leurs voisines (birmanes, thaïlandaises). J'en ai discuté avec Virginie et il se trouve que le livre qu'elle lit en ce moment indique qu'elles auraient la poitrine la plus généreuse de la région, incluant, en plus des pays déjà visités, le Laos, le Vietnam et la Chine. Je vérifierai au Vietnam et en Chine bien sûr mais je suis content que la littérature vienne appuyer mes hypothèses empiriques. Il n'y a qu'à regarder les Asparas sculptées plus haut pour se faire une idée. D'ailleurs, cela a été ma seule source d'observation! C'est intéressant comme note ethnologique, cela donne un peu de contenu au récit qui sinon serait un peu trop archéologique. La vraie question qui reste est: "mais que lit donc Virginie?!"

Siem Reap

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Published by Famille Ducasse - dans Cambodge
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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 10:13

Dès notre arrivée à Phnom Penh, nous avons ressenti un choc. Partis le matin de Yangon, en escale dans le délire commercial de l'aéroport de Bangkok, nous pensions atterrir dans une ville plus ou moins comparable à Yangon. Et pourtant la ville, sans être riche, nous a paru mille fois plus développée. Pas juste 30 minutes de décalage horaire mais presque 30 ans de décalage économique, et pourtant Phnom Penh n'a pas été à la fête depuis 30 ans.

Il faut dire aussi que Phnom Penh affiche des signes d’incohérence visibles. Malgré la pauvreté du Cambodge où la plupart de la population est paysanne et peine à gagner 1 dollar par jour (comme au Myanmar), la ville compte un nombre indécent de 4x4 de luxe. Une voiture sur 2. En moins d’une heure, les enfants étaient capables de différencier et montrer toute la gamme de 4x4 Lexus, du banal 300 au 570! Sans doute les fonctionnaires centraux, les expats, les commerçants chinois, …

Pour nous, la ville paraissait aussi regorger de commerces, de bars et de restaurants, etc. Nous avions élu domicile près des quais et c’est effectivement un lieu très touristique. On y croise beaucoup d’enfants mendiants et dès la nuit tombée, beaucoup de filles seules à la terrasse des bars.

Nous logeons chez un cambodgien de 38 ans qui a quitté la France il y a 2 ans pour venir épouser celle qu'il rencontra en vacances au Cambodge. Plus de 30 ans en France après la fuite réussie de ses parents pour les camps vietnamiens puis l'exil vers la France. Toute sa famille n'a pas eu cette chance et ses cousins ont des histoires atroces à raconter sur les khmers rouges.

Le dernier choc est venu du fait que les Cambodgiens n'ont manifestement pas réussi à se débarrasser des affres du passage français.

 

01 Phnom Penh - Tuk tuk arrivée 04

 

Pour notre première journée, nous nous sommes gavés de viennoiseries délicieuses parce que ... parce que nous sommes des goinfres, puis nous partons explorer les environs à pied. Direction le musée national et le palais royal.

 

01 Phnom Penh - Musée national 02   01 Phnom Penh - Palais royal 01

 

La salle du trône est fermée pour préparer une réception mais nous pourrons observer où vont les 18 $ du ticket d'entrée: le palais est flambant neuf et les bâtiments annexes sont pour certains en réfection.

 

01 Phnom Penh - Palais royal 03

01 Phnom Penh - Palais royal 18

01 Phnom Penh - Palais royal 26

 

Le site abrite aussi la pagode d'argent, fière de son sol fait de 5000 dalles d'un kilo d'argent chacune. Elles sont cachées sous des tapis et quelques unes sont visibles mais scotchées avec du scotch de déménageur; ça casse un peu l'ambiance. Cette pagode abrite des trésors du royaume, comme un Bouddha en or massif de 90 kilos, paré de plus de 9000 diamants, d'un Bouddha d'argent, d'un autre en bronze, d'une litière ornée de 23 kilos d'or et autres figurines en or massif, le tout pour un total de, tenez-vous bien Marise!, 595 fois le PIB national, plus le PIB du Bangladesh, c'est pour moi, c'est cadeau, ça me fait plaisir.

Il y a aussi bien sûr une empreinte du pied de Bouddha qui, grand marcheur, est passé dans toutes les villes de l'Asie du Sud Est. Cela n'a pas dû être trop difficile pour lui car l'empreinte mesure 4 mètres.

Le site abrite enfin des geckos de taille impressionnante, et pourtant, nous en avons vus des geckos!

 

01-Phnom-Penh---Lezards-02.JPG  01-Phnom-Penh---Lezards-04.JPG

 

Comme les enfants ont été patients et exemplaires (je rigole!), nous sommes allés faire un tour aux jeux qui jouxtent le palais puis nous avons traversé la ville sous le soleil de midi pour chercher la librairie française du centre culturel. Après un achat d'Harry Potter 4 (775 pages très lourdes), de livres pour Louis et d'un pavé sur les destins tragiques d'amants du Cambodge et du Laos, nous avons déjeuné au restaurant attenant au centre, une des officines du Friends qui forme à l'hôtellerie des enfants des rues. Excellent buffet avec le meilleur amok de tofu de tout le séjour!

 

Petit détour par un marché pour acheter des fruits et pause à l'auberge pour éviter la chaleur avant de repartir dans l'autre sens pour aller voir le Vat Phnom, sur la seule colline de la ville.

Au pied jouent des petits singes et la tentation était forte pour les enfants de jouer avec eux.

 

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Mais finalement, c'est la structure de jeux d'en face qui a de nouveau remporté la mise. Imbattable.

 

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Cette grosse journée se terminera par une nuit assez difficile.

 

Le 30 mars 2011, jour où nous arrivons à Phnom Penh au Cambodge,  les Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens (CETC) écoutent l’appel fait au verdict édicté en juillet dernier contre Duch. Duch, c’est le surnom de l’homme qui conçut et dirigea le S21, le plus grand camp de détention et de torture du pays sous les khmers rouges.

Dans son plaidoyer, l’avocat de Duch, qui l’appelle affectueusement Ta Duch (grand-père Duch), le décrit comme « un petit secrétaire qui n’avait pas d’autorité réelle », un simple directeur de prison.

En oubliant de préciser que Duch avait une ligne directe codée avec le ministre de la Défense, qu’il pouvait envoyer ses gardes chercher un prisonnier dans une autre province, qu’il avait le pouvoir d’arrêter des secrétaires de zone comme Koy Thoun, Ya, Vorn Vet, que Duch a choisi le site du lycée Toul Svay Prey pour y installer définitivement S21, qu‘il était directeur du sinistre centre de détention M13, ancêtre de S21, d’où il emmena avec lui des hommes de main, qu’il a instruit, formé les tortionnaires et les gardes … Bref un petit paysan comme les autres qui cultive son lopin de riz selon les ordres du Kampuchea Démocratique, injustement accusé.

 

2 jours après notre arrivée, nous irons visiter, sans les enfants, le musée Tuol Sleng, qui occupe le lycée où se déroulèrent ces atrocités entre 1975 et 1978. 10 000 détenus, torturés sans relâche, puis massacrés à la matraque dans le camp d’extermination/charnier du sud de la ville, et 20 000 enfants... Les bâtiments sont laissés tels quels pour que le public puisse saisir le caractère inhumain du lieu dans ce cadre banal d’une école primaire et d'un lycée. Des barbelés sur les façades pour éviter que les détenus ne se suicident, des salles de classe où s’entassaient 60 prisonniers, d’autres réservées à la torture, d’autres à l’isolement dans des cases de briques ou de bois, des instruments de torture, et des milliers de photos en noir et blanc, extraites des registres de la prison. Chaque nouvel arrivant était photographié puis étiqueté, le système d’étiquetage s’améliorant avec les années. Ce sont des milliers de visages hagards d’hommes, de femmes, d’enfants, de nourrissons. Après la première étape de traque et destruction des espions à la solde de la CIA (paysans et leur femme et enfants arrivés ici sur dénonciation mais sans réelle raison), le régime passe à la purge des armées; les bourreaux du site seront exécutés par leurs remplaçants, le centre purgera les cadres de l’Est du pays à raison de dizaines par jour en 1978. Seulement 7 survivants qui ont été épargnés parce que leur peinture ou photographie plaisait assez à Duch.

 

A l’époque, les environs étaient vides car Pol Pot avait forcé tous les citadins à regagner la campagne et à intégrer des camps de rééducation socialiste par le travail aux champs. Aujourd’hui, la ville et la vie ont repris leur droit et le contraste entre le silence glacial du site et les bruits des maisons alentours est particulier. C’est une enclave. Les Cambodgiens qui visitent se conduisent très différemment des autres. Ils se saisissent des instruments de torture, n’hésitent pas à rire devant les photos, ce qui est pourtant interdit par des panneaux. Chacun sa façon de réagir.

La visite du site est assez éprouvante et le défilé de photos des victimes ne s’arrête jamais. La folie du lieu est prégnante. La photo de Duch est une de celles qui m’a le plus retourné. J’avais en tête une image du tortionnaire en herbe, lettré et déterminé à mettre sa passion destructrice au service du pouvoir naissant, suite à la lecture il y a une dizaine d’années du livre « le portail » de François Bizot, qui fut sous la coupe de Duch pendant 3 mois en 1971 et qui fut le seul occidental relâché par les khmers rouges avant 1975. Mais la photo de ce dément dans le cadre de sa dernière folie était trop forte.

 

Je n’ai fait que très peu de photos et j’en mets quelques unes pour, comme le disent les conservateurs du musée du génocide, « mettre en pleine lumière les preuves des crimes du régime ».

 

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Cet après-midi là n’a pas été la plus facile et la matinée était quand même un peu plus enthousiasmante. Nous avons rendu une visite à la fameuse association « Pour un Sourire d’Enfant » PSE.

Cette association, créée il y a 15 ans, se concentre sur les enfants qui vivent sur et vivent de la plus grande décharge d'ordures de Phnom Penh. Des enfants qui attendent l'arrivée des camions pour se ruer sur les déchets, pour récupérer quelque chose à vendre ou à manger, qui meurent sous les chaines de bulldozers travaillant la décharge. Ayant commencé par nourrir correctement quelques enfants en 1996, l’association, qui a grandi de manière super pragmatique, est aujourd’hui capable de prendre en charge 6000 enfants par jour. Le but est d’offrir un avenir aux enfants par l’éducation et la professionnalisation.

 

01-Phnom-Penh---PSE-classes-01.JPG

 

Pour soutenir cette réussite, l’association assure aussi le logement des étudiants, le soutien matériel, social, médical et éducatif des familles, l’hébergement total des enfants orphelins ou en danger, la réponse aux besoins primaires des enfants pas encore pris en charge (douches, repas et soins quotidiens dispensés quotidiennement dans les paillotes aux abords de la décharge), la protection maternelle et infantile : suivi médical et nutritionnel des petits, éducation des mamans (hygiène et diététique), suivi et compléments nutritionnels pour les mamans enceintes et celles qui allaitent… Le développement des programmes et la marche de cette association sont très étonnants, d’une simplicité et d’une implacabilité incroyable! Cela génère un optimisme contagieux.

Le jour de notre visite était malheureusement celui de la préparation de leur gala de charité et tout le monde était plutôt occupé. Nous avons tout de même pu visiter le site avec un élève, voir les dortoirs, les infirmeries, les classes, les cuisines, les salons d'apprentissage, etc. Nous en sortons ébahis! Théo a même été se faire couper les cheveux par les élèves et nous irons finalement manger au restaurant école du site. Il était fermé pour la préparation mais ils l'ont rouvert pour nous!

