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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:49

JOUR 1

Premier réveil à Ushuaia, le soleil que nous sommes venus chercher est au rendez-vous. Bonne surprise, le petit déjeuner est excellent dans l’auberge. Nous nous gavons de délicieux croissants (les meilleurs mangés en Argentine). Ils viennent de la boulangerie d’à côté, boulangerie dont on entend le pétrin tourner le matin. Au début cela peut déranger mais c’est pour la bonne cause!

Une décision unanime condamne l’école pour aujourd’hui; maîtres et élèves sont trop fatigués!

Nous allons nous dégourdir les jambes sur le port pour découvrir la ville, les épaves.

A14 Ushuaia - rue 01   A14 Ushuaia - port 03

Ushuaia est coincée par la montagne et s’étale vers l’Ouest. La pente est vite très forte quand on s’éloigne du port.

Quelle n’est pas notre surprise de voir que Tata Sara a ouvert un petit commerce ici! Sacrée entrepreneuse quand même! Elle est partout en ville! Grosses bises Tata Sara. A bientôt en Thaïlande!

A14 Ushuaia - elle est là 01 

A14 Ushuaia - elle est là 03 

Comme il fait beau, nous programmons une sortie en mer pour l’après-midi. La mer d’huile, l’absence de vent et le soleil vont nous permettre d’explorer le Canal de Beagle de la meilleure manière. La dernière fois que l'on s'est dit cela, c'était à Bariloche et cela avait été une mini-déception mais là, nous sommes sûrs de notre coup!

C’est un petit bateau sur lequel nous sommes 12, capitaine et guide compris! Le guide est excellent, attentif, marrant, très intéressant. Cela change de nos expériences récentes!

A14 Ushuaia - Traversee 09 

Le canal est séparé en 2, au Nord le côté Argentin, au Sud le Chilien. Il est bordé de belles montagnes des 2 côtés. Nous quittons doucement la baie d’Ushuaia et entrons dans le Canal Beagle. Les 2 océans bataillent ici pour marquer leur territoire et c’est le Pacifique qui gagne et pousse l’Atlantique. Les courants créés amènent de nombreux planctons et mollusques, qui attirent de nombreux poissons, qui régalent les lions de mer et les cormorans. Les petites îles du canal sont donc colonisées. Pas d’orques parce que les lions se mettent trop à l’abri, hors de portée. Ils dorment tranquillement.

A14 Ushuaia - lions de mer 08 

A14 Ushuaia - lions de mer 12

Nous nous approchons au plus près de cormorans impériaux, qui accumulent leurs nids sur un petit territoire, puis quittent l’endroit en ayant repeint la zone en blanc, et de cormorans de rocher, plus discrets.

A14 Ushuaia - cormorans 02 

A14 Ushuaia - cormorans de rocher 01 

Nous atteignons enfin le phare des Eclaireurs, communément appelé « phare du bout du monde ».

A14 Ushuaia - Phare 02

A14 Ushuaia - Phare 06

Le vrai se trouvait 300 kilomètres plus bas mais il s’est détruit du fait de conditions climatiques peu favorables. Ce n’est pas une perte parce qu’il était assez mal placé, trop en retrait de la côte sur la petite île où il était installé, et nombre bateaux se fracassaient sur les rochers à ses pieds. Lorsque le fils de Jules Verne a voulu photographier le phare pour faire la couverture du livre, il ne restait plus que le phare des éclaireurs et c’est lui qui fait office de phare du bout du monde désormais, pour la visite en tous cas.

Bon, question histoire-géographie. Mais tout d’abord, chez vous, un indice qui s’affiche au bas de l’écran. Top! Je suis un canal dont le nom vient d’un des 2 navires que commandait Robert FitzRoy lors d’une expédition de reconnaissance en l’an 1833. A mon bord se trouvait aussi Darwin et après avoir traversé le canal d’Est en Ouest, la route les a menés à Chiloé puis aux Galápagos, puis en Polynésie, puis en Nouvelle-Zélande puis en Australie, comme nous ou presque. Mon nom avait été donné au bateau à cause de la race du chien de la Reine. Mon nom est: …. Oh quel dommage, les enfants, vous auriez pu gagner un dictionnaire jeunesse!

Après un petit chocolat chaud/café et un goûter, c’est l’arrêt sur les îles Bridges, terres préservées sur lesquelles on peut observer des reliques de la vie des anciens habitants indiens de la région. 4 ethnies se partageaient la Terre de Feu, certaines sur terre, les autres sur mer, et toutes s’éteignent ou sont éteintes depuis l‘arrivée des colons. Nous essayons d’imaginer comment les familles Yamanes pouvaient vivre, nues par 0°C, à chasser le phoque et le lion de mer pour leur fort contenu de graisse pendant des jours entiers (maman est à l’arrière et elle rame, les enfants au milieu entretiennent le feu, papa à l’avant chasse) avant de rejoindre l’île et de réintégrer une hutte de fortune. Des 40 000 Yamanes présents au début du siècle, il ne reste qu’une femme de 95 ans.

A14 Ushuaia - Ile Bridges 10 

A14 Ushuaia - Ile Bridges 12

A14 Ushuaia - Ile Bridges 01

Buvons pour oublier. Une petite bière du Cap Horn pour faire la route de retour et nous voilà à quai, ravis de cette très belle journée!

A14 Ushuaia - Traversee 01 

Nous dépassons Claire et Fouad sur le Tres Marias.

A14 Ushuaia - Traversee Tres Marias 

Nous avons fait le bon choix en venant ici pour chercher le soleil! Ushuaia sans la visite du canal aurait été beaucoup moins intéressante. Des journées comme celle-là, il n’y en a que très peu par an ici!

A14 Ushuaia - coucher 03 

J’essaye vainement de prendre un coucher de soleil mais je craque; le soleil se couche vraiment trop tard ici. On approche du solstice d’été.

 

JOUR 2

Il fait encore beau aujourd’hui mais il faut recommencer l’école car cela fait 3 jours que nous n’avons pas pu la faire. C’est laborieux mais nécessaire.

Pas de chance, lorsque nous sommes enfin prêts à partir, le temps se couvre et le vent se lève.

Nous partons pour le parc national de la Terre de Feu. Tout le monde y va en taxi le matin à 07H00 pour éviter de payer l’entrée car elle est assez chère. Pour nous c’est plein tarif, ainsi que pour le bus pour atteindre le parc, qui est une arnaque organisée.

Nous allons voir le bout de la route 3 qui part de Buenos Aires. Cela rattrape le fait que j’ai oublié de photographier le début de la route 40. Il faudra demander la photo aux Fourcade!

A14 Ushuaia - Parc 01 

Tout le monde est fatigué et les marches dans le frais n’arrachent pas de sourires. La tourbe produit pourtant de belles couleurs avec ses noirs et ses buissons rouille au milieu des arbres verts. Nous nous arrêtons pour casser des pierres, pour trouver des coquillages avec lesquels faire des colliers comme les Yamanes, pour traquer les castors, pour observer les perruches australes.

Des castors, on ne verra que les traces: des arbres rongés; alors on prendra une photo dans une vitrine au retour!

A14 Ushuaia - Parc 06 

A14 Ushuaia - Parc 05 

En fin de balade, nous croisons Claire et Fouad, fourbus d’avoir arpenté tous les chemins depuis l’aube.

 

JOUR 3

Toujours la fatigue des jours de voyage précédents alors on flâne après l‘école. Pour prendre l’air, nous montons sur les hauteurs de la ville, à la station de ski qui la surplombe, au pied du glacier.

A14 Ushuaia - Glacier 30A14 Ushuaia - Glacier 25 

Après une belle montée qui ouvre la vue sur la baie, les enfants investissent un torrent et jouent aux castors, puis façonnent une piste de ski.

A14 Ushuaia - Glacier 22 

A14 Ushuaia - Glacier 26 

Le temps se découvre de nouveau et il fait meilleur. Décidément, nous aurons été chanceux avec le temps; nous avons croisé tellement de voyageurs déçus par Ushuaia et son temps capricieux.

A14 Ushuaia - Glacier 31

Demain, nous partons. Claire et Fouad passent nous dire au revoir. Ils repartent en avion pour Buenos Aires finir leur trimestre argentin; un petit match de foot (Boca Junior), un petit tango, et hop, les pistes de ski françaises pour la saison! Leur compagnie aura été très agréable ces derniers jours. On s’était habitué à les croiser. Nous partageons des bières Cap Horn pour faire des capsules pour la collection des enfants avant leur véritable apéro car ils ont trouvé (enfin) une bouteille de Ricard et ça commençait à manquer!
Grosses bises et à bientôt.

Après ces 3 jours, on se demande pourquoi nous avions imaginé ne pas pousser jusqu’ici. La prochaine fois, on poussera jusqu’en Antarctique. Un petit billet de 7000 dollars et c’est parti pour une épopée de 15-20 jours!
Pour l’instant, on va se contenter de 12 heures de bus pour repartir à Punta Arenas!

A14 Ushuaia - panneaux 01

 

JOUR 4

Sur la route c’est grand soleil, cela s’annonce bien pour la traversée du Détroit de Magellan. Il faut quand même 9 heures de route et de frontières pour l’atteindre.

Mais les dauphins de Comerson sont au rendez-vous. On ne sait plus où donner de la tête! Louis compte 60 sauts de dauphins. La moitié des vidéos sont ratées parce qu’il faut regarder de tous les côtés en même temps et la caméra ne sait pas faire.

En voilà quand même une!

Les enfants demandent à reprendre le bac dans l’autre sens car les dauphins sautent sur le bord de la plage. C’est tentant!

2 heures 30 plus tard, c’est Punta Arenas et la fin d’une nouvelle journée de bus. Coucher 22h30, les enfants sont surexcités.

Demain, on doit aller voir les pingouins!

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 01:03

Nous sommes dans l’avion de Bariloche vers El Calafate. Depuis l’avion, on voit déjà les glaciers du parc national Los Glaciares. 40% du parc est couvert par des champs de glace et 13 glaciers majeurs alimentent deux grands lacs: le lac Viedma au Nord (près duquel se trouve la ville d’El Chalten) et le lac Argentino (près duquel se trouve El Calafate). Depuis l’avion, on voit bien le glacier Viedma, le plus grand d’Amérique du Sud. On prend de l’avance sur les prochains jours!

A11 Calafate - Avion 3

Le lac Argentino est un lac bleu-vert sur lequel passent des icebergs, comme des feuilles de saule, légers et fragiles (en ce moment, je fais faire de la poésie à Théo, alors cela déteint). On aperçoit aussi des flamands roses dans les lagunes peu profondes qui jouxtent le lac.

A El Calafate, nous nous dirigeons vers l’auberge où nous attendent les Fourcade. Nous avions réservé ailleurs mais nous nous sommes aperçus hier soir que la réservation était pour novembre 2011; ça fait tard! C’est mieux comme ça car les Fourcade ont retardé leur départ pour nous croiser avant de prendre la route 40 vers le Nord et rejoindre Bariloche. Ils viennent de faire 4000 kilomètres en Patagonie et finissent leur boucle alors que nous commençons la nôtre.

Les enfants sont super contents de pouvoir courir, jouer au foot, au bazooka, à des trucs de garçons, avec le grand Louis et Paul. Mathilde peut avoir la paix pour un moment.

A11 Calafate - Fourcade 2   A11 Calafate - Fourcade 1

Pendant ce temps, nous comparons nos itinéraires, nos projets, avec Carole et Fabien et nous partageons une bouteille de vin. Le soir, c’est l’anniversaire de Virginie, et comme d’habitude, c’est Louis qui souffle les bougies avant tout le monde. Aujourd’hui, ce n’est pas une bougie mais une allumette; les gâteaux sont bons quand même.

A11 Calafate - Anniversaire Virginie 2

Nous passons une agréable soirée à discuter de voyages et à échanger nos films. Cela nous fait plaisir de croiser une famille dans notre situation plutôt que des voyageurs seuls car les expériences et soucis sont similaires. On se sent moins seuls! On lisait leur blog pendant la route donc c’est comme si on les connaissait déjà un peu et on avait très envie de les rencontrer.
Le lendemain, ce sont déjà les adieux. Nous nous croiserons peut-être de nouveau à Tahiti ou en Nouvelle-Zélande. Les enfants vont nous poser la question pendant plusieurs jours: « quand est-ce qu’on revoit les copains?». Ben oui, ne pas avoir de copains sur la route c’est dur!

Le temps n’est pas complètement dégagé sur le Perito Moreno mais nous tentons quand même la visite avant la pluie. Il semble que la DDE locale ait décidé de ménager le suspens jusqu’au bout en traçant une route qui tourne tout le temps, en plaçant des petites montagnes juste au moment où on pourrait apercevoir le glacier, si bien que l’on tombe dessus, à un moment où l’on avait abandonné, en criant un « Ah le voilà ».

A11-Calafate---Perito-Moreno-78.JPG

De la taille de Buenos Aires, entre 40 et 60 mètres de haut et 5 kilomètres de large, on ne peut pas le manquer, pourtant il se cache longtemps. Le site est très bien fait, il propose des passerelles tantôt en hauteur, tantôt le plus proche possible de l’eau, sur les 2 flancs du glacier afin de bien en profiter. Nous allons bien sûr arpenter toutes les passerelles en courant.

A11 Calafate - Perito Moreno 41 

A11 Calafate - Perito Moreno 26 

Ben, c'est blanc, bleu et beau!

A11 Calafate - Perito Moreno 22

A11 Calafate - Perito Moreno 19

A11 Calafate - Perito Moreno 11 

A11 Calafate - Perito Moreno 24   A11 Calafate - Perito Moreno 40

L’activité principale consiste à parier sur où va se produire le prochain craquement. En effet, comme le glacier avance dans le lac, il se casse régulièrement et s’effondre avec fracas dans l’eau, le bruit résonnant sous le glacier et dans la vallée alentour. Le moindre petit bout de glace qui tombe produit un coup de tonnerre. Il faut donc deviner où va se produire le prochain effondrement pour aller se placer en face.

Là, c'est juste en retard:

Là, c'est mieux.

Après avoir fait toutes les passerelles, la pluie ne venant pas, nous avons pris un bateau pour approcher le glacier de plus près, mais cette fois, pas d’effondrement devant nos yeux, juste de la navigation entre les icebergs surplombés par la falaise de glace. L’eau, comme celle du lac et des rivières est bleu turquoise, un peu laiteuse.

A11 Calafate - Perito Moreno 68

A11 Calafate - Perito Moreno 57 

A11 Calafate - Perito Moreno 70

Le soleil se cache et le froid se fait plus pinçant donc nous rentrons boire un chocolat chaud à El Calafate, re-goûtant au passage les gâteaux que nous avions dégustés la veille. Pourtant, les Fourcade nous ont prévenu, dans 3 semaines, c’est Tahiti et il serait temps de penser au maillot! Une dernière petite marche au bord du lac pour aller voir les oiseaux et nous nous préparons.

A11 Calafate - Laguna Nimez 2   A11 Calafate - Laguna Nimez 5

 

Le lendemain, malgré les prévisions de pluie, le temps est superbe et nous faisons la route en bus vers le Nord, vers El Chalten et le Fitz Roy. Nous traversons la steppe où pas grand-chose ne pousse, manque de pluie et trop de vent. Comme le temps est clair, nous apercevons de nouveau le glacier Viedma qui descend dans le lac du même nom, puis le Fitz Roy et le Cerro Torre, les 2 monts les plus prisés des alpinistes. Ils ne sont pas très hauts (3400 m et 3100 m) mais leur ascension est ardue, notamment à cause du vent. La nature change à mesure que l’on se rapproche et la végétation, qui profite des pluies provoquées par les massifs, reprend du vert.

A12 El Chalten - Fitz Roy 16

El Chalten est une toute petite ville de 600 habitants, uniquement construite pour le parc. Elle a été créée il y a 25 ans lorsque le parc national le fut, et son cimetière n’a pas encore servi. Elle sert de base d’exploration du parc et de centre de racket des touristes. C’est loin donc tout est cher. Le 1er novembre commence la haute saison et les prix prennent 25% de plus. 25% de plus que cher, c’est très cher.

A12 El Chalten - Fitz Roy 19 

Le parc, lui, est gratuit pour l’instant et compte sur la bonne conduite des visiteurs pour son entretien et sa conservation.
El Chalten, comme le reste de la Patagonie, est aussi une réserve de Français. C’est comme les Baléares pour les Allemands. On en croise partout, énormément, et on se demande si ce sont des migrants ou s’il y a un centre de reproduction pas loin. Il y a des régions, comme celle-là, qui attirent irrésistiblement tout le monde. Tout ça à cause de Florent Pagny!

Le jour de notre arrivée est une journée comme il y en a peu ici, le ciel est bleu azur et les nuages complètement absents. Ce matin, le soleil a dû embraser la montagne et les photographes ont du se régaler! De nouvelles cartes postales vont être imprimées sous peu. Il est malheureusement trop tard pour entreprendre une randonnée alors nous nous contentons de gravir les premières collines pour aller chercher des bâtons/cannes/épées/mitraillettes/baïonnettes et de casser des cailloux.