 

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Le film projeté au début est très touchant et les enfants en ont pris plein les yeux!

 

Le soir, nous avons rendez-vous avec des amis de Soulac/Toulouse, Geneviève et Gaétan Stanislas, qui voyagent depuis un trimestre entre le Pacifique et l'Asie et qui arrivent de Siem Reap, alors que nous y partons le lendemain.

 

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Ils essayent de voir comment aider PSE à gérer leur parc informatique de 500 PCs et se rendent au gala de charité demain.

Nous échangeons nos carnets de route et nos conseils et passons une agréable soirée de voyageurs.

 

Le samedi matin, toujours fatigués par nos nuits sans climatisation, le départ en bus est un peu chaotique. Personne ne sait vraiment quel est le bon bus et comme tout bon asiatique, celui qui ne sait pas répond "oui" à n'importe quelle question. Finalement, presqu'à l'heure, nous embarquons pour 6 heures de route vers les temples d'Angkor. A l'arrivée, nous avons promis aux enfants qu'il y aurait une piscine.

Phnom Penh

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 19:29

Le 30 mars, jour de notre départ, le Myanmar subit un changement de régime, peut-être sans importance.

Officiellement, après 19 ans d'exercice, la junte, connue sous le nom de Conseil National pour la Paix et le Développement, a été dissoute pour assurer la transition vers un régime politique civil (non militaire).

Le Général Than Shwe s'est retiré et l'ancien Général Thein Sein est devenu président de la nation, dirigeant un cabinet de 30 ministres composés en majorité des anciens militaires! Néanmoins, Thein Sein serait l'un des moins corrompus de l'ancien régime. Il était jusqu'à présent premier ministre et leader du Parti de l'Union pour la Solidarité et le Développement (parti masqué des militaires depuis qu'un régime parlementaire a été installé).
Le pouvoir a donc été transféré au parlement ou à l'Assemblée de l'Union. Celle-ci est complètement dominée par le parti de l'Union pour la Solidarité et le Développement, dans lequel a été recasée la majeure partie des membres de la junte. Cela laisse quand même une petite fenêtre d'espoir aux autres partis ethniques et au NLD.

La traditionnelle fête des armées, qui permettait aux militaires de défiler en fanfare et au Général de faire un discours fleuve, tombait cette année le jour de l'anniversaire de Théo, le 27 mars. Elle a été remplacée par une cérémonie à portes fermées pour la jouer discrète et appuyer le message de changement. Bon, pour faire bonne mesure, dans son discours d'investiture, Thein Sein a annoncé son désir de construire une armée moderne pour ne pas se laisser embêter par des autres puissances.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 06:38

La deuxième manche qui nous oppose à Yangon commence semble-t-il à notre avantage. Nous échappons au racket des porteurs de l'aéroport, nous négocions bien le taxi pour nous emmener en ville, il fait beau. C'est une revanche écrasante mais nous ne fanfaronnons pas car nous sommes beaux joueurs.

Portés par notre début de partie, nous jugeons le premier hôtel où nous nous arrêtons trop cher pour les prestations. Il est pourtant central, donc pas loin de l'aéroport pour demain matin, propose 4 lits, possède un restaurant et internet gratuit (très rare). Mais il est fermé à la négociation et affiche un tarif de 45 dollars qui nous semble exorbitant.

Qu'à cela ne tienne, nous reprenons sacs sur le dos et valises en main pour battre le pavé. Sauf qu'à Yangon, cela manque de pavé, que la nuit tombe et que les enfants commencent à arriver à l'heure du grand énervement. Les trous dans les trottoirs et la route manquent plusieurs fois d'engloutir les sacs ou même les enfants; et pourtant nous faisons attention car il y a plein d'affaires que nous ne pourrions pas remplacer!

Après un gros kilomètre dans le noir, nous arrivons à un autre hôtel qui est complet. Dommage car il abritait à l'entrée toutes sortes d'animaux, de reptiles et oiseaux que les enfants auraient bien aimé étudier. Mais je reste insensible aux "Papa, papa, regarde le python jaune" et recharge les sacs pour repartir.

Un autre kilomètre et nous tombons dans les abords de la Shwedagon Paya. Le quartier est plus cher, il abrite le Savoy Hotel et autres pâtisseries. Ce n'est pas bon signe. Nous nous rabattons sur un hôtel qui a l'air vide et qui nous propose une chambre avec vue sur la Paya pour 49 dollars. Pas de restaurant dans l'hôtel (mais des bars dans le coin), pas d'internet, un grand lit et un matelas par terre, ... Tout ce chemin pour ça!

Nous commençons à comprendre que notre euphorie passagère nous a empêchés de voir le vrai jeu de Yangon. Nous avons foncé dans la gueule du loup tête baissée! A domicile, Yangon est imbattable. Las, nous prenons la chambre et demandons un taxi pour le lendemain 6h30. Une fois installés, la fille à l'accueil porte le coup de grâce: le petit-déjeuner n'est pas à l'hôtel mais au restaurant d'à côté et ne commence qu'à 7h.

Dans un dernier sursaut d'énergie, nous nous rebellons et obtenons un rabais de 5 dollars pour ces petits-déjeuners que nous n'aurons jamais et elle le savait! Cela nous prend plus d'une demi-heure et quand nous sortons pour essayer d'acheter quelque chose pour le petit déjeuner, les magasins sont fermés. Nous fonçons vers une échoppe repérée sur la route plus tôt dans notre vadrouille. La boulangerie Maxim's est encore ouverte! Oui, oui, Maxim's, avec aux fourneaux un français qui vend des viennoiseries à prix d'or en Birmanie. Quels peuvent être les clients? A part des gros nazes comme nous, il n'y a pas de locaux pour se payer des pains au chocolat à plusieurs dollars. Jetons un voile pudique sur le fait que l'achat de ce petit déjeuner de fortune (!) met le prix de la chambre au prix d'un séjour dans la navette orbitale américaine, lessive et repassage compris. Jusqu'à la lie ...

Après un repas sommaire dans un resto thaï qui a remplacé le resto du guide, nous sommes épuisés nerveusement de cette journée et nous retournons à l'hôtel profiter de notre vue:

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Pas terrible cette vue! Le comble est que les rideaux sont tellement fins que nous allons profiter de la lumière de la paya toute la nuit. Il en reste encore ou on a tout bu?!

Le lendemain, à 6h30, frais comme des gardons, je descends les valises du 3ème sans ascenseur. Le taxi est déjà là et il ne risque pas de partir sans nous puisqu'il a un pneu crevé! Je ne sais pas comment c'est possible. Peut-être qu'il est venu avec un pneu crevé, ou alors il a crevé subitement à l'hôtel, ou alors c'était le bon moment, à la fraiche pour changer un pneu pas encore crevé mais presque ...

Le gars nous dit qu'on va devoir attendre un peu (sans blagues!) et nous recomptons les minutes qui nous séparent de la fin de l'embarquement. 

06-Yangon---Taxi-du-matin-chagrin.JPG

Sur la route de l'aéroport, nous prenons du recul et nous admettons que nous avons des regrets à quitter un pays aussi beau et aussi attachant.

Nous sommes dépassés par des taxis collectifs remplis à ras bord de gens partant pour on ne sait où. Puis nous dépassons un gros camion estampillé "Police" avec des barreaux et des bras et des têtes qui regardent dehors. Des hommes et des femmes, un camion plein. Déjà, à Mandalay, nous avions dépassé une sorte de taxi collectif estampillé "Police", rempli de personnes. Et comme il contenait des enfants en bas âge, nous avions préféré penser: "Tiens, c'est dimanche, il doit y avoir une kermesse de la police et ils emmènent les familles"! Au lieu de "Tiens, encore une rafle de la police pour emmener les personnes au travail forcé! Et comme ils ont des enfants en bas âge, ils sont obligés de les emmener avec eux!". Mais là, avec les barreaux, il n'y a pas vraiment de confusion possible. On ne va pas à la kermesse derrière des barreaux, même pour ceux qui n'aiment pas particulièrement les kermesses.

En quittant ce beau pays, nous sommes rappelés à sa triste réalité. Il est en prison ce pays et nous étions en visite, sans les oranges. Alors nous reviendrons, mieux préparés, les sacs bourrés d'oranges de toutes sortes, et avec un peu de chance, il aura fini de purger sa peine injustifiée!

Après nous être acquittés des 40 dollars de taxe de sortie, nous nous envolons pour le Cambodge, Phnom Penh, avec une escale de quelques heures dans l'aéroport de Bangkok.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 17:47

Le temps à Yangon ne nous avait pas permis de vraiment apprécier la ville (si c’est possible). A Mandalay, c’est la maladie qui nous a restreints mais nous avons quand même pu nous échapper et goûter aux environs. A Bagan, nous avons laissé derrière nous les derniers soucis et nous avons pleinement apprécié la magie du lieu. A Kalaw, nous avons repris des forces et nous avons pu nous aventurer plus loin dans la campagne. Partout, les birmans ont été enchanteurs. Malgré les petits soucis, nous sommes ravis de cette étape en Birmanie et nous savons que nous y reviendrons, mieux préparés pour sortir des sentiers battus et explorer d’autres trésors du pays au contact d’autres ethnies.

Il nous reste cependant encore un joyau du pays à découvrir avant de repartir: le célèbre Lac Inlé. C’est un des quelques endroits de la planète où Virginie voulait aller et malheureusement, pendant la préparation, nous l’avions rayé de notre itinéraire, au profit du Laos. Et puis dernièrement, avec les dates du visa chinois, une opportunité de rajouter la Birmanie s’est présentée et nous voilà en route vers la vallée qui encadre ce beau lac.

De loin et de près, difficile à dire où commence et où finit le lac. Autour, dessus, ce sont cultures vertes claires et villages clairsemés. C'est la région traditionnelle des Intha mais beaucoup d'autres ethnies habitent les montagnes alentours et descendent fréquemment au lac. Les Intha se déplacent sur le lac sur des embarcations très planes et très peu stables qui nécessitent un équilibre particulier. Il faut se tenir aux extrémités pour les propulser et leur technique de rame avec la jambe leur donne une allure de serpent. C'est étonnant et magnifique.

Quand nous arrivons à Nyaungshwe, l’auberge où nous nous arrêtons est complète mais nous faisons 300 mètres de plus et en trouvons une très accueillante, pas dans les guides. Une énorme chambre où nous rajouterons 2 matelas, des citronnades maison à chaque fois que nous passons le pas de la porte, des petits déjeuners délicieux et copieux, des gens très gentils.

Nous refaisons nos comptes et là, à quelques jours du départ, nous constatons que nous avons tellement économisé pendant les derniers jours (sur les excursions et les guides, sur les droits d’entrée, sur les hôtels, sur les restaurants, … bon c‘est vrai que rester à l‘hôtel à manger du riz blanc ça aide) que nous avons maintenant plus de 300 dollars de marge!

C’est la fête, nous allons pouvoir aller manger dans n’importe quel restaurant pour l’anniversaire de Théo demain! Ce midi déjà pour marquer le coup, Théo et Virginie se prennent des pizzas dans un boui-boui, trop longues à arriver, pas fameuses quand même, mais toujours meilleures que mon curry de sardines.