A12 El Chalten - Ballade 07   A12 El Chalten - Ballade 08 

Quel dommage, car le lendemain, le temps classique revient et les nuages enrobent les montagnes. Nous partons tout de même vers la Laguna Capri d’où on a une belle vue du Fitz Roy (3 heures de balade) mais après avoir pris un détour/raccourci pour récupérer un bâton laissé la veille, nous nous trompons de chemin. Au bout d’une heure, nous nous apercevons que nous sommes dans la mauvaise vallée, en route pour la Laguna Torre, d’où on a une belle vue du Grand Glacier et du mont Torre. C’est une balade de 6 heures qui s’engage! Alors au lieu de voir les nuages qui cachent le Fitz Roy, on ne pourra voir que les nuages qui cachent le Cerro Torre! C’est pas la même chose quand même! Pourtant, il est là, juste au-dessus du glacier!

A12 El Chalten - Ballade 12 

La balade est très jolie mais il faut constamment nouer un foulard, remettre une polaire, enfiler le coupe-vent, mettre le bonnet et les gants puis tout enlever car le vent souffle par intermittence et le soleil joue à cache-cache avec les nuages, provoquant de grosses sautes de température. On croise de nombreux lapins, mais pas de huemul (la biche en voie de disparition qui habite le parc).
Sagement, Virginie et les enfants décident de rebrousser chemin une heure et quart avant la fin. Alors je pars tout seul en footing pour atteindre le lac dans lequel tombe le glacier. Je n’aurai pas plus de chance, les nuages restent accrochés à la montagne et le Cerro Torre reste invisible.

A12 El Chalten - Ballade 18 

Je les rattrape en petite foulée et nous finissons la balade en passant par un autre sentier pour varier les plaisirs ou la torture, selon le point de vue.

Notre auberge est une vraie de vraie, avec une seule salle de bains pour les 7 dortoirs, un petit lieu de vie sonore, une connexion internet défaillante et des murs/planchers en papier cigarette qui permettent de tout partager avec ses amis. Comme 90% des habitants sont Français, on comprend tout ce qu’on entend. C’est sympa. Il n’y a que le prix qui ne cadre pas avec le reste, c’est celui d’un 3 étoiles.

Samedi, le temps est couvert puis pluvieux; le temps du dimanche ne s’annonce guère mieux. Alors nous repartons vers El Calafate, laissant à regret les autres balades que nous aurions pu faire, tous les condors que nous n’avons pas vus et quittant avec joie notre lieu de villégiature, qui a accepté avec difficulté de nous faire payer le prix d’adhérents auberge de jeunesse (sous prétexte que les enfants n‘avait pas de carte personnelle)!

Nous allons faire un transit à El Calafate avant de partir pour le Chili, pour Puerto Natales, où nous allons loger chez une famille de Chiliens que nous avons trouvée sur CouchSurfing, avant d’aller explorer le parc de Torres del Paine, autre paradis du randonneur. Si le temps le permet!

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 15:32

Bariloche

Bariloche se situe dans une région de lacs de montagnes en bordure de Cordillère des Andes, au milieu de l’Argentine à 1500 kms de Buenos Aires et d’Ushuaia en gros. La région est connue pour sa route des 7 lacs qui offre de beaux panoramas de montagne. Alors qu’il y a trois semaines nous peinions à trouver de la neige à 5000m, ici, la neige tapisse les sommets à 2500m. Les stations de ski viennent de fermer.

Après une première journée de récupération, nous commençons doucement notre exploration de la région en faisant une balade dans le parc Llao-Llao. Lacs, forêt mêlant bambous, arrayanes et autres cyprès immenses, c’est très reposant et cela fait du bien après les plaines de l'Est.

A10 Bariloche - Lac P Moreno Oeste 07

 A10 Bariloche - Lac P Moreno Oeste 01

A10 Bariloche - Lac P Moreno Oeste 08   A10 Bariloche - Lac P Moreno Oeste 09

A10 Bariloche - Lac P Moreno Oeste 13

Pour se remettre de ces efforts, rien de tel que de tester le meilleur glacier, « Jauja », pour le comparer à ceux de Buenos Aires.

A10 Bariloche - Glaces Jauja 

Nouvel entrant dans le tableau, directement en première place ex-æquo. Banane imbattable, cannelle divine, très bon chocolat blanc, très bon chocolat noir, bon chocolat noir-confiture de lait-noisettes, bonne framboise; seule la fraise déçoit car c’est une glace et non un sorbet et le fruit n’est pas mis en valeur. C’est dommage, c’est le faux-pas qui lui coûte une place solitaire sur le podium.

Mercredi, pourquoi s’embêter à faire de la route vers le Chili pour aller chercher la pluie alors qu’elle peut venir à vous! Chute des températures de 10°C, ciel chargé de gros nuages pluvieux, ce mercredi pousse à rester au chaud dans notre nid douillet. D’autant qu’aujourd’hui c’est le jour du recensement et tous les magasins sont fermés, les services publics réduits. Pendant l’école, une dame du recensement s’invite et insiste pour nous soumettre à la question. Ses ordres sont stricts: visiter toutes les habitations et en recenser tous les habitants. Qu’importe si ce sont des touristes!

Après des réponses fastidieuses sur l’appartement et ses matériaux de construction:
«- euh, ils ont mis quoi les autres locataires sur la structure du toit? Ah? Et bien, je vais mettre la même chose, ça a l’air bien et je ne pense pas que le toit soit différent de mon côté »,
on passe aux données personnelles:
«- Non, Virginie c’est ma femme, pas ma sœur! Trop tard?! Vous n’avez plus de feuille? Bon, alors va pour ma sœur ! Mais alors mes enfants ne sont plus mes enfants mais mes neveux?! Oui? Bon, d’accord. »
et notamment aux informations sur les études:
«- Ah, c’est bien, vous avez fait des études post-universitaires tous les deux. Je coche. Et les enfants, ils en sont où?
-  On peut passer à la question suivante parce que celle-là, je ne sais pas répondre. Quand, à la question : « Louise ouvre la fenêtre, elle voit les oiseaux; qui est "elle"? », votre enfant répond "la fenêtre", puis "les oiseaux", vous diriez qu’il en est où, vous? Hein? Bon, je m'en fiche, ce sont les enfants de ma soeur.»
Et enfin sur l’activité professionnelle:
«- Vous avez un travail?

- Non.
- Avez-vous cherché un emploi ces 5 dernières semaines?

- Non.
- Allez-vous chercher un emploi dans les prochaines semaines?

- Non. »
On a fait baisser sa moyenne, elle n’était pas heureuse en sortant.
Fin de l’école et balade dans la ville morte. Même les chocolatiers sont fermés! Alors, parties de yams, Heidi sur grand écran pour voir les montagnes.

Jeudi et vendredi, même temps pluvieux, venteux et froid. Quelqu'un a volé le lac!

A10 Bariloche - Beau temps 1 

Louis en profite pour faire 40°C de fièvre, 2 jours de maladie et de mauvaises nuits. Nous sommes bien contents d’être dans l’appartement, avec de la place et non dans une petite chambre dans une auberge.

Pour garder le moral au plus haut, Théo et moi faisons des expéditions vers de nouveaux chocolatiers. Je ne les mets pas tous car certains ont déçu!

A10 Bariloche - Abuela Goye

Et au musée archéologique de Bariloche! Il est 2 fois plus petit que l'appartement mais on y trouve la reconstitution d’une mâchoire de mégalodon, l’ancêtre du requin de 40 mètres, avec des dents trouvées pas loin. Cela va alimenter les conversations des enfants pour des semaines. Combien de baleines rentrent dans un mégalodon? D'hippopotames? D'orques?

A10 Bariloche - Lac 5 

A10 Bariloche - Musée 1 

A10 Bariloche - Musée 3 

A10 Bariloche - Musée 4 

Samedi, il faut que l'on sorte, pluie ou pas! Alors direction Villa La Angostura, village résidentiel chic au nord du lac, pour une balade sous la pluie. Nous faisons le tour du lac en nous arrêtant pour prendre des photos. On dirait la mer.

A10 Bariloche - Lac 8 

A10 Bariloche - Lac 9
Nous arrivons pile à l'heure pour manquer le dernier bac pour le parc naturel des Arrayanes donc nous choisissons la solution de repli: la balade en hauteur pour admirer la vue.

A10 Bariloche - Ballade à V Angostura 3 

A10 Bariloche - Balade à V Angostura 1

Bon, en réalité, tout l'intérêt de la balade est qu'elle monte drue et qu'elle va fatiguer les enfants (les 2 grands schtroumpfs sur les photos)! La vue est normalement superbe mais là, non.

Le lendemain, rebelote, balade sur le Mont Cathedral (la station de ski de Bariloche) et descente vers le lac Gutiérrez pour admirer la vue.

A10 Bariloche - Ballade à L Gutiérrez 3 

A10 Bariloche - Balade à L Gutiérrez 2 

Nous essayons de mettre de côté les "Ah que ce serait beau s'il faisait beau" et nous nous consolons en nous disant que c'est la semaine de repos. C'est dommage quand même, pour ne pas dire plus!

Nous nous consolons de nouveau chez Mamuschka où les gâteaux nous mettent KO.

A10 Bariloche - Mamuschka 3 

Dimanche soir, c'est la fête, il y a un coucher de soleil et donc du soleil et donc du beau temps pour le lendemain!

A10 Bariloche - Coucher soleil 4

Le dilemme: il nous reste une seule journée de beau temps, qu'est-ce qu'on fait? On reprend de la hauteur pour voir la région ou on arpente le lac?

Va pour le lac! C'est parti pour une journée sur un bateau à (enfin) fouler le sol de la péninsule des arrayanes, l'île Victoria, et tout simplement profiter des paysages de lac + forêt + montagne avec neige, à jouer avec les mouettes.

A10 Bariloche - Balade sur le lac 05 

A10 Bariloche - Balade sur le lac 15

A10 Bariloche - Ballade sur le lac 07

A10 Bariloche - Balade sur le lac 51 

A10 Bariloche - Ballade sur le lac 36

A10 Bariloche - Ballade sur le lac 28

A10 Bariloche - Ballade sur le lac 01

Bon, ce n'est pas exactement ce qu'il nous fallait parce qu'on se sentait un peu enfermés sur le bateau mais c'est une très belle journée pour conclure le séjour dans la région des lacs.

C'est sûr qu'il faudra revenir pour skier en admirant la vue.

Plus qu'à refaire tous les sacs qui sont éparpillés aux 4 coins de l'appartement et demain nous décollons pour le Sud, pour El Calafate, où nous attendent les Fourcade, une famille du Pays Basque en tour du monde.

Demain c'est l'anniversaire de Virginie et même si nous avons fait des provisions de chocolat chez Mamuschka (le vainqueur) avant de partir, il est bien possible qu'il faille dégoter un salon de thé où se restaurer dignement!

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 01:25

Route-de-Bariloche.JPG

Réveillés de bon matin par (les enfants) le soleil, nous profitions des kilomètres de route de montagne entre El Bolson et San Carlos de Bariloche. C’est vert, c’est blanc, c’est bleu, c’est beau.

Nous sommes directement accueillis à Bariloche par le propriétaire de l’appartement que nous avons loué, tout se passe bien.

Gagnés par l’envie de luxe de la famille Fourcade (une famille de Tourdumondistes qui nous précède de quelques semaines - http://detoursdhorizons.over-blog.com, et qui a loué cet appartement il y a 2 semaines), nous avons craqué pour les 70 m² avec 2 chambres, 2 salles de bain, la cuisine équipée, la salle à manger, le dressing, le bureau et la salle télé, le wifi, les 2 écrans géants sur lesquels on peut brancher le disque dur de films et l’ipod, la machine à laver, la salle de gym, … et puis la vue sur le lac.

A10 Bariloche - Vue de l appartement 2 

A10 Bariloche - Vue de l appartement 1 

Bien négocié mais au-dessus de notre budget, cet appartement va représenter nos vacances à nous. Pour couper un peu le voyage, nous avons décidé de ne pas traverser vers le Chili, vers Puerto Montt et Chiloé, pour ne pas aller chercher la pluie, et plutôt, de nous poser 9 jours ici pour profiter des lacs et des montagnes. Et du chocolat … Car Bariloche est un haut lieu du chocolat.

Comme nous sommes consciencieux, à peine les sacs posés, nous faisons une descente en ville pour tester le premier chocolatier d'une longue liste.

A10 Bariloche - Mamuschka 2 

A10 Bariloche - Chocolatier Mamushka 

Excellent! Malgré la fatigue, la dégustation est sérieuse; le brownie des enfants est énorme et savoureux. Pour vraiment bien faire notre boulot, nous achetons une sélection de petits chocolats à déguster à la maison (le blanc pur, le noir pur, le noir 70%, le noir à la confiture de lait et noix). Cela s’annonce bien!

On ne le fait pas que pour le plaisir. Ce que nous avons appris des phoques à Valdès, c'est que pour ne pas avoir froid, il faut savoir se créer une couche de graisse assez épaisse pour faire des vaguelettes en bougeant. Alors on y travaille!

Et comme la cuisine semble sous-équipée en plats, on passe acheter un moule à gâteaux pour être sûrs de se sentir comme à la maison!

Ça y est, il ne peut rien nous arriver!

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 23:50

Nous arrivons à Puerto Madryn en avion et pendant les dernières minutes de vol, les enfants essaient d'apercevoir des baleines à travers le hublot. Théo prétend en avoir vu plusieurs!

Puerto Madryn est une ville assez moche, située sur une plaine assez morne et plutôt moche MAIS avec une côte superbe: de belles plages de galets et de hautes falaises. De la mer, on ne voit que cela, donc du point de vue du phoque moyen, c'est une belle région, alors ils viennent en masse.
Au Nord de Puerto Madryn est accrochée la péninsule de Valdès, elle-même composée de plateaux assez mornes et moches, des salines, mais là encore avec des côtes superbes et donc plein d'animaux marins. Toute la péninsule est une réserve naturelle protégée dans laquelle on peut croiser, sur des routes caillouteuses assez longues, des lièvres de Patagonie (qui de loin ressemblent à des chiens), des pichis (sorte de tatou local), ..., mais surtout des panneaux d'interdiction de faire quoi que ce soit. C'est de la nature vraiment protégée.

Au début, nous n'étions pas franchement emballés parce que faire une grosse heure de route caillouteuse (au mépris de toutes les règles de sécurité routière en doublant la vitesse autorisée) pour se retrouver, par exemple, à Punta Delgada (au Sud-Est), à contempler du haut d'une haute falaise une famille d'éléphants de mer qui dort, sans pouvoir avancer à droite, à gauche, au milieu, cela nous a paru limite! Les enfants voulaient gambader mais il n'y avait pas de chemin à emprunter, et quand on le voit de loin, un gros éléphant de mer, cela paraît petit.
C'est plus ou moins le même constat au Nord Est à Punta Norte. Le chemin mesure 200 mètres et on peut voir à 50 mètres des éléphants de mer et des manchots de Magellan à 150 mètres (avec de bons yeux parce que cela fait 40 cm de haut). On y est quand même resté un bon moment (pour rentabiliser les 75 kilomètres de route consolidée) parce que Louis voulait voir des orques, malgré la période peu propice, et c'est un des points d'observation. Les orques migrantes, c'est plutôt en mars qu'elles arrivent, lorsque les plages regorgent de jeunes qui batifolent, et elles utilisent la technique de l'échouage éclair pour attraper leur proie et aller la partager au large. Louis rêve d'assister à la scène! Ah les petites têtes blondes, comme c'est mignon! Evidemment, pas une orque ne s'est pointée pour attraper les éléphants avachis sur la plage. On ne sentait pas le gros vent de panique.

9 Valdes - Punta Delgada 

Le meilleur endroit est encore Caleta Valdes (Centre Est) car il y a un long chemin de balade où l'on peut chercher des serpents, des geckos, et autres pichis, et un chemin de bord de plage d'où l'on peut apercevoir les animaux d'un poil plus près. Il y a aussi parfois des orques qui entrent dans le banc de sable. Bon, pas ce jour-là bien sûr mais quand même.

9 Valdes - Punta Cantor 31 

9 Valdes - Punta Cantor 30 

9 Valdes - Caleta Valdes 02

Enfin, bon, tout ça, ce sont les activités annexes de la Péninsule parce que l'attraction majeure, il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour en profiter. Elle croise dans la baie, tantôt nonchalante, tantôt guillerette. C'est la baleine franche australe.

On peut la voir du port, le matin, le midi, le soir (c'est ce qu'on a fait).

9 Valdes - Baleine port 02

9 Valdes - Baleine port 15

9 Valdes - Baleine port 19

 

Mais on la voit encore mieux quand on s'approche en bateau! C'était tellement bien que l'on a essayé d'en faire un deuxième tour mais c'était complet!

9 Valdes - Baleine bateau 02

9 Valdes - Baleine bateau 03

Les baleines franches australes viennent à Valdès après avoir fait des provisions de nourriture dans le Sud, pour se reproduire et/ou pour élever leur petit. Ce sont des animaux solitaires donc on croise des couples maman/petit, pas de grands bancs, comme pour les rorquals que l'on voit au Québec.
Les petits en question mesurent près de 6 mètres et consomment 200 litres de lait par jour, donc les gentilles mamans ont intérêt à avoir fait de belles provisions avant de venir.
C'est très sociable et curieux une baleine, donc dès qu'un bateau s'approche, elles viennent voir elles aussi. Sur le film, on en voit un petit blanc qui vient nous voir avec sa maman de 15 mètres. Je vais mettre le film de Théo, cela lui fait plaisir!