Après l’école, interrompue par le balai des nonnes, l’après-midi est tranquille; les enfants profitent d’un dessin animé pendant que nous cherchons vainement à nous connecter à internet en ville (pas de réseau aujourd’hui) et que nous repérons les restos de la ville. Nous nous arrêtons devant le temple principal de la ville dont la pagode est unique en Birmanie, avec son chedi en escaliers.

05 Inlé - Yadana Man Aung Paya 01

Le soir, nous nous dirigeons vers le centre du village pour trouver un resto et nous tentons un de ceux que nous avions vus l'après-midi. Une fois assis, nous avons la surprise de constater que ce resto ne sert que des plats italiens, rien de birman, de chinois, de thaï ... Où sommes-nous? Mr Won se précipite, du basilic frais à la main pour nous le faire sentir. Il insiste pour nous montrer son pesto frais, sa saucisse qui vient d'Italie, sa machine à pâtes offerte par une touriste, son four à pizza au feu de bois, bref, il nous accueille à l'italienne. Bon, ben, après la pizza de ce midi, ce sera pâte ou pizza ce soir. Elles seront excellentes, rares et incroyables à trouver ici.

Le lendemain, Théo souffle sa bougie de 9 ans plantée sur un toast avec une crêpe puis c’est excursion sur le lac en bateau.

05 Inlé - Anniversaire Théo 09

Nous partons à 4 sur notre long-tail boat en empruntant le canal qui mène au lac et nous croisons des moins chanceux: certains sont seuls sur le bateau mais doivent ramer, d’autres ont un moteur mais sont si nombreux qu’ils prennent l’eau à chaque croisement.

05 Inlé - Ballade sur le lac 03

05 Inlé - Ballade sur le lac 06 05 Inlé - Ballade sur le lac 07

Il faut une bonne heure pour rejoindre le lac puis le traverser au 1/3 pour rejoindre le village du marché tournant. Sur la route, nous pouvons admirer les pêcheurs. Ceux qui pêchent à la nacelle, ceux qui pêchent au filet en rabattant les poissons à coup de rame frappée fortement sur l’eau, ceux qui ramassent des algues pour les faire sécher et engraisser les champs, ...

05 Inlé - Ballade sur le lac 09

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Nous dépassons aussi des moines.

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A l'arrivée au village du marché, à Nampan, c'est la cohue. Tous les villages alentours viennent vendre et la plupart viennent en bateau. Il faut bien connaître son bateau pour le retrouver!

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Comme d'habitude, le marché permet aux locaux de tout faire: vendre et acheter des produits frais, fruits et légumes, poisson évidemment,

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des outils, des chaussures, des cigares, ..., de se faire couper les cheveux ou de faire réparer son dentier par le dentiste.

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Avant le déjeuner, nous nous arrêtons dans un atelier de tissage.

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Nous avançons avec les étapes de confection: de la fabrication des fils à partir des tiges de lotus, la mise en pelote, la teinture, le tissage proprement dit sur des métiers traditionnels, les mêmes étapes avec du coton des montagnes, avec de la soie. Virginie aurait bien aimé pouvoir acheter tout un lot d'écharpes en soie car elles sont magnifiques et peu chères mais nous avons oublié de prendre de l'argent en quantité. De son côté, Théo lorgne sur les longyi mais il n'y en a pas à sa taille et Louis joue avec des métiers à tisser sous l'oeil bienveillant des tisseuses.
Heureusement que nous n'avions pas de réserve d'argent sur nous car elle aurait été engloutie d'un coup!  

Le déjeuner en face de la paya du centre du lac n'est pas fameux mais il nous permet d'aller explorer cette pagode vénérée dans tout la province du Shan. C'est la pagode Phaung Daw U et elle renferme 4 images de Bouddha qui ressemblent à de grosses boules tellement ils ont été recouverts de feuilles d'or par les fidèles.

 

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Nous traversons ensuite des villages de pécheurs aux maisons hautes, avec des paliers intermédiaires pour les animaux (cochons). C'est assez joli et plein de vie.

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Nous visitons ensuite une forge où l'on fabrique des outils de jardinage, des couteaux, ... Le feu et les coups de marteaux sur les lames chauffées à blanc sont du goût de Louis mais le bruit est assourdissant et la chaleur pas vraiment nécessaire vu le temps qu'il fait dehors.

Nous visitons aussi une fabrique de bijoux en argent. Le travail de fonte du métal, de ciselage, de mise en forme et d'assemblage est très impressionnant. Les bijoux sont magnifiques et de nouveau assez peu chers au regard des heures de travail manuel nécessaires. Encore heureux qu'on ait oublié l'argent liquide!

La prochaine visite, celle de la fabrique d'objets en papier, ombrelles, lampions, chapeaux, ..., ne nous intéresse pas vraiment, d'autant qu'un superbe lézard apparaît dans un arbre.

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Après un passage rapide dans un monastère pour s'abriter d'une averse et regarder jouer des chats, nous reprenons la visite du lac pour aller voir les jardins flottants. Près d'Inlé, on peut manger des quantités de légumes car ils poussent sur le lac. Tomates, concombres, poivrons, salades, herbes aromatiques, courges, ... Le travail se fait en bateau et ne doit pas être aisé!

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En fin d'après-midi, nous accélérons vers Nyaungshwe lorsque l'orage nous rattrape. Pas d'ombrelles, pas de kway, juste les gilets de sauvetage pour se protéger vainement. Nous sommes trempés et cela dure longtemps, longtemps.

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Nous avons passé une super journée sur le lac mais ce n'est pas fini. Après une douche chaude et une citronnade, c'est le moment de déballer les cadeaux pour Théo. Devinez quoi?! Oui, des Bakoogans et des Gormitis!

Pour le resto du soir, c'est à Théo de choisir et contre toute attente, il choisit de nouveau pizza! Nous n'aurons jamais mangé autant de pizzas et il faut aller jusqu'en Birmanie pour cela! Le resto qui se trouve près de notre pension est la copie conforme de celui où nous avons été hier soir. C'est hallucinant! La même carte dans le même ordre et les mêmes prix exactement. C'est très étonnant de voir un restaurant en Asie qui ne serve pas de riz ou de nouilles, mais en voir 2 dans le même village! Les pizzas sont un peu moins bonnes mais pas mal quand même.

Pour découvrir le lac différemment, nous louons des vélos le lendemain. Louis n'en aura pas à sa taille et je suis bon pour faire le taxi toute la journée. Nous avançons lentement sur l'Est du lac car la route est en mauvais état.

Nous tombons au bout de quelques kilomètres sur l'entrée d'un vignoble, le Red Mountain Estate, alors nous nous invitons.

Nous rencontrons Eric, de la région toulousaine, qui depuis 9 ans tente de produire du bon vin à Inlé. Après 7 ans de recherche sur les meilleurs cépages à adapter au climat, cela fait 2 ans qu'il vinifie des vignes de 5 ans sur 20 hectares et de jeunes vignes de 3 ans sur 50 hectares. Ils viennent de passer le cap des 110 000 bouteilles et tiennent maintenant leur formule. Les exportations ne sont pas chose facile mais dans l'ASEAN, ils peuvent promouvoir leur vin et faire des expos. 2 récoltes par an mais une seule gardée pour le vin, des essais de surmaturation, des assemblages à tenter, des tailles différentes, Eric s'amuse et apprend ici bien plus vite qu'ailleurs, en totale liberté, en réinventant son art.

Les vendanges se finissent aujourd'hui et les enfants peuvent boire du jus fraichement pressé, voir les étapes de fabrication et visiter la cave.

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Ils produisent des Sauvignon blancs, des Chardonnay, des Muscat doux, des Muscat vendange tardive, du Carignan pour le rosé, des Syrah, des Tempranillo, des Pinot Noir, des Gewurztraminer, des portos de Syrah, ... Encore quelques années et il sera chic de boire du vin de Birmanie.

Nous reprenons la route sans déguster (sauf des quantités de jus pressé qui vont devenir du Rosé d'Inlé) et observons le travail aux champs.

Il y a la coupe de la canne à sucre, qui part au raffinage.

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Le travail de rizière, toujours impressionnant par le temps qu'il prend et le mal de dos que nous aurions au bout de 5 minutes.

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Et bien sûr le travail de labour avec les animaux: boeufs ou buffles.

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Louis observe, puis rattrape le laboureur puis finit par faire la course avec les boeufs.

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Une fois que le champ est bien labouré, les filles replantent des cannes.

Après quelques kilomètres de suées pendant lesquels Théo dit systématiquement bonjour à toutes les personnes rencontrées avec de sonores "Mingalaba", nous arrivons enfin en vue d'un village qui s'enfonce vers le lac.

Il faut d'abord emprunter un chemin de terre puis un long pont en teck pour atteindre l'orée du village.

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Au bout, rien, à part le bout du pont. Dans ce village, il y a heureusement UN restaurant, ce qui va nous éviter l'embarras du choix. Après quelques signes, la propriétaire du restaurant vient nous chercher en petite barque.

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Le restaurant n'est pas excellent mais la vue est imprenable! Les enfants en vacances jouent à chat sur le pont en face, jouent en barque sur l'eau, les villageoises passent chercher des légumes en barque aux champs voisins, les hommes travaillent les champs flottants, ...

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Au retour, nous faisons la course avec les nuages pour voir qui arrivera le premier et nous perdons. Cette fois, nous avons nos blousons donc c'est une petite défaite.

Le soir, nous dénichons un restaurant qui ne sert pas de pizza et ça, c'est une grosse victoire!

Notre dernier jour est un jour de repos avant de reprendre l'avion pour Yangon où nous n'avons pas réservé d'hôtel. Nous essayons aussi de trouver un hôtel à Phnom Penh et lançons quelques demandes entre 2 coupures d'internet.

Inlé aura été de nouveau une belle étape pour conclure ce séjour en Birmanie. Le lieu est magnifique et les promenades sur et autour du lac laisseront de beaux souvenirs. Il restera un regret sur tout l'artisanat du lac que nous n'avons pas pu honorer à sa juste valeur!

Inlé

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:47

Il faut 45 minutes pour atteindre l’aéroport de Hého et moins de 5 minutes pour se faire arnaquer correctement. L’aéroport se trouve loin de toute ville intéressante et n’offre aucun transport en commun. Les taxis rôdent et fixent la peine. Kalaw, 35 dollars non négociable. Sinon, vous pouvez marcher; attention ça monte. Le double du prix pratiqué dans l’autre sens (village - aéroport).

La route, enfin le chemin, monte effectivement et le trajet dure une heure, à fond dans les ornières, klaxon en continu, poussant les motos dans les fourrés et les camions dans les fossés. Il faut oser c’est tout.

Kalaw est un tout petit village à mi-montagne. En saison, j’imagine qu’il y a quelques touristes qui trainent dans le village avant de partir pour un trek de 3 jours vers le lac Inlé, mais hors saison, nous sommes 10 à tout casser, dont 4 en famille.

Nous établissons nos quartiers dans l’hôtel Eastern Paradise, très bien et pas cher, avec un petit déjeuner trop copieux pour nous, et au restaurant Sam’s family, un adorable établissement tenu par une famille formidable. Nous y prendrons tous nos repas et nos habitudes. Le soir, quand nous arrivons, le petit garçon met un DVD et les enfants mangent devant la télé. Un peu d’inconfort quelques fois pour Louis quand les grandes filles débarrassent et en profitent pour le tripoter; il y a des jours où cela le lasse, d’autres où il s’en amuse. Nous mangeons de très bons plats birmans, les meilleurs de notre séjour, pour un prix incroyable. Nous avons été tentés de changer d'endroits, pour distribuer notre argent à plusieurs personnes, comme à Bagan, mais finalement, impossible, nous revenions toujours. Cela faisait du bien de savoir que nous ne serions pas déçus et cela nous faisait plaisir de les revoir. Lorsque nous avons voulu faire la photo souvenir le dernier jour, ils étaient tous sortis! Tant pis pour nous!