 
9 Valdes - Baleine bateau 08

Et puis c'est comme tout; à force d'en voir, et revoir, et revoir, on devient blasé! Si bien que sur le chemin du retour, sur une belle plage au Nord de Puerto Madryn, les enfants ont préféré recommencer à casser des cailloux, tournant le dos aux baleines!

9 Valdes - Doradillo 3 

Il a fallu qu'une baleine passe avec son petit vraiment très proche de la rive accompagnée de 2 lions de mer qui jouaient pour qu'ils tournent la tête!

Par empathie avec la métropole, nous avons essayé de manquer d'essence. Je n'ai pas daigné refaire le plein dans la péninsule, et après 30 kilomètres de questionnement, du genre "ça passe ou ça passe pas", ben, j'ai fait demi-tour pour aller refaire de l'essence parce que ça ne passait pas. Petites joies des derniers kilomètres sur la réserve avec les "Oh non, une montée!".

Enfin revenus à Puerto Madryn, nous avons filé vers le Sud pour atteindre Punta Ninfas, à 80 kilomètres de route caillouteuse pour trouver un endroit d'où l'on peut apercevoir les animaux d'un peu plus près. Après la descente d'une jolie falaise, on atteint une plage de galets où se prélassent des lions et des éléphants de mer. Et là, oui! On peut les voir de près puisque l'on se déplace entre eux.

9 Valdes - Punta Ninfas 13

Nous avons pu faire copain-copain avec des lions de mer tout mignons.

9 Valdes - Punta Ninfas 35

9 Valdes - Punta Ninfas 01 

9 Valdes - Punta Ninfas 14

Nous sommes restés à observer un éléphant de mer avec son harem, repoussant de ses barrissements un prétendant nageant trop près de la plage. C'est une vie que je ne souhaite à personne. C'est crevant. D'abord, il faut veiller sur le harem et le faire grandir. Pas facile avec ces femelles revêches qui s'éloignent dès qu'on s'approche discrètement (tout est relatif). On est en période de reproduction, oui ou non? Je ne vais quand même pas courir?! Celle-là, je vais lui sauter dessus, et si je la manque, avec les vaguelettes que ma graisse va faire, je l'enrhume! Et l'autre là, à droite, qui avance centimètre par centimètre, les yeux fermés; il croit que je ne l'ai pas vu! S'il bouge encore, je lui roule dessus pour le radoucir, l'écrase façon tapis persan de ma composition. Quant à celui qui fait des ronds dans l'eau au bord, en crachouillant pour mettre en valeur sa belle trompe, il ne paye rien pour attendre! Je vais lui vriller les tympans avec ma botte secrète. Prends ça! Je suis vanné. Pas une vie que je vous dis.

9 Valdes - Punta Ninfas 44  9 Valdes - Punta Ninfas 45

9 Valdes - Punta Ninfas 03

En haut, nous avons rencontré des Français en camping car qui finissaient leur traversée Nord Sud de l'Amérique (18 mois), des Suisses qui remontaient, des Hollandais qui traversaient. Bref, que des voyageurs et que des soucis.
Si je mets de côté l'éléphant de mer du bas qui s'épuisait (il avait l'air fatigué) à repousser son remplaçant, les soucis étaient:
- des freins arrières qui avaient lâché en haut de la falaise et 2 souris dans l'habitacle pour la famille en camping car (après 18 mois de route, cela ne les rendait pas trop nerveux);
- des pertes de passeport pour les Hollandais, d'argent pour les Suisses
- et pour nous, j'avais comme un pressentiment que le voyage de retour serait source de soucis.

Cela n'a pas loupé, après quelques kilomètres, nous sommes repartis sur un thriller pétrolier (une petite lampe orange qui s'allume de manière inattendue et qui créé un gros stress quand on se trouve au milieu de nul part). Heureusement que nous avons dépassé à toute allure une voiture, sécurisant ainsi une issue heureuse en cas de panne. Mais rien à faire, après 2 tentatives, la panne d'essence ne venait pas!

On est rentré à temps pour rendre la voiture et attraper le bus de nuit de 15 heures pour San Carlos de Bariloche. Direction l'Ouest et le Chili de nouveau.

Valdes

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 08:04
C'est la grève partout! Et oui, il y a eu aussi une grève sur ce blog, une grève dure, unanimement suivie. Pas d'articles, pas de photos pendant des jours et des jours!

Pour faire écho aux manifestations métropolitaines et soutenir nos camarades luttant pour une réforme plus juste, une réforme dans laquelle, par exemple, ceux qui font un tour du monde en année sabbatique ne perdent pas un an de cotisations, nous avons aussi bloqué la parution du blog (enfin juste une grosse semaine).
Une manifestation avec des slogans pointus a même failli avoir lieu mais elle s'est cantonnée à une préparation minutieuse, une répétition silencieuse et une autodissolution dans le calme. La photo parle d'elle-même, le(s) manifestant(s) sont cagoulés, pour défiler assis dans leur salon parce qu'il fait froid dehors et qu'on voit mieux la télé depuis le fauteuil. On ne sait pas trop quoi demander parce que mais c'est vrai que demander plus que ce qu'on a déjà, c'est dur.

8 Buenos Aires - grève
Enfin, je ne vous apprends rien, vous avez dû le voir au JT, en boucle sur CNN, etc.

Depuis la reprise, je trime pour récupérer la masse de travail qui est resté en attente: les articles non publiés sous prétexte qu'ils ne sont pas écrits, les photos non triées, les films à monter, ... C'est le problème avec la grève, cela ne ramène que plus de boulot!

Alors, où j'en étais?! Ah oui, à l'arrivée sur Buenos Aires. Sans problème, pension dans Palermo Hollywood bien placée, le quartier fait effectivement penser aux US mais plutôt à Manhattan SoHo, avec ses immeubles bas et ses restos à tous les coins de rues.

Premier soir à Buenos Aires, il est plus de minuit, je finis un article du blog sur Salta, ça prend du temps ces trucs, dis-donc! Tu m’étonnes qu’Anne et Marcellin veuillent transformer leur aventure en un livre ensuite! Il faudrait que j’aille me coucher mais, d’un coup, mon corps se met à trembler. Oh non! Je vais faire une crise voire un coma diabétique et je n’ai pas de dose d’insuline à portée de main!! A moins que … Comme je ne suis pas diabétique, il y a peut-être une autre explication.
Ce n’est pas mon corps qui tremble, c’est tout le quartier! Le métro, non, il passe loin. Un tremblement de terre, non, l’office du tourisme n’en a pas parlé.
C’est bien pire que tout cela. C’est un festival de musique, et le quartier se transforme en boite de night gigantesque. A gauche, de la samba (on rêve!), à droite de l’Indie Rock, autour du dub, de l’acid house (mais qui écoute encore de l’acid house?!), … C’est pas dit que je dorme cette nuit moi! Coup de chance, le concert de « Rage Against The Machine » était il y a 2 jours, on a au moins évité le noisy.
Ca me rappelle qu'à Berlin, il y a 15 ans, on en écoutait du Rage Against The Machine. Je me souviens que Gaël n’avait qu’à me jeter sur un gros à travers la piste pour déclencher un pogo! C’était la tournée du Bierkeller, Aussies, Kebab, 403 (caché dans un appartement), le Braziliano, le Boudoir, le Friseur, avant que Guillaume ne rampe jusqu’à la chambre! Mais là franchement, ça ne me tente pas. Faudrait voir si Gaël et Guillaume se pointaient mais sinon non.