A Kalaw, il y a une jolie paya en plein centre, près du marché, qui a la particularité d’être plaquée de petites tuiles argentées et dorées. Cela change du doré à outrance.

04 Kalaw - Aung Chan Thar Zedi 02

Il y aussi le marché tournant, qui passe tous les 5 jours par Kalaw et qui permet à toutes les familles des montagnes de descendre vendre leur production de thé, d’oranges, des tomates, et de l’artisanat. Certaines femmes portent les habits et couleurs de leur ethnie (Palaung, Danu, Pa-O). Le marché sort alors de son emplacement habituel et envahit toutes les rues alentour.

04 Kalaw - Marché 01

04 Kalaw - Marché 02

Nous en profitons pour refaire notre stock de pommes, d’oranges et de bananes. En ce moment, c’est la saison des pastèques et la fin de celles de papayes.

A Kalaw, il y a enfin une école d’officiers supérieurs de l’armée, si bien que la population du village a doublé avec les familles de militaires fortunés. Ils injectent beaucoup d’argent dans le marché mais font artificiellement monter les prix qui deviennent difficiles pour les locaux qui s’approvisionnent.

Pendant nos promenades, nous nous demandions à qui pouvaient appartenir ces superbes demeures jouxtant les maisons en bambou. Sur notre parcours pour rejoindre une paya excentrée, nous nous demandions qui pouvaient être ces locaux qui bloquaient un chemin pour pouvoir taper leur driver à travers et rejoindre leur parcours de golf. Des gradés, qui sillonnent la ville en 4x4 de l’armée.

Le temple que nous voulions voir est d’ailleurs maintenant dans une zone d’habitation militaire que nous avons dû traverser.

C’est un temple assez particulier dans la mesure où derrière la forêt de stupas blanches et dorées se trouvent une grotte et des travées creusées dans la roche et dans lesquelles sont disposés des milliers de Bouddhas de toutes formes. Un trou creusé, un Bouddha. Un régal à explorer pour les enfants.

04 Kalaw - Shwe Oo Min Paya 06 04 Kalaw - Shwe Oo Min Paya 08

Nous sommes venus à Kalaw pour prendre l’air; il fait frais en montagne et cela fait du bien. Nous sommes aussi venus pour marcher et voir les villages alentours.

Le lendemain de notre arrivée, nous partons tôt avec un guide pour une marche de jour. La sortie du village est relativement longue pour la taille du village car de nouvelles maisons se construisent (les militaires).

04 Kalaw - Montagne 60

Nous dépassons des chars à bœufs puis arrivons dans les premières pentes. Les 2 premières heures montent sans arrêt par des chemins sur lesquels nous sommes dépassés par des garçonnets qui courent en tongs avec des gros paniers, tandis que nous peinons, par des mobylettes chargées de provision qui font du trial en toussotant. L’air sent le brûlé car la saison chaude est l’occasion de brûler tous les cultures récoltées avant l’arrivée de la mousson (je l’ai déjà dit dans le Nord de la Thaïlande ?)

04 Kalaw - Montagne 01 04 Kalaw - Montagne 08

Très vite, les rizières apparaissent. Mais pas les rizières de plaine toutes vertes et bien irriguées, plutôt les rizières de montagne, de riz brun, qui sont marrons et arides après la récolte.

04 Kalaw - Montagne 50

Les montagnes que nous traversons ont été déboisées pour être cultivées et sont régulièrement brûlées. Nous traverserons à un seul moment une montagne encore boisée, et le contraste sera saisissant.

04 Kalaw - Montagne 40

Bientôt, la pente s’accentue et les rizières laissent place aux cultures de thé. Les plantations sont parsemées, beaucoup moins resserrées que celles vues en Thaïlande, plus naturelles. Les femmes et quelques hommes sont dans les pentes raides, en train de cueillir les feuilles hautes.

04 Kalaw - Montagne 16

04 Kalaw - Montagne 21 04 Kalaw - Montagne 22

Le travail est impressionnant et la taille des pentes laisse présager d’une longue journée de cueillette. Nous traversons enfin un village de l'ethnie des Palaung qui semble vide car tout le monde est aux champs. Le thé sèche devant les maisons.

04 Kalaw - Montagne 23

04 Kalaw - Montagne 24 04 Kalaw - Montagne 27

Nous nous arrêtons dans une maison pour goûter leur thé vert. Une maison traditionnelle en bambou, surélevée, avec les bêtes en-dessous (porcs), avec 2 petites parois pour isoler 2 chambres et loger 6 personnes, le centre de la pièce principale occupé par le feu, le tout servant de pièce à vivre, de salle de travail pour le tri des feuilles de thé séchées. Nous trouvons dans la maison quelques membres de la famille: les 2 parents, une jeune fille et un bébé qui se réveille en hurlant de faim. Ils nous offrent leur hospitalité simplement, sans rien attendre en retour.

04 Kalaw - Montagne 33

La préparation du thé vert est la suivante: les feuilles séchées sont chauffées sur le feu dans une petite pelle jusqu’à ce qu’elles fument, plusieurs fois, pour leur donner un léger goût fumé (ah bon?!), puis laissées à reposer dans une théière quelques minutes, avant que l’eau ne soit ajoutée. Nous observons attentivement pour essayer de reproduire l’opération à la maison car le thé est excellent et nous en avons acheté. Ce sont de belles petites feuilles, qui sont vendues 1 Euro le kilo en gros. Si les feuilles ne sont pas réduites en poudre avant notre retour, nous vous ferons gouter (après quelques essais). Les enfants ont adoré ce thé vert!

Sur notre route, nous croisons l’école et le monastère. Il y en a dans chaque village. L’école est gratuite, mais pas obligatoire, pendant 5 ans. Les études au-delà ne sont pas vraiment encouragées et les universités sont sévèrement contrôlées quand elles ne sont pas fermées. Dans les villages, il y a souvent peu d’enfants à l’école car ils aident aux champs.  Ceux qui se baladent avec des stylos à distribuer dans les écoles dans les montagnes arrivent souvent avec trop de stock pour le peu d’élèves (surtout en ce moment, ce sont les vacances).

Les enfants sont malheureusement déjà habitués à demander aux adultes des bonbons ou des dollars contre une photo. Bizarrement, c'est le mot français qu'ils connaissent (plus de 50% des touristes non asiatiques sont français). Mais avec les enfants, ils jouent simplement.

04 Kalaw - Montagne 39

C’est parfois difficile pour nos enfants de s’imaginer comment ces enfants passent leur temps et ce qu’ils vont faire de leur vie, dans ces villages. Mais en discutant un peu, ils arrivent à leur trouver un emploi du temps faits de jeu dans les champs, à casser de la caillasse, à jouer dans l’eau, rassembler le troupeau, etc. Tout ce qu'ils aimeraient bien faire quoi!

Au bout de 4 heures, nous atteignons le haut de la montagne où se trouve une cahute qui fait à manger. Les enfants commencent par faire 30 minutes de cassage de caillasse, puis nous jouons une heure à la manille. Il faudra effectivement très longtemps avant que nos chapatis n'arrivent, et il n'y en a pas beaucoup. C'est dommage, on avait un peu d'appétit nous après la grimpette et l'attente. Heureusement qu'on avait des fruits et des gâteaux du marché!

Pour repartir, nous prenons un autre chemin, un chemin de crête qui nous laisse voir à droite des montagnes vierges, toutes couvertes d'arbres, une jungle tentante car il fait chaud. On entend les oiseaux chanter là-bas. A gauche en revanche, c'est de la montagne cultivée.

04 Kalaw - Montagne 48

L'odeur de feu et de brûlé est très présente et au détour d'un chemin, nous nous apercevons que le feu nous rattrape. Nous prenons une grande inspiration et nous courons à travers les flammes avant de nous jeter dans la terre battue pour éteindre nos vêtements enflammés. Enfin, je veux dire, nous marchons plus vite parce que cela sent fort.

04 Kalaw - Montagne 46

La descente nous prendra deux grosses heures et au retour vers le village, nous serons doublés par un troupeau de buffles conduits en trombe par 2 petits enfants, dont un monte à dos de bête, l'autre fouettant le dernier animal avec un bâton. Aussitôt, Louis se saisit d'un bâton et court après les buffles pour fouetter à son tour. C'est bon, on peut le laisser là, il va s'acclimater!

04 Kalaw - Montagne 58

Une bonne journée au grand air en somme, qui va nous assurer une bonne nuit de repos après notre repas chez Sam!

Dans la nuit du 24 au 25, il y a eu un tremblement de terre de 6.8 dans le triangle d'or et dans l'Est du Myanmar, à Kentung. Tachileik a aussi été touchée et la route ervs la Thaïlande coupée. Nous n'avons rien senti, les gens n'en ont pas parlé. Nous l'avons découvert par hasard sur Al Jazeera par un texte défilant au bas de l'écran sous des images du Japon et qui parlait de 50 puis 80 morts au Myanmar. Les locaux ne connaissaient pas les chiffres. Nous n'en savons d'ailleurs pas plus car aucune information n'a été présentée. Les hôtels birmans peuvent avoir des télés étrangères en payant une taxe au gouvernement. Le signal n'est pas très bon et pas très régulier, comme internet, mais on peut quand même suivre ce qui se passe à l'extérieur. Nous suivons d'ailleurs avec de gros doutes les interventions en Lybie. Difficile de voir, de loin, la pertinence des actions engagées. Pareil pour le drame japonais sur lesquels nous avons quelques épisodes.

Après peu de jours à Kalaw (pas assez), nous repartons, cette fois vers le lac Inlé. Le taxi nous prend moins qu'à l'aller pour faire le double du voyage, c'est un fou qui conduit comme Sébastien Loeb dans une voiture sans âge et sans freins. A l'avant, Virginie voit sa vie défiler à toute vitesse quand notre taxi (qui a le volant à droite) double en aveugle un bus qui double un tracteur alors qu'un camion arrive en face. A l'arrière, nous jouons à la manille.

Kalaw

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 13:34

La région archéologique de Bagan se situe au centre ouest du Myanmar, au bord de l’Irrawaddy. Elle s’étend sur une surface équivalente à l’île de Manhattan. Sa splendeur date de l’époque où le roi Bamar Anawratha, sous l’impulsion du moine Shin Arahan, envoyé par Manuha le roi des Mon de Thaton, convertit son royaume des croyances hindous et Bouddhistes Mahayana (le Grand Véhicule, mais ça je l’ai déjà dit!) au Bouddhisme Theravada, qui caractérise le Myanmar encore aujourd’hui, comme les autres pays du large Siam. Nouvellement converti et plein de ferveur, le roi Anawratha envoya son armée vers le Sud pour prendre tout ce qui avait de la valeur. L’armée ramena des écritures saintes, des moines et des savants, et le roi Manuha. Pour plaire à Bouddha, le roi entama ensuite une période de construction religieuse. Pendant les 230 ans qui suivirent, avant que les Mongols ne balayent la région, plus de 4400 temples furent édifiés. 2230 ont survécu aux guerres, aux démontages, aux intempéries, aux chauves-souris, au tremblement de terre de 1975. Certains ont été restaurés sous l’égide de l’Unesco. 

Bon, avant de commencer à vous raconter ce qu’on y a fait, il faut peut-être s’arrêter 2 secondes sur les différentes ethnies qui ont fait et font le Myanmar, car c’est la richesse et le malheur de ce pays. En voilà 4 sur les 1400 (nombre avancé par un birman mais ils ont un problème avec les grands nombres) qui ont joué un rôle constant dans l’histoire.

 Les Mon, venus de l’Est de l’Inde ou du centre de l’Asie du Sud-Est, ont installé des terres fertiles sur le delta de l’Irrawaddy à travers la Thaîlande et le Cambodge. Leurs capitales se trouvaient à Thaton (Myanmar) et Nakhon Pathom (Thaïlande).
Les Pyu, arrivés des plateaux tibétains ou d’Inde vers 100 av JC, ont établi le premier vrai royaume avec des capitales dans le centre du Myanmar. Au 10ème siècle, les envahisseurs du Yunnan les réduisirent à l’esclavage et les firent lentement disparaître.
Les Bamar, descendus de l’Est de l’Himalaya vers le 9ème siècle, remplacèrent les Pyu vaincus dans le centre du Myanmar et posèrent les bases culturelles du Myanmar actuel. Ils s’établirent tout d’abord au Nord de Mandalay avant de descendre et de fonder Bagan en 849. Des siècles de bataille contre les Mon commencèrent, aboutissant lentement à une fusion des 2 cultures.
Les Rakhaing, associés parfois au Bangladesh actuel, aussi appelés Arakans, ethnie à part, se targuant d’un royaume stable établi 5 siècles av JC, contrôlèrent tout l’Ouest du Myanmar depuis Mrauk U et tout le golfe du Bengale.

Lorsque Bagan tomba, le royaume se divisa et le chaos régna durant 200 ans, avant que les Mon ne reprennent le dessus et n’établissent la capitale du nouveau royaume à Bago (près de Yangon). Pendant ce temps, les Shan (des Siamois/pas encore Thaîs, venus des montagnes de l’Est), qui avaient suivi les Mongols s’étaient emparés du Nord du pays et avaient fondé leur royaume à Inwa (près de Mandalay). Les Rakhaing, eux, bâtissaient à tout va pour rivaliser avec Bagan.

Les Bamar attendaient sagement, coincés au centre à Taungoo entre 2 grands royaumes, jouant l’un contre l’autre pour survivre et reprenant des forces. Au 16ème siècle, les rois Bamar de Taungoo furent assez puissants pour étendre leur royaume jusqu’aux abords d’Inwa, repoussant les Shan, et pour reprendre le Sud aux Mon, établissant leur capitale à Bago. Le nouveau roi bouta les Siamois pour longtemps hors du Myanmar, pris leur capitale Ayuthaya et réunifia le pays. A sa mort, la capitale fut bougée à Inwa. Après plusieurs reprises du pouvoir par les Mon, puis par les Bamar, etc, un roi décida d’étendre le royaume jusque chez les Rakhaing, le soumis et ramena quantité d’objets symboliques (dont le Bouddha Mahamuni). Mal lui en prit car les Anglais avaient des intérêts au Rakhaing. Les derniers rois étant des incompétents sanguinaires, les Anglais n’eurent aucun mal à conquérir le pays lorsque l’occasion se présenta en 1885. Pour assurer le contrôle du pays, ils s’aperçurent qu’ils n’avaient qu’à exercer de l’autorité sur les régions où les Bamar étaient majoritaires, tandis qu’ils pouvaient laisser relativement libres les régions du Chin, du Kachin, Shan, Kayin, …

Ce traitement différencié des ethnies allait être fatal aux premiers pas du Myanmar indépendant lorsque les ethnies allaient se retrouver seules entre elles, après la Seconde Guerre Mondiale et le départ forcé des Japonais. Le héros national Aung San Suu négocia l’indépendance de l’Angleterre puis convainquit les ethnies de signer un accord pour la mise en place d’un gouvernement d’union, sous l’égide d’une assemblée constituante élue, avec un droit de retrait au bout de 10 ans. Après l’élection largement remportée par les Bamar, un président issu des minorités fut nommé, un Shan, et pendant la nuit du 4 Janvier 1948, le Myanmar fut fondé, les anglais cédant la place. Ce fut le chaos. Le gouvernement dut faire face à l’essor des mafias, des rebelles, des communistes et des anti-communistes chinois du KMT soutenus par les Américains, au refus des ethnies des montagnes de se soumettre à une assemblée trop Bamar, aux musulmans du Rakhaing qui voulaient leur indépendance, aux Mon qui se réveillèrent, sans parler de factions armées locales, de groupes de résistants de la guerre, … Le gouvernement, au bord de la démission un grand nombre de fois, reprit pied petit à petit, et au bout de 5 ans, après la chute des forces de Chiang Kai-Shek au profit de Mao Zedong et de la fuite du KMT hors de Birmanie, il contrôlait presque le pays. En 1958, en crise économique, le premier ministre remit le pouvoir aux militaires, fierté de la nation depuis l’indépendance. Le général Ne Win remis de l’ordre dans le pays en 15 mois et organisa de nouvelles élections. Une fois le gouvernent élu, les mêmes dissensions reprirent et le général Ne Win reprit le pouvoir 2 ans plus tard, jetant le gouvernent en prison, abolissant le parlement et mettant en place son Conseil Révolutionnaire de 17 membres pour emmener le pays vers le Socialisme. Toutes les échoppes nationalisées jusqu’à la plus petite, le pays commença à manquer de tout et surtout de travail. Pour attaquer les riches, tous les gros billets de banque (50 K et 100 K à l’époque) furent annulés et les détenteurs ruinés. Parmi eux, des commerçants indiens et chinois arrivés avec les Anglais furent expulsés.

De 1965 à 1988, la descente aux enfers de la Birmanie suivit le même chemin sous la même main, Ne Win s’étant reconverti en président de la République en 1981. En 1988, les birmans se révoltèrent, soutenus par la prédiction que le pays deviendrait libre le 8/8/88, démoralisés par la nouvelle annulation de billets de banque, dégoûtés par l’incompétence de leur gouvernement. La révolte fut écrasée dans le sang et, pour faire bonne figure, un faux coup d’état militaire fut organisé pour mettre au pouvoir le Général Saw Maung, avec la promesse d’élection en mai 1989. L’opposition se constitua autour de la fille du héros de la Nation, Aung San Suu Kyi et commença la campagne. Le gouvernement s’agita, abandonnant d’un coup le socialisme pour le capitalisme (sauf pour quelques industries), repoussant les élections.

En Juillet1989, Aung San Suu Kyi fut mise en état d’arrestation; en mai 1990, son parti, le NLD, remporta les élections mais les élus furent emprisonnés.
Depuis, la Junte se repositionne, essayant des ouvertures, mais l’Ouest la boycottant, c’est naturellement vers la Chine et l’Asean qu’elle se tourne. En 2007, à court d’argent, la Junte augmente les prix des carburants de 500%, poussant les birmans et notamment les moines dans la rue. Fermeture et répression sanglante de nouveau. Pour calmer le jeu, organisation d’un référendum en mai 2008, tenue en fin de mois malgré le cyclone Nargis du 3 mai qui fit des centaines de milliers de morts et 2 millions de sans abris. Selon les autorités, le référendum approuva à la majorité la constitution de la Junte. On est toujours en attente des élections qui devaient être organisées par la suite.

Bon, j’aurais pu m’arrêter aux guerres Mon - Bamar mais les rivalités d’hier ont tellement marqué le pays qu’il fallait pousser l’histoire jusqu’un peu plus loin pour comprendre qu’aujourd’hui, si la junte se retirait et laissait les rênes au NLD, nul ne sait si les vieilles tensions ne resurgiraient pas et si le pays ne retomberait pas dans le chaos. Les Shan, en commerce avec les Chinois pour le jade, l’émeraude et l’héroïne, sont déjà très bien armés et prennent beaucoup de liberté par rapport à la junte dans le Nord-Est. A quand la revanche sur les Bamar? Ou peut-être que les birmans sont prêts pour la démocratie, pour peu que la puissance étrangère qui mange le pays s’en accommode. En attendant, la Junte attaque systématiquement les minorités ethniques, déplaçant les populations, gommant les différences culturelles quand elle le peut. Plusieurs ethnies sont toujours en guerre ouverte contre la Junte (les Karen ou Kayin, les Kachin, les Shan de manière moins visible, les Wa qui vivent de la drogue, …).

Mais revenons à cette période de stabilité et de croissance que connut le régime il y a mille ans et qui permit à Bagan de devenir un lieu de pèlerinage dans toute l’Asie du Sud Est, avant de tomber et d‘être à la main de bandits et de mauvais esprits (les nat) pendant 400 ans.
Ou plutôt allons voir.

Notre taxi, patient car grassement payé, nous a accompagnés successivement dans 3 hôtels avant que nous ne trouvions notre bonheur. Une grande chambre triple avec un matelas en plus, en face de la pagode Shwezigon à Nyaung U. Etant tous mal en point, la fin de la première journée se limita à du repos et à la visite de la belle paya Shwezigon avec des enfants du village.

03 Bagan - Shwezigon Paya 02

03 Bagan - Shwezigon Paya 06

03 Bagan - Shwezigon Paya 19 03 Bagan - Shwezigon Paya 41

03 Bagan - Shwezigon Paya 11

Virginie étant toujours trop malade, nous sommes allés manger entre hommes, regardant un spectacle de marionnettes au passage.

03 Bagan - Puppet show 06

Pour notre première vraie journée de visite, nous prenons une carriole à cheval très confortable pour parcourir toute la zone et prendre nos repères.

03 Bagan - Ballade calèche 01

 Les enfants adorent, ce sont eux qui conduisent, et cela nous permet de ne pas souffrir trop du soleil. Nous sommes en effet dans le centre sec du Myanmar et il fait vraiment chaud. La saison chaude s’étend de mars à mai avant la mousson; ce sont les vacances scolaires.

Nous passons la mâtinée à passer de temples en temples, certains permettant de voir le paysage. Les enfants s’en donnent à cœur joie car il faut dénicher des escaliers de pierre dérobés et gravir dans le noir avant d’arriver sur une plateforme.

03 Bagan - vue Bagan 03 03 Bagan - vue Bagan 05

03 Bagan - vue Bagan 16

03 Bagan - Htilominlo Pahto 02

03 Bagan - Anando Pahto 03

Il y a des temples à perte de vue, des tout-petits et des grands imposants comme des cathédrales. Dans les grands comme dans les petits, des Bouddhas dorés sont postés aux quatre points cardinaux.

03 Bagan - Shwegugyi Pahto 02

03 Bagan - vue Bagan 40

Nous faisons une pause entre 13 et 16 heures pour manger et faire l’école avant de repartir en carriole et finir par le coucher de soleil en haut d’un temple. Sur un des temples, Théo se fait habiller en habit traditionnel, le longyi, et se fait enduire le visage d'une mixture le protégeant du soleil. Tous les birmans ont ces belles couleurs sur le visage. J'en fais de même.

03 Bagan - Mahabodhi Paya 07

03 Bagan - vue Bagan 23

Malheureusement, pendant la saison sèche, comme dans tous les pays d’Asie, la visibilité n’est pas bonne, l’air est poussiéreux et le soleil disparaît dans une couche grise avant de se coucher. Il faut venir après les pluies, en octobre - novembre, pour avoir la meilleure visibilité.