Il va falloir concocter un programme plutôt cool pour contre-balancer les nuits sans sommeil.
D'abord les musées: celui d'art moderne (MALBA), et celui des Beaux Arts (Bellas Artes) pour comparer. Pour les Beaux Arts, très belle collection retraçant l'histoire de la peinture, les périodes sacrées, la découverte des ombres et lumières, les classiques, les impressionnistes, des sculptures de Rodin, etc. Les enfants ont moyennement accroché. En tous cas, moins qu'au Malba, où il y avait des lianes qui se transformaient en banc, des sculptures de crocodiles vert fluo qui mangeaient des dames en porte-jarretelles, des oeuvres vidéo de mains qui chassent des mouches, etc. Difficile quelquefois de leur faire comprendre que, oui, les 5 chaises dont deux retournées constituent une oeuvre d'art et que, non, on ne peut pas retourner les chaises, mais bon, dans l'ensemble, belles visites.
Ensuite des achats de cadeaux pour Louis (en retard de plus d'un mois pour son anniversaire), de lunettes de soleil pour Virginie (tous les mois, cela nous coûte 100 euros de lunettes qu'elle perd ou casse).
Puis des docteurs de routine pour Virginie et Théo. Les docteurs du consulat, à des prix de spécialiste mondial d'une maladie rare!
Des essais de restaurants à foison, notamment un végétalien dont je vais me souvenir, avec leur wok de légumes et algues non cuits, dans une horchata épicée. De la vraie cuisine aux vitamines respectueuse des produits.
8 Buenos Aires - Vegetarien Palermo 1
Et aussi des visites de la ville quand même, les différents parcs et quartiers, les places célèbres, les lieux importants.
Pour les parcs, les enfants étaient plutôt volontaires; il y avait des pigeons, des oies, des carpes, des perruches, bref, plein de trucs à chasser.
8 Buenos Aires - Parc japonais 3 
8 Buenos Aires - Parc japonais 4
Pour les places et lieux historiques, c'est plus mitigé. Sur la place San Martin, devant la statue de celui qui a une place dans chaque ville argentine (combien de pigeons ont été pourchassés sur diverses places San Martin?), nos explications historiques n'ont rencontré qu'un "j'ai faim".
8 Buenos Aires - San Martin 3 
Après un briefing court et intéressant (si, si) sur la place de Mayo, le palais rose de la présidente et sur les Madres, sur la dictature, nous avons eu un "OK mais on peut courir après les pigeons?". 20 mètres plus loin devant le mausolée de San Martin et la cathédrale, notre explication a été interrompue par un "On peut donner à manger aux pigeons?"! Bon, abandon du cours d'histoire et renvoi du prof titulaire.
8 Buenos Aires - Plaza Mayo 3 
On a bien aimé flâner à San Telmo le dimanche chez les antiquaires et galeries d'art. Mais la Boca, c'était trop pour nous. 2 rues touristiques colorées certes, où se déversent des bus pour se faire prendre en photo avec une danseuse de tango, et le reste non recommandé aux touristes sous peine de violence, l'ambiance était trop factice. En plus, tout le monde était au match de foot de l'équipe du quartier (Boca juniors à la Bombonera, le club originel de Maradona). Nous avons abrégé notre visite pour repartir vers les parcs.
8 Buenos Aires - San Telmo 2 
Nous nous sommes promenés dans plusieurs quartiers et la ville est très jolie, très diverse; elle ressemble beaucoup aux villes que l'on connaît déjà. C'était très agréable. Cela fait un choc quand on arrive des montagnes mais on reprend vite ses marques.
Un soir, on nous avait indiqué qu'un concert de plein air aurait lieu dans Boedo pour fêter les 100 ans de la naissance d'un poète du tango, Julian Centeya. Tango exécuté par l'Orquesta del tango de Buenos Aires, accompagné pour 4 airs par 2 chanteurs. Après une demi-heure de concert, il a fallu décamper parce que nos chérubins geignaient. Il y a des jours où on se demande où trouver de la ressource pour ne pas les abandonner. Je vais vous en mettre un morceau pour ceux qui n'y étaient pas.
Mais bon, l'activité de loin la plus régulière, la plus sérieuse, celle qui a rassemblé toutes les énergies, cela a été la recherche du meilleur glacier/pâtissier de Buenos Aires. Tout le monde s'y est mis avec passion. Test comparé des classiques: fraise, banane, chocolat, citron, chocolat blanc, ... Test des spéciales: banana split (avec confiture de lait), chocolat passion (avec confiture de lait et brownie), ... Test des pâtisseries: brownie, tarte aux pommes, ... Et cela dans les maisons les plus courues: Freddo, Una Ultra Volta, Persicco, Café Victoria, ... Beaucoup de discussions, de débats techniques, de surprises. Beaucoup de sérieux et de professionnalisme.
Même si certains s'en sortent sur les niches (comme Freddo sur la Banana Split), personne ne peut rivaliser avec Persicco qui produit de superbes sorbets sur le fruit naturel, des chocolats velouteux, des gâteaux qui appellent une deuxième part systématiquement.
8 Buenos Aires - Recoletto 3
En quittant Buenos Aires, 10 minutes avant l'embarquement, nous sommes retombés sur un Persicco à l'aéroport et nous avons voulu confirmer une dernière fois une victoire bien méritée!
8 Buenos Aires - Aéroport
Nous devions rester 4 jours à Buenos Aires, mais à la faveur d'un avion annulé, nous sommes restés 6 jours et ce n'était pas plus mal!
Les prochaines étapes nous emmènent vers le Sud, le vent et le froid et loin des grandes villes. Direction la péninsule de Valdès pour aller voir les animaux marins.
Buenos Aires

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 22:14

Aujourd’hui, lever tôt car c’est la grande traversée vers le Chili. A 7h30, on est sur la route (si, c’est tôt!). On prend tout d’abord la vallée des 7 couleurs (donc petites photos en passant, pour s’ajouter aux 1000 d’hier) puis c’est la montée.

6 Route vers le Chili - Pumamarca 03

La montagne est très belle, ce sont les mêmes couleurs, mais cette fois étalées sur des kilomètres en largeur et en hauteur.

6 Route vers le Chili - Pumamarca 04 

La route monte assez vite; en moins de 20 kms de lacets, on monte à 4200 mètres pour passer le premier col.

6 Route vers le Chili - Pumamarca 08 

Ensuite, cela redescend et se stabilise à 3800 mètres pour une succession de plateaux colorés: des rouges, des verts, des jaunes, ... Les montagnes ont gardé leurs couleurs et elles montrent maintenant des failles, de nouvelles gorges. Nous sommes repartis pour un rythme de croisière lent à cause des pauses photo.

6 Route vers le Chili - Descente des Salinas 1 

20 kms plus loin, c’est l’arrivée dans les Salinas Grandes. La route les traverse horizontalement; on croise la Route 40 (celle qui traverse toute l’Argentine du Sud au Nord) car elle borde les salines verticalement à l‘Est.

6 Route vers le Chili - Descente des Salinas 5 

On sort de la route et on s’engage sur une route de sel, pour voir, pendant des kilomètres. On s’arrête, on joue à goûter le sel, à extraire des plaques de sel, on prend des photos sans perspective.

6 Route vers le Chili - Salinas Grandes 10

6 Route vers le Chili - Salinas Grandes 12 

Le plus impressionnant, c’est le silence total. On voit à des kilomètres, on confond le ciel et la terre, on n’entend rien; c’est hypnotique.

On va ensuite voir les mines de sel, avec leurs piscines et leurs montagnes. On y croise des pauvres malheureux qui, du matin au soir, sous le soleil, dans le vent froid, piochent, creusent et retournent ces piscines de sel.

6 Route vers le Chili - Salinas Grandes 14

6 Route vers le Chili - Salinas Grandes 21

On y croise aussi des vigognes, qui adorent les buissons qui poussent ici.

Ensuite, c’est reparti pour des plateaux lunaires de toutes les couleurs, 100 kilomètres de féerie, de couleurs incroyables, seulement peuplés de lamas, vigognes, ânes et même quelques vaches. De temps en temps, tous les 30 kms, une maison en terre cuite, c’est la ferme.

6 Route vers le Chili - Vers Susques 05 

6 Route vers le Chili - Vers Susques 07 

Vers midi, après toutes nos pauses, c’est l’arrivée à Susques, petite ville au milieu de ce désert. Ce n’est pas trop touristique et les options pour manger sont minces. On ne mange pas trop mal mais la télévision dont le son est poussé au maximum nous donne un petit mal de crâne.
Petite curiosité, on est au milieu de nulle part mais ils ont le wifi. Alors on tweete et on vérifie nos mails!

Redémarrage en trombe, il reste 150 kms jusqu’à la frontière chilienne, et vu notre rythme, on peut se demander si c’est pour aujourd’hui.
Mais on ne peut pas s’empêcher de s’arrêter pour regarder! On traverse des salars bleu clair, bleu foncé, juste blanc, des plateaux orange, des dunes. On repère une dune qu’on se promet d’escalader et de redescendre en luge sur un sac au retour. Tous ces paysages s’étalent à perte de vue et les photos ne pourront pas rendre cela. L’altiplano argentin est magnifique!

6 Route vers le Chili - Vers paso de Jama 03 

6 Route vers le Chili - Vers paso de Jama 01 

6 Route vers le Chili - Vers paso de Jama 04 

La couleur est donnée par la terre, mais aussi par des petits buissons qui changent de couleur au fur et à mesure de la route. Ils sont plutôt verts avant les Salines, puis deviennent verts et gris/bleus avant Susques et ils virent au jaune / orange vers le Chili.

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 07

Le mal de crâne commence à s’amplifier. Le vent s’est levé; chaque photo implique de prendre un gradient de température de 25° entre l’habitacle et l’extérieur! On court pour prendre une photo, puis au bout de 20 mètres, le souffle court, on rampe et on regagne péniblement le véhicule!