C’est un moment très agréable quand même que de voir le jour décliner en haut d’un temple, dans le silence, seulement troué par des cris d’enfants qui jouent aux cartes. Tiens! Ce sont les miens!

03 Bagan - Ballade calèche 04


Le lendemain, nous louons des vélos pour re-parcourir la zone à notre rythme et explorer de nouveaux endroits. Il nous faut un long moment pour régler les vélos qui ne sont pas vraiment de la taille des enfants et nous partons tard. La chaleur devient vite très forte mais nous progressons vers de nouveaux sites.

Sur les sites les plus touristiques, il y a toujours des marchands de bibelots, de peinture de sable, de cartes postales. Sur un des sites, pour changer, une jeune fille nous propose d’acheter son petit frère pour 1 dollar. C’est pour rire, mais connaissant la passion de Théo pour les bébés, j’ai un peu peur qu’il la prenne au mot!

03 Bagan - Ballade vélo 01

03 Bagan - Soulamani 05

Aujourd’hui, nous nous concentrons sur les temples dans lesquels des peintures ont été conservées (1000 ans quand même). Certains ne peuvent pas être pris en photos mais sont de toute beauté.

L’après-midi, la troupe est moins vaillante car le mal aux fesses se fait sentir, si bien que je dois prendre Louis sur mon porte-bagages.

Pour le coucher du soleil, je laisse Virginie et les enfants sur une paya où sont rassemblées quelques personnes et je roule seul vers une autre paya où il n’y a personne, si ce n’est une vieille femme qui fait brûler de l’encens pendant que je regarde le soleil se coucher. Même chose qu’hier, la couche de poussière masque le coucher mais le moment est très agréable.

03 Bagan - vue Bagan 56

En tous cas plus que le retour qui se fait dans le noir sans lumière et les pneus à plat.

Comme nous sommes toujours en liste d’attente pour notre vol pour Heho, nous passons une autre journée à Bagan.
Nous en profitons pour aller voir le marché de Nyaung U et faire bouger un peu la compagnie aérienne qui finit par nous donner des billets pour le lendemain. Nous passons une journée tranquille à nous reposer. La santé revient pour tout le monde. Et une bonne nouvelle enfin, la dent de Louis est enfin tombée! Cela faisait plusieurs jours qu’on attendait cela (et surtout que Louis arrête de se mettre les doigts dans la bouche continuellement). La photo au marché, c'est avant la dent (pas content!).

03 Bagan - marché Bagan 01

03 Bagan - la dent 01

Bagan est un site vraiment extraordinaire, peut-être encore plus joli après les pluies de mousson, mais qui nous a ravis pendant 3 jours. Là comme ailleurs, les birmans sont toujours souriants, curieux des enfants et très prévenants.

Bagan est aussi un site largement investi par le gouvernement et par leur cher ami Tay Za, l’entrepreneur qui détient, entre autres, la compagnie Air Bagan. Quand vous payez la taxe d’arrivée dans la zone archéologique, on vous donne une petite carte portant au dos les logos des compagnies sponsorisant Bagan; que des compagnies de Tay Za. Dans les années 90, la zone a été déclarée interdite à l’urbanisme et les villageois qui habitaient depuis des années sur le site se sont faits expulser (de Old Bagan) pour aller reconstruire leur village plus loin (New Bagan village). Depuis, il a été permis à Tay Za de construire 2 palaces en plein milieu du site, dont un contient une tour d’observation gigantesque (payante). En contrepartie, Tay Za a reconstruit un palais à l’image de celui des rois d’antan sur le site.

Le lendemain, nous partons tôt vers l’aéroport, qui est peut-être le plus moderne du Myanmar, ce qui s’accorde avec le caractère hyper-touristique du site. Nous sommes étonnés de voir autant de personnes, de groupes de français, d’allemands, de chinois, …, à l’aéroport car nous ne les avons pas croisés sur le site ou en ville. Ils devaient dormir dans des resorts adéquats et voyager en bus pendant que nous étions à vélo. Nous croisons aussi un couple de français en harmonie avec le pays: pour lui, mocassins en daim Weston, jean foncé, chemise blanche, poches, grande veste safari beige et longs cheveux blancs permanentés; pour elle, bottes hautes à talons, jean foncé, chemise blanche à long col, foulard coloré, lunettes de marque sur les cheveux, sac Vuitton voyage, maquillage de brousse. Il fait super chaud mais ils tiennent le coup, c’est la classe.

Nous partons vers le Centre Est, pour Heho puis Kalaw, en montagne, pour aller marcher. Ensuite, nous nous rendrons au Lac Inlé.

Bagan

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 13:41

Lever 4h00. Notre hôtesse nous a gentiment préparé un petit-déjeuner. Nous roulons dans le taxi fenêtres ouvertes pour enlever la buée. Malgré la fraicheur et la pluie qui le mouille, Louis se rendort.
Le taxi roule à 2 km/h dans le noir, sans phares parce qu’ils ne marchent pas. Aux croisements, c’est la chance qui décide s’il y a accident ou pas.

Nous arrivons en retard à l’aéroport et c’est la désorganisation totale pour l’enregistrement. 4 personnes papillonnent autour des valises et des billets, essayant de traiter 2 dossiers en même temps mais prenant 10 fois plus de temps. C’est la frénésie pour poser un coup de tampon. Le contrôle des passeports est simple, il faut compter les passeports. 4 passagers, 4 passeports, c’est bon.
Dans la salle d’embarquement, un gars portant la pancarte de l’avion qui va décoller rameute les passagers en gesticulant. A côté de l’aéroport international aux allures neuves, le domestique est vieux et à l’abandon. Les câbles tombent des plafonds, des machines débranchées sont entassés dans des coins. Je n’aimerais pas voir la tour de contrôle.
Notre premier vol sera sur Air Bagan, compagnie soi-disant privée mais dont tout le monde dit qu’elle est affiliée à la junte. Difficile de voir comment on peut faire du business à grande échelle sans avoir affaire avec la junte de toute façon. C’est une compagnie neuve qui mise sur le service. Pour se démarquer, ils ont acheté des bus neufs pour transporter les passagers jusqu’à l’avion. De beaux bus rectangulaires pour trancher avec les vieux bus pourris des autres compagnies. Mais au volant, ils ont le chauffeur de taxi lambda. Dès qu’il accélère, il se met debout sur la pédale de frein pourtant sensible et, dans le bus, tout le monde fait du houlahop puis tombe. Il ne regarde pas dans les rétroviseurs et on manque de se prendre un avion qui est remorqué sur la piste. Dans le bus, ce sont de grands soupirs de résignation. Devant l’avion, 5 personnes munies de grands parapluies attendent les passagers devant les portes du bus pour les protéger de la pluie jusqu’aux marches mais le chauffeur ouvre les portes de l’autre côté, côté piste. Là, ce sont les PNS qui poussent des grands soupirs.
Le vol dure 1h15 et on nous sert des croissants fourrés au thon et du coca, ou du fanta ou en insistant de l’eau. Le service à l’américaine quoi! Comme il y a de nombreux orages, le pilote zigzague entre les dépressions et l’ATR 72 prend des allures d’avion de chasse. Quand nous arrivons sur Mandalay, il fait beau, il est encore tôt et il fait déjà chaud. Nous sommes fatigués mais cela fait du bien de voir le soleil.

L’aéroport, pour une raison inconnue, est placé à 45 kilomètres de la ville, donc à une heure de route. Cela nous laisse le temps de voir la vie dans les villages traversés. Nous doublons des bus bondés, des bus en panne pleins de passagers, des bus avec plus de passagers sur le toit qu’à l’intérieur et cela nous met une petite appréhension pour les jours suivants.

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Nous voyons sur le bord de la route 500 mobylettes en rang, un tas impressionnant, sans raison visible. Au prochain tas, nous arrivons à discerner la pompe à essence en bout de file…
Aux abords de Mandalay se construit une grande route et surtout un immense rond-point. Une centaine de birmans, hommes, femmes, enfants, travaillent sous le soleil à faire du mortier, à bouger du sable, à effectuer le dessin absurdement compliqué de la décoration du rond-point avec des briques. Il va falloir des semaines de travail pour compléter cet édifice sans aucun doute indispensable.

L’arrivée sur Mandalay est surprenante car le nombre de voitures, de mobylettes de taxis partagés, de bus, …, est bien plus grand qu’à Yangon, qui est pourtant 4 fois plus grande. La pollution est étouffante et le bruit incessant. Nous n’avons pas réservé de chambre mais nous faisons déposés devant un hôtel de la ville pour négocier. Après être partis de l’hôtel 3 fois, le prix passe de 50 dollars la triple à 35 dollars avec un lit en plus. Pour sauver la face, ils ne nous feront que 3 petits déjeuners (en fait ils en feront toujours 4 mais bon sur le moment ça compte). Nous voulions cet hôtel car la chambre est grande.

Après avoir déballé, nous partons à la recherche d’un restaurant pour le midi. Nos premiers pas dans la ville nous montre des rues poussiéreuses mais en meilleur état que celles de Yangon. Les gens nous interpellent pour nous dire bonjour et nous demander d’où nous venons. Les enfants attirent les sourires de tous les passants. Nous croisons beaucoup de jeunes moines qui passent de maisons en maisons pour l’aumône.

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Notre premier stop est pour un restaurant typique bamar qui ne dit rien du tout aux enfants. Tous les plats sont en sauce épicée. Nous poussons donc plus loin pour trouver un autre resto du Lonely. 20 minutes plus tard, nous nous apercevons qu’il a disparu… Le soleil n’aide pas à convaincre les enfants de reprendre la marche et comme nous n’avons absolument rien croisé sur le chemin, nous rentrons vers l’hôtel pour repartir dans un autre sens. Cela fait assez bizarre de marcher dans un centre ville et de ne voir aucun restaurant! Près de l’hôtel, il y a un restaurant pour touristes européens donc au-dessus de nos moyens. Tant pis pour aujourd’hui, nous commandons le plat le moins cher de la carte: 3 hamburgers de poulet pour 4. C’est chiche mais on fera avec. A la table voisine, un couple s’envoie des bières avant d’ouvrir une bouteille de vin. Les serveurs font moins attention à notre table, va savoir pourquoi.
Nous passons l’après-midi à préparer les jours suivants, à compter et à recompter nos dollars, à imaginer des alternatives pour économiser sur les trajets et les activités. Le poste « nourriture » va sérieusement poser problème!

Je pars donc en ville à la recherche d’un marché pendant que Virginie fait une lessive et fait l’école.
Les rues fourmillent encore de moines, soit habillés de rouge, soit habillés de rose et brun. La progression est difficile car je suis accosté par de nombreuses personnes et on me propose un taxi toutes les 2 minutes. Un conducteur de rickshaw me montre son manuel d’anglais qui date de 1941, bourré d’expressions utiles comme « votre fils est-il en pension dans le Sussex? ». Il connait aussi 10 phrases en français. Le marché soulève le cœur. De petits étals d’abats attirent les mouches. Les passantes tripotent les entrailles de porc, les soupèsent tandis que les vendeuses découpent des cœurs et en jettent des morceaux aux clients. Les stands de fruits sont plus abordables mais on me fait le prix touriste continuellement. Je finis par acheter en même temps que les locaux pour payer plus ou moins le même prix. Les fruits sont en majorité importés de Chine. Il y a aussi un grand marché labyrinthe où tout se vend, mais après quelques travées, j’abandonne.