Frontière argentine: arrêt pour les paperasses de police, de douane, de frontière. 45 minutes plus tard, c’est reparti pour l’ascension du col de Jama, qui marque l’entrée au Chili à plus de 4300 m.

6 Route vers le Chili - Frontière 1 6 Route vers le Chili - Paso de Jama 05

Là, le mal de crâne a pris une autre dimension, et il s’ajoute au mal de ventre. La digestion à 4000m, c’est pas pareil!

Le vent est encore plus violent et il n’est plus question de sortir prendre une photo! Virginie sent le mal de gorge qui va arriver fissa! Comme on repasse par là au retour, on les prendra plutôt à ce moment-là! Note pour les routards avertis, ce genre de plans (remettre à plus tard les photos) est effectivement une erreur de débutant.

10 kms plus loin, 2 motards brésiliens nous demandent de nous arrêter. Ils ont voulu faire une pause, le vent a fait tomber la moto et ils ne peuvent plus la relever. Trop de vent, plus assez de force. Bon, ben je sors, en T-Shirt. Le T-shirt vole au vent, cela me fait une cape, je ressemble à Superman; leur visage s’éclaire! Je leur crie: « poussez-vous, je vais la relever avec un doigt » mais ils ne m’entendent pas. On relève la moto et ils me crient: « El Salvador! ». « Non, Superman que je vous dis! » mais ils ne m’entendent toujours pas. Dans un éclair, Superman rajuste son slip rouge, se retourne et fonce à la voiture parce qu’il se gèle!

A partir de ce moment commence l’enfer! Il reste 150 kms de route jusque San Pedro de Atacama, et ma tête se fissure, les yeux sortent des orbites sous la pression de mon estomac qui remonte.
A chaque tournant, on espère que la descente va s’amorcer. Mais non! C’est 100 kms de plateaux qui défilent, avec des petites montées, des petites descentes, mais rien de concret. En fait, ces plateaux nous font monter à 4600m et ne descendent plus en dessous de 4300m avant la fin.

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 01

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 06

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 10

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 11

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 13

6 Route vers le Chili - Vers SP Atacama 14

Des plateaux somptueux, certes, bordées par de hautes montages, des salars, des lagunes, des volcans avec de la neige, mais des plateaux quand même! Quand est-ce qu’on redescend en dessous de 4000m? Avec tous nos arrêts, cela fait 8 heures qu’on navigue autour des 4000m et malgré toutes les infusions à la coca que je me suis bues, c’est très limite. On avait dit: avant de monter, un repas léger, pas d’alcool et une bonne nuit. Hier soir, je me suis empiffré, j’ai bu du vin et on a fait une insomnie. Bon, ben, faut pas chercher!
A l’arrière, les enfants se sont mis à jouer à l’iPod et ignorent tout de l’intense souffrance de leurs géniteurs. C’est mieux ainsi.

C'est douloureux mais qu'est-ce que c'est beau!

Dernier col près du volcan Licancabur (5916m, à la frontière Bolivie-Chili), et tout d’un coup, la descente. Là, ça ne rigole pas. Sortie de freinage d’urgence genre piscine de graviers où on n’a pas pied tous les 150 mètres, pneus éclatés qui jonchent le bord de la route; une vraie descente! En 20 kms, on descend en ligne droite et on passe de 4300m à 2300m. Autant dire qu’on a déjà une petite pensée pour le voyage de retour et le moment où il faudra remonter cela!

Arrivée à SP de Atacama, passage de la douane chilienne (oui, ils ne la font pas en haut où il fait froid mais en bas, en ville). C’est reparti pour la paperasse, les formulaires en triple, le contrôle des papiers du véhicule, la fouille du véhicule et des bagages. Ces petites formalités sont pénibles en temps normal, mais là, j’ai une grosse envie de sortir de mon corps parce que je ne me sens plus très bien dedans. En plein milieu de l’enregistrement informatique de la voiture, l’électricité est coupée! On le fait à la main? Oui? C’est ce que je pensais…

Derrière nous arrive une caravane du Dakar. La course passe ici en Janvier 2011 et ils viennent préparer le terrain, faire le road book des étapes. Ils discutent de la descente vertigineuse. Théo demande si « passer la douane » est une étape du Dakar et si le temps compte.
Pour ceux qui veulent voir la région, je conseille de le faire entre maintenant et janvier 2011 avant qu’ils ne viennent saccager le désert.

Affaiblis, on se perd dans les faubourgs de la ville et pourtant c’est pas grand (2000 habitants). On trouve enfin le centre piétonnier et là, Virginie part à l’office de tourisme et à la chasse aux hôtels. Dans la voiture, les enfants pètent les plombs après cette journée de voiture, et plus que mes menaces de mort violente s’ils ne cessent pas de crier, c’est ma bave qui les impressionne.
Retour de Virginie avec une liste d‘hôtels mais pas de plan digne de ce nom, alors on tente la recherche en voiture à l’aveugle.
On navigue de pensions en auberges, et c’est complet, ou outrageusement cher pour un placard en partage. L’anglais n’étant pas courant chez nos hôtes, j’accompagne Virginie pour dispenser les vertus de mon espagnol. Je crois que je parle espagnol mais j’ai perdu l’ouïe alors rien n’est moins sûr.
On trouve enfin une cave troglodyte, au centre, et on s’arrête pour la nuit, on verra demain pour trouver mieux.
Virginie emmène les enfants en balade, pour tirer de l’argent et manger, pendant que je teste un des lits avec du paracétamol.
A son retour, c’est elle qui a besoin de paracétamol, ça y est, le mal de gorge arrive.

Si on met de côté un ou deux trucs, c’était quand même une journée magnifique, la plus belle route de ce voyage, et peut-être même la plus belle route tout court!

Prochain article dans le dossier CHILI!

Vers SP de Atacama

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 21:40

Nouvelle voiture! Celle-là a le droit de traverser la frontière vers le Chili (moyennant 250 pesos). Et comme la dernière fois, ce n’est pas la voiture prévue! Toujours pas de vrai coffre, elle est plus vieille que la précédente, la climatisation marche presque, elle est déjà sale alors qu’on n’a pas commencé à jouer avec! Virginie va mettre quelques centaines de (chauds) kilomètres à digérer cela.

Ces premiers kilomètres nous emmènent vers le nord, vers Jujuy (prononcez ChuChui si vous êtes écossais, avec le « ch » de « loch », ou Jujuy si vous êtes espagnol en prononçant le « j » comme il se doit). Nous évitions l’autoroute en prenant à travers la montagne pour pique-niquer dans un tournant.

Jujuy est la capitale de la province du nord mais n’a pas énormément de charme. Elle offre néanmoins un accès à de nombreux parcs nationaux. C’est la capitale de province la plus haute du pays, c‘est toujours le printemps ici et on est au cœur de la culture Quechua. Attention, Quechua n’est pas qu’une marque Decathlon, c’est d’abord et surtout le nom de la langue indienne (inca) de cette partie des Andes (en fait, plutôt parlée en Bolivie et au Pérou).

On en profite pour s’offrir une virée vers l’ouest, vers des sources chaudes naturelles appelées « thermes des rois ». Le nom est loin de décrire la réalité. Il donne plutôt une indication historique, depuis longtemps révolue. Après avoir roulé dans de belles montagnes, on cherche désespérément les thermes des rois. On tourne. Finalement, je demande à un gars du coin qui fait du ciment devant une bâtisse délabrée:
-« où peut-on se baigner? ».
- « Ben ici » me dit-il en me montrant une petite pièce de sa baraque.
Je pousse la porte et là, creusée dans le sol, une baignoire, avec un robinet qui sort d’un mur. Ce sont les bains privés que décrit le guide. C’est privé; chacun sa cabine sale et sa baignoire individuelle, c’est royal!
- « OK, alors où est la piscine? »
- « Ben là, derrière! »
Effectivement, derrière la bâtisse, il y a des bacs, dans lesquels trempent des gens. Eh bien nous aussi on y a droit! Cette eau chaude (50°C) qui sort de terre pleine de bons minéraux nous fera le plus grand bien. Les gens nous regardent bizarrement, sûrement parce que nos maillots ne sont pas à la dernière mode, où alors c‘est le bruit que font les enfants, ou alors la couleur de notre peau.

4 Jujuy - Thermes de Reyes 13

4 Jujuy - Thermes de Reyes 03

Après avoir pris notre bain royal, il faut compléter la toilette, et nous retournons en ville faire couper les cheveux des enfants en prévision des grands froids d’altitude.

Le lendemain, c’est parti pour la route du Nord. C’est la route 9, la panaméricaine qui part de Buenos Aires et qui monte vers la Bolivie. Elle emprunte les gorges d’une rivière asséchée et l’érosion a créé de magnifiques formations géologiques. Cette vallée est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. La route nous rapproche aussi des foyers de civilisations pré-colombiennes, et de nombreux sites de fouilles archéologiques. On se sent vraiment en pays indien andin.