 

02 Mandalay - Vue ville 13 02 Mandalay - Vue ville 16

Marcher en ville me fatigue vite (petite nuit) mais se révèle être assez plaisant malgré les odeurs d’échappements.

En fin d’après-midi, nous passons à une agence de voyage pour regarder nos options de transport puis prenons un taxi pour nous rendre à la colline qui surplombe Mandalay.

Cette colline qui possède de nombreux temples abrite entres autres un Bouddha qui pointe du doigt l’endroit où la nouvelle capitale du royaume devait être construite. Bouddha fit une prophétie 2400 ans avant la construction de Mandalay en indiquant où la ville royale devrait être construite. Ce bouddha est malheureusement en réfection mais la lente montée des 1700 marches de la colline donne de beaux paysages sur la ville. C’est aussi l’occasion de discuter avec des moines qui nous accompagnent et qui nous parlent de leur mode de vie. Nous traversons des forêts de stupas. En haut, les enfants font les fous en courant autour du chedi tandis que nous admirons le coucher de soleil sur l’Irrawaddy.
Dès que la ville s’arrête, le fleuve, les montagnes, les rizières prennent le pas et les alentours sont magnifiques.

 

02 Mandalay - Mandalay Hill 08 02 Mandalay - Mandalay Hill 10

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La vue sur la ville montre l’omniprésence de l’ancien palais royal, une enceinte de 2 kms sur 2 kms au milieu de la ville, fermée, remplie de nature avec au centre le palais. Il se visite en payant une taxe au gouvernement, ce que nous ne ferons pas. Autour de cet espace vide, la ville grouille.

Il fait nuit quand nous redescendons et nous ne savons pas où aller manger. Après des négociations infructueuses avec des taxis, nous nous laissons tenter par un rickshaw, qui insiste pour nous prendre tous les 4 sur son vélo. Il mérite bien le prix de la course! Il loue le vélo et pédale toute la journée, pour transporter des marchandises ou des passagers. Il fait aussi taxi-moto ou taxi-voiture selon ce que son boss veut bien lui louer.

 

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A notre demande, il nous conduit vers le quartier Shan, au sud de la ville. Il nous arrête au milieu du marché. Nous faisons quelques stands mais la barrière de la langue est complète alors nous montrons le bol d’un monsieur qui a l’air de manger des nouilles. Nous prenons 3 bols de nouilles puis un bol supplémentaire sans assaisonnement. Nous faisons ensuite un petit tour du marché pour acheter des fruits. Les passants et vendeurs se retournent sur les enfants, les montrent du doigt tout sourire.
Nous rentrons ensuite à pied (ou sur le dos), épuisés par cette journée qui a commencé à 4h00 du matin.

La nuit n’a pas été de tout repos. Théo a été malade, régulièrement, toutes les heures, entre 1h00 et 5h00. Il faut dire que les bols de nouille ont été lavés devant nous avec de l’eau croupie, de couleur marron claire. Pour rajouter à l’infortune, l’eau était coupée dans l’hôtel donc pas moyen de laver Théo ou les couvertures souillées, de vider les toilettes ou le lavabo...

Au matin, impossible de partir pour l’expédition prévue: la découverte des anciennes capitales royales.
La journée doit forcément être une journée de repos, ce qui n’est pas facile pour Louis qui est le seul à être en pleine forme. Que de brouilleries et de larmes encore pendant cette journée !
Et quelle angoisse quand approche l’heure du repas! Où allons-nous pouvoir manger si nous ne n’avons pas assez d’argent pour les quelques restos à touristes et si les stands locaux sont insalubres?
Théo n’est de toute façon pas en état de manger donc nous le laissons à l’hôtel et nous nos rabattons sur le resto européen d’à côté pour essayer de reprendre des forces en mangeant un vrai repas. Nous trouverons une solution pour le soir pour compenser le prix du midi.

L’après-midi est illuminée par la découverte des étrennes des enfants: des billets, des euros! Encore faut-il pouvoir les changer! L’hôtel nous assure que n’importe quelle agence de voyage le fera à un taux de 1100 K. C’est la fortune, nous allons pouvoir manger. Petite joie des nantis dans les pays pauvres…
J’écume l’après-midi les agences de voyages qui se trouvent à des kilomètres les unes des autres. Cela me permet de visiter la gare vitrine de Mandalay, énorme bâtiment de 4 étages, vide, d’où partent quelques antiques trains.
Une seule agence accepte de changer les euros en fait, mais à un taux de 950 K, pratiquement le taux du dollar. Ce n’est pas encore la fortune finalement.

En fin d’après-midi, tout le monde a plus ou moins mal au ventre. Nous voudrions poursuivre notre voyage en prenant le bus vers Monywa (4-5 heures s’ils veulent bien nous laisser monter car la ligne est connue pour ne pas transporter facilement les étrangers), puis un autre bus de piste de 4 h vers Pakkoku avant de prendre un bateau pour descendre l’Irrawaddy vers Bagan. C’est l’option la moins chère et la plus pittoresque car elle emprunte le bus local mais vue l’état des troupes, le bus birman semble être au-dessus de nos forces. Nous cherchons donc un bateau nous emmenant directement de Mandalay vers Bagan. Nous en trouvons un qui dure 15 heures (au mieux), un omnibus. Nous verrons demain pour le réserver.
Le soir, après avoir demandé au concierge de l’hôtel un resto où nous pourrions manger du riz blanc dans le coin, nous errons 30 minutes avant de rentrer et de manger 1 toast que l’hôtel voudra bien nous donner. C’est le point d’orgue du séjour.

Le lendemain, Virginie est la plus mal en point mais nous décidons de partir tout de même en excursion, plutôt que de devenir fous à l’hôtel. Nous avons au programme la visite des anciennes capitales royales que furent Amarapura, Inwa et Sagaing. Les birmans ont en effet comme habitude de déménager leur capitale régulièrement, au gré de la reconstruction du royaume, démontant les palais mais laissant les temples.
La junte a d’ailleurs récemment construit ex nihilo une nouvelle capitale, au milieu du pays, délaissant Yangon. Pour perpétuer la tradition, ou se mettre à l’abri.

Nous avons pris un chauffeur pour la journée, Mohammed, dont la voiture a son âge. Mohammed a les cheveux blancs.
Il nous a tout d’abord emmené à Mahamuni Paya, un des sites bouddhistes rouge et or les plus connus du pays, pour le Bouddha qu’elle contient. Ce vénéré Buddha Mahamuni fut dérobé en 1784 dans la ville de l’Ouest de Mrauk U où il avait résidé plus de 1700 ans. Coulé à l’origine en bronze, il a depuis été recouvert d’or par tous les fidèles qui passent. Seuls les hommes ont le droit de pénétrer dans l’enceinte pour apposer leur feuille d’or.

 

02 Mandalay - Mahamuni Paya 04 02 Mandalay - Mahamuni Paya 06

 

Le temple contient aussi des statues de bronze khmers qui ont pas mal voyagé. Originaires d’Angkor Wat, elles furent volées par les Thaïs et ramenées à Ayuthaya, où elles furent volées par un roi birman et ramenées à Bago (capitale de royaume d’alors près de Yangon), puis volées par un roi Rakhaing (Ouest de la Birmanie) et enfin volées en même temps que le Bouddha à Mrauk U. Toujours est-il qu’on leur prête le pouvoir de guérir les maux de la partie du corps qu’on leur frotte. Nous sommes restés un moment à leur frotter le ventre.

 Nous avons ensuite visité les petites échoppes d’artisans qui sont établis près du temple. Sculptures de marbre et sculptures de bronze (les seuls artisans du pays). Nous avons pu observer la technique de double moule utilisée pour les statues de bronze et la maitrise des tailleurs de marbre.

 

02 Mandalay - Mahamuni Paya artisans 01

Quand Louis a glissé dans une flaque de boue, 3 femmes se sont précipitées pour lui laver les chaussures, les pieds, le short, … Plus qu’attentionnées.

Nous avons parcouru plusieurs payas blanches et discuté avec le « président » d’un des temples. Nous posant des questions sur notre voyage, il nous confiait qu’il avait beaucoup de peine pour les gens du Laos, car « ils sont très pauvres là-bas ». Comme quoi il y a toujours plus malheureux que soi. Alors, nos problèmes d’argent à nous …  Nous avons ensuite progressé vers le monastère de Maha Ganayon Kyaung.

 

02 Mandalay - Paya à Amarapura 12 02 Mandalay - Paya à Amarapura 15

02 Mandalay - Paya à Amarapura 04 02 Mandalay - Paya à Amarapura 09

02 Mandalay - Paya à Amarapura 02

Ce monastère abrite plusieurs milliers de jeunes moines qui tous les jours vers 10h30 font la queue devant des fidèles qui remplissent leur écuelle, avant qu’ils n’aillent manger en silence dans d’immenses réfectoires.

 

02 Mandalay - Maha Ganayon Kyaung

 

La scène se déroule malheureusement devant de nombreux groupes de touristes qui n’hésitent pas à rentrer dans le réfectoire en mettant leur appareil sous le nez des moines qui mangent. Nous fuyons alors, accablés par l’attitude de ces malotrus, dont les ¾ sont français.

Nous partons vers Sagaing, qui fut un temps capitale royale, mais qui resta surtout un haut lieu spirituel avec ses 500 stupas et ses 6000 moines. Colline au bord de l’Irrawaddy, Sagaing est une région très calme, tournée vers la méditation. Il faut gravir un long escalier (comme pour Mandalay hill) et c’en est trop pour Virginie et les enfants qui stoppent en route. Après avoir visité le temple principal, très coloré, je redescends et les trouve en discussion avec un moine. Entre jeux avec les enfants et discussion sur la vie de moine, nous passons ici un moment de repos avant d’aller déjeuner.

 

02 Mandalay - Sagaing hill 01 02 Mandalay - Sagaing hill 18

02 Mandalay - Sagaing hill 06 02 Mandalay - Sagaing hill 13

 

Nous demandons à notre chauffeur un lieu simple où l’on peut manger du riz blanc et il nous emmène dans un boui-boui à l’hygiène douteuse mais où il y a du riz blanc, que nous accompagnons de poulet (viande la plus chère ici, alors que nous en prenions à chaque fois pensant prendre le plat de base). Pour le dessert, des boules de pains de riz remplis de noix de coco et de sucre ou de pâte de haricots. Bien bourratif et excellent.

Pour commencer l’après-midi, nous nous dirigeons vers Inwa, qui détient le record de durée pour une capitale royale en Birmanie (400 ans). Inwa est coupée des routes par la rivière et des canaux et est un endroit très rural, qui voit malgré tout beaucoup de touristes. Une taxe touristique permet de visiter les lieux dits les plus intéressants mais nous l’éviterons en nous baladant dans la campagne. Après avoir pris le bac, nous louons une carriole à cheval et prenons divers chemins croisant des petits villages et des temples. Nous croiserons malheureusement de nouveau un groupe de français faisant honneur à leur pays de la meilleure manière: à la sortie d’un temple où s’étaient installés des vendeuses de bijoux et de tableaux, ils marchandent d’arrache-pied des objets dont le prix est toujours inférieur à 5 euros et cassent la négociation en criant: « non mais tu te croies sur la croisette ou quoi?!». Envoyer cela à un birman, il faut quand même oser.  

02 Mandalay - Inwa Bagaya Kyaung 11 02 Mandalay - Inwa village 01

 

C’est très paisible mais terrassant car il fait très chaud. Au retour, Virginie manque de défaillir.

Nous finissons l’après-midi autour du pont U Bein à Amarapura. C’est le plus long pont de teck du monde (1500 mètres) et il permet aux villageois et aux moines de traverser un lac et de relier le village de Taungthaman. C’est un grand lieu de passage et un beau lieu de vie, d‘où l‘on peut observer les paysans et leur char à bœufs, les pécheurs et leur filet. Il est jalonné de haltes ombragées avec des bancs. Nous prenons 2 heures pour le traverser dans les 2 sens et visiter une paya de l’autre côté. Les enfants jouent avec d’autres enfants sur le pont, dans le temple. En fait, la plupart du temps, ils se font tripoter (c’est leur terme) et prendre en photo mais ils en font un jeu de course poursuite qui les amuse.

 

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02 Mandalay - Amarapura Kyauktawgyi Paya 02 

 

Le coucher de soleil sur le pont est très paisible et nous fait le plus grand bien.  

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Nous finirons la journée dans un restaurant Thaï, trouvé dans un guide, pour manger quelque chose de connu. Nous irons changer des euros le lendemain donc nous pouvons sûrement nous le permettre.

En fait, le lendemain est un dimanche et l’échoppe dans laquelle nous pensions changer de l’argent est fermée. J’en suis réduit à changer à l’agence de voyage à un taux dérisoire. Pendant que j’y suis, je prends des billets d’avion pour Bagan. Virginie se sent toujours mal et les 15 heures de bateau nous semblent être peu opportunes dans cette situation.

Nous embarquons l’après-midi et quittons Mandalay, contents d’avoir vu la campagne autour et ce que nous imaginions être la Birmanie, déçus de ne pas avoir pu profiter de notre visite pour aller voir un spectacle de marionnettes traditionnel ou le spectacle des Moustache Brothers, des comiques dissidents sur lesquels nous avions vu un reportage, mais pas fâchés de quitter la ville bruyante et si peu propice à nos chères agapes. Les Birmans que nous avons rencontrés ont été charmants, fidèles à leur réputation, obnubilés par les enfants. Nous partons de Mandalay avec une expérience vraiment bizarre; ce n'est pas facile pour l'estime de soi de se mettre des problèmes d'argent dans un pays qui a si peu. Malgré tout, le moral remonte doucement.

Mandalay

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Published by Famille Ducasse - dans Myanmar
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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:47

Encore un choc à l’arrivée! Cela fait une semaine qu’il pleut à Yangon, la température a perdu 15 degrés, il fait une vingtaine de degrés contre les 38°C de Bangkok.

Notre hôtel a envoyé quelqu’un nous chercher à l’aéroport donc la sortie s’opère très rapidement et nous voilà vite … coincés dans un embouteillage.

C’est marrant, la junte a réinstauré la conduite à droite en une nuit dans les années 70 mais 80% des voitures sont faites pour la conduite à gauche (elles ont plus de 40 ans) et cela rend les dépassements acrobatiques. La ville a l’air un peu décrépie mais la pluie n’aide pas. Nous verrons demain.

Arrivés à notre hôtel, nous prenons possession de 2 petites chambres sans fenêtres, sentant le renfermé et la cigarette. Une petite douche froide et nous ressortons sous la pluie pour aller changer de l’argent.

Nous avons emmené 2500 dollars avec nous (billets neufs sinon ils sont sans valeur pour les birmans), dont 1000 vont partir dans des billets d’avions internes et il nous faut changer une partie du reste en kyats. Ici, on ne change pas dans les banques mais au marché noir ou dans les hôtels. Nous prenons un taxi en utilisant un dollar neuf que le chauffeur inspecte avant de nous laisser monter. Le marché étant fermé, nous nous dirigeons vers un hôtel qui a la réputation de faire du change à un taux très compétitif. Quand le dollar vaut 1250 K au noir, il vaut 1200 K dans cet hôtel et 950 K officiellement.

Mais aujourd’hui, le dollar n’est pas à 1200 K comme nous l’avions cru en lisant le Lonely ou les blogs mais à 850 K! Ce n’est pas de l’arnaque, il est à 860 K au noir et à 830 K dans notre hôtel. C’est juste que les cours ont dramatiquement chuté et que je n’ai pas pris la peine de vérifier, croyant que les fluctuations kyat-dollar étaient mineures.

Le problème, c’est qu’au Myanmar, ils ne prennent pas la carte bleue et on ne peut pas tirer de l‘argent au distributeur. Tu viens avec tes dollars et quand tu n’en as plus, tu pars. Nous avions calculé notre budget avec un dollar à 1200 K … Il va falloir être créatif pour rattraper 30 % de perte de change! Cela va nous mettre sous pression, il va falloir annuler des activités.

Pour oublier cela, nous sautons entre les flaques des rues sombres (il y a un lampadaire dans les grandes rues et peu de grandes rues) pour aller avaler quelque chose avant de nous coucher. Nous entrons dans un boui-boui indien qui sert dans de grosses marmites louches du butter-rice et du chicken-biryani. Nous passons commande mais ils ne comprennent pas du tout ce que nous voulons et nous nous retrouvons avec 3 chicken butter-rice au lieu d’un chicken-biryani et de 3 butter-rice. Tant pis, nous non plus ne sommes pas encore au point sur les « bonjour » et « merci ». En tous cas, les riz sont délicieux et avec une banane achetée dans la rue, cela fera un bon repas.

Il faut ensuite patienter sous la pluie et négocier avec les taxis qui passent pour rentrer à l’hôtel. Autant c’était facile lorsque nous avons offert de payer en dollars, autant c’est ardu lorsque l’on paye en kyat. Pour le même trajet, le prix de la course en kyat par rapport à celle en dollar est au mieux le double.

Il pleut toute la nuit et tout le jour suivant et toute la nuit suivante et le jour suivant ... Cela fait moins mal au cœur de faire l’école quand il pleut mais cela ne remplit pas une journée et pour visiter la ville et admirer les splendeurs dorées de la pagode la plus vénérée du pays, c’est plus dur.

Nous ressortons donc tout l’attirail: pantalons, chaussettes, chaussures, vêtements de pluie, puis re-rangeons les chaussures et chaussettes car c’est trop compliqué pour les temples. C’est mieux car sinon on se serait senti en Nouvelle-Zélande!

Nous partons sous la pluie pour tout d’abord aller chercher nos billets d’avion. Après une mauvaise négo sous la pluie, nous nous faisons emmener à l’adresse indiquée par le Lonely. Au bout d’une heure, ayant assez tourné, le taxi conclut que ce n’est pas la bonne adresse. Ayant par bonheur l’iPod sur moi, je récupère un vieux mail où nous dénichons la vraie adresse. Merci le Lonely, la nouvelle adresse se trouve beaucoup plus loin. Le chauffeur double la course. Chemin faisant, nous passons devant la maison d’Aung Saun Suu Kyi, qui n’est plus bloquée (« elle est libre » nous assure le taxi). Nous arrivons mouillés à l’agence car le taxi n’ayant pas de ventilation, il doit laisser les fenêtres ouvertes pour éviter la buée.

Une fois nos billets en poche, nous repartons à pied pour trouver un endroit où manger. Nous nous installons dans un restaurant vide qui nous prépare un riz passable.

01 Yangon - restaurant 04

Bravant les éléments, nous reprenons un taxi pour aller voir la pagode Shwedagon. Le chauffeur est manifestement sous l’emprise d’une substance dangereuse mais euphorisante et il ne vit pas la course comme nous! Pour changer des noix de Béthel, il mâche une pâte verdâtre qui fait une jolie couleur quand il crache. Pour ouvrir la porte du taxi, il faut descendre la fenêtre en tirant dessus, ouvrir par dehors puis essayer de remonter la fenêtre en poussant. Cela marche plus ou moins.

En fait, de jour, la ville n’est pas plus à son avantage que la nuit. On voit les bâtiments noirs défoncés, les trottoirs avec des trous dans lesquels peut disparaître une famille de 4 aisément, les voitures en autodestruction qui navigue, les rues en crues, débordant des pluies incessantes. Il n’y a pas de poubelles mais des tas et des chiens. Nous passons aux abords de la pagode devant des bidons-villes de planches vermoulues.

La montée vers la pagode par l’entrée Est passe devant de nombreux vendeurs d’objets de piété. C’est une montée à l’abri sous des chapiteaux de bois avec des fresques sculptées. Nous débarquons enfin sur la plateforme principale, sur laquelle s’élève la grande pagode, ainsi que des centaines de petits temples, de zedis, de statues, de niches pour Bouddhas, etc. Le tout recouvert d’or, de rouge de vert, de toutes les couleurs.

En plein soleil, l’or de la pagode et les temples aveuglent le visiteur, tandis que le clocher serti de 1110 diamants et plus de 1000 autres pierres précieuses qui soutient le globe final serti de plus de 4000 diamants transpercent les fidèles de leurs rayons. Photo de photo.

01 Yangon - Shwedagon paya 05
Aujourd’hui, les capuches des K-way aveuglent les visiteurs et les milliers de gouttes de pluie transpercent les pantalons. Le sol de marbre est extrêmement glissant, on se croirait en chaussures sur une patinoire.

Le plus beau temple d’Asie du Sud-Est n’est pas à son avantage aujourd’hui. Il nous faut en plus payer une taxe au gouvernement pour admirer la pagode et c’est rageant.

01 Yangon - Shwedagon paya 03

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Après avoir fait les pingouins autour des différents temples, nous repartons par une autre entrée pour nous diriger vers l’ambassade de France. Nous voulons les prévenir de notre séjour ici.

Nous suivons le plan du Lonely en nous faisant tremper par les bus qui passent et qui soulèvent des vagues noires dont l’écume achève nos pantalons. Nous passons devant de grands immeubles d’habitation en ruine. Et puis, il fallait s’y attendre, au bout de 45 minutes, nous arrivons devant le bâtiment de l’ambassade qui n’abrite pas du tout l’ambassade mais les archives nationales birmanes…

Un taxi pour rentrer à l’hôtel. Le moral passe son Padi niveau IV et part pour une plongée profonde. Impossible de voir le fond.

Les enfants sont sur les nerfs, ils se chamaillent, nous sommes fatigués, nous nous disputons tous.

C’est le pire jour de ce tour du monde, sans aucun doute possible. Enfin pour l’instant.

Le soir, nous cherchons un resto indiqué par le Lonely, qui n’existe pas (sic). Nous n’avons pas les moyens de nous payer un resto normal pour touristes et nous finissons par acheter une soupe à emporter et une cuisse de poulet sur un barbecue de rue.

La pluie continue à marteler les vitres et il fait froid lorsque l’on se couche. Lorsqu'on touchera le fond de la piscine, un petit coup de talon et on remontera.

Demain, lever 4 heures du matin pour attraper l'avion de Mandalay.

Yangon

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 16:15

Nous partons demain pour le Myanmar (la Birmanie) et les connexions internet ne sont pas faciles quand elles sont autorisées. Nous y resterons 15 jours puis irons directement au Cambodge le 30 mars.

 

Je suis en retard sur le blog (il me manque l'article sur Chiang Rai) et cela risque de ne pas s'améliorer en Birmanie.

 

Vous risquez de ne rien voir pendant 15 jours et je sens vos larmes monter. Cela me peine de vous voir pleurer pour cela alors que vous avez repris des nouilles en regardant les images du tremblement de terre au Japon ou la défaite de la France au rugby! Accrochez-vous et vous serez récompensés!

 

A tantôt

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Published by Famille Ducasse - dans Thaïlande
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