La montagne prend ici de belles couleurs qui brillent au soleil et s’enflamment au coucher, tantôt en forme de dents de requin, tantôt de vagues aux teintes chaudes.

5 Quebrada Humahuaca - Tilcara 31

5 Quebrada Humahuaca - Tilcara 14

Nous nous posons pour 2 jours dans la ville de Tilcara, qui compte les restes d’une forteresse, une pokara, et qui permet de faire de belles balades alentour. Notre activité: explorer la montagne et casser des cailloux, visiter le musée et la pokara et casser des cailloux, passer la ligne du tropique et si possible casser des cailloux.

5 Quebrada Humahuaca - 7 colores 56

5 Quebrada Humahuaca - Tropique 1

5 Quebrada Humahuaca - Tilcara 08

Une des montagnes les plus connues est appelée « montagne des 7 couleurs » parce que … on peut y voir 7 couleurs. Elle se situe derrière le village de Pumamarca, sur la route vers le Chili. On peut aussi y casser des cailloux, les réduire en poudre et fabriquer des poteries, comme ils nous ont appris au musée de Tilcara. Il nous manque juste un four, et ça c’est rageant. Sinon, les montagnes sont absolument magnifiques et les balades mémorables. On ne se lasse pas de prendre 100 fois la même photo à des heures différentes.

5 Quebrada Humahuaca - 7 colores 85

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5 Quebrada Humahuaca - 7 colores 02

5 Quebrada Humahuaca - 7 colores 05

Ces 2 jours sont aussi une préparation pour la route vers le Chili et j’absorbe des tasses de maté à la coca, et du vin, parce que … parce que c’est bon pour le cœur. Le froid est bien présent, et il va falloir penser à acheter des gants en laine de lama ou vigogne ou mouton ou n’importe quelle laine tissée en Chine et vendue sur les marchés artisanaux locaux. Avec un peu de chance, ce sera vraiment local car ils attachent une grande importance à la sauvegarde de leur culture ancestrale.

Demain, lever tôt pour la traversée des Andes et notre première incursion au Chili.

Tilcara 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 04:05

En route vers Cachi, donc, autre bourgade prisée des visiteurs.

Nous voilà repartis pour une route qui s'avère extrêmement lente. Elle se trouve non seulement bordée de montagnes qui nous obligent à nous arrêter pour photographier souvent, mais surtout elle est non asphaltée, "consolidée" comme ils disent ici, propice à des pointes de vitesse de 45 voire 50 km/h.

3 Cafayate - route vers Cachi 08

3 Cafayate - route vers Cachi 04

En passant, on s'amuse à photographier les bornes kilométriques. C'est la Ruta 40; le bout n'est pas loin, on ira d'ailleurs essayer de le toucher dans quelques jours, mais on verra surtout le début de cette route tout en bas, en Patagonie dans quelques semaines.

Bon, il ne faut pas se le cacher, les enfants ne sont pas tout le temps collés à la fenêtre à regarder ces formations rocheuses, ils ont plein d'autres trucs à faire ...

3 Cafayate - route vers Cachi 12  3 Cafayate - route vers Cachi 15

... d'autant que la route est longue et qu'il commence à faire faim.

Il n'y a pas beaucoup de villages dans ces montagnes, tout au plus des hameaux de 2/3 maisons isolés et on ne voit personne. On croise bien une énorme assemblée à un moment, 40 personnes assises en rond à côté d'un barbecue, et là, c'est le flash, on est dimanche! A coup sûr, on va aller de village fantôme en village fantôme, ils seront tous soit au banquet, soit au foot!

Vers 15h, on trouve une auberge à Angastaco, on s'arrête. On n'a pas le choix, c'est la seule. Malgré nos vives réticences, le proprio insiste pour nous donner un plat de viande chacun parce que sinon, il n'y a pas assez à manger. Quand Virginie, végétarienne dans l'âme, voit arriver son assiette remplie de 600 grammes de steak bien cuit, accompagné de frites bien grasses, elle donne son meilleur sourire.

La route est bien longue pour arriver à Cachi à basse vitesse (150 kms), mais c'est la délivrance vers 17h. On s'installe vite au centre (c'est pas grand), on se dégourdit dans les jeux de la place centrale (les enfants surtout) et on part voir la vue du haut du cimetière qui surplombe la ville. Coucher de soleil à 2400 mètres, il fait frais.

3 Cafayate - Cachi 1

Pour le dîner, il faut quelque chose de spécial; Virginie veut des légumes! Le mot n'existe pas dans le jargon local. La traduction la plus proche, c'est frite ou pizza.

Et là, on déniche la perle, le trésor: Ashpamanta! A deux pas de la place, un tout petit établissement, pas dans nos guides, avec une patronne/cuisinière/serveuse. Sa carte est alléchante, travaillée, de la cuisine d'auteur! C'est parti pour des soupes (avec des bons légumes). Même les enfants les trouvent excellentes. Virginie enchaîne sur des empanadas allégés à la graisse végétale (aux légumes aussi, et au chèvre), les enfants sur des pâtes fraîches maison, et moi sur un risotto de quinoa aux légumes croquants et au vin de Torrentés. Les enfants vont rythmer la préparation des pâtes.

3 Cafayate - Cachi 6

3 Cafayate - Cachi 5

Une part de tarte au chocolat maison pour finir et il n'y a plus qu'à faire 10 fois le tour de la place pour digérer cela!

3 Cafayate - Cachi 7

Le lendemain matin, c'est école sur la place de Cachi au soleil, en sirotant un jus d'orange frais.

3 Cafayate - Cachi vers Salta 4

3 Cafayate - Cachi vers Salta 2

A ceux qui se posent la question: oui, c'est dur l'école sur la route!!

D'autant que nous sommes déconcentrés par une fête sur la place et par un balai de voitures improbables. Des modèles de ma jeunesse ou construits avant ma naissance qui passent et repassent autour de la place à 5km/h. On pourrait croire à un rallye, lent mais accroché, parce que la 504 modèle 1978 est rattrapée par la Renault 9 modèle 1982. Mais c'est la 404 année 1965 qui surprend!

J'aurais voulu photographier la Renault 18 Break bordeaux pour l'envoyer à Gérard car je suis sûr qu'il s'agit du modèle qui a presque rendu l'âme sur la route d'Espagne, ou de la Grèce ou de la Yougoslavie, je ne sais plus! Il finit sa vie ici tranquillement!

Pour les narguer, nous démarrons vite de Cachi pour faire la route jusque Salta. C'est une des plus belles routes de la région alors on se presse. Et là, c'est la boulette, on a oublié d'acheter le déjeuner. On ne va pas le voir tout de suite. On va bien sûr commencer par des "Oh", des "Ah" justifiant maints arrêts.

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Mais à un moment, cela nous tombe dessus! Après avoir traversé de somptueux plateaux gris, puis jaunes, puis verts, plantés de cactus, nous arrivons en haut d'une belle chaîne de montagnes et nous comprenons qu'il n'y aura pas de repas avant d'arriver en bas!

3 Cafayate - Cachi vers Salta 17

Tout en bas, dans la vallée, après des kilomètres de route consolidée, sinueuse à souhait!

Alors, qui reprend le volant?

3 Cafayate - Cachi vers Salta 14  3 Cafayate - Cachi vers Salta 13

Autant dire que la balade dans le parc des Cardones (cactus), dans la Vallée Enchantée, tombe à l'eau. On mâchonne des bouts de toasts pour patienter, on profite du magnifique paysage de cette route, de ses montagnes jaunes, vertes, rouges sur fond bleu, de l'arrivée dans la vallée luxuriante.

Ce paysage n'est rien en comparaison du plaisir que nous ont procuré les empanadas du premier village venu dans la vallée!

Arrivée à Salta, on reprend nos quartiers. Chasse aux pigeons pendant que je ramène la voiture. Celle-là ne peut pas passer la frontière chilienne et on l'a bien salie alors je l'échange contre une propre, qui peut passer la frontière.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 15:29

C'est parti pour la route! La voiture est louée; le coffre est trop petit pour nos gros bagages, chouette! Les enfants auront une table à carte à l'arrière, le luxe, quoi!

Une petite visite en courant aux distributeurs de banques, l'école pour les enfants, et hop, il est encore midi!

Adaptation à la conduite locale: les Argentins n'utilisent pas l'Euro et ont aussi une autre manière de compter les kilomètres. Exemple, quand c'est marqué limite de vitesse = 40km/h, cela veut dire 80 km/h. Alors on fonce, le coup de klaxon, c'est gratuit, c'est pour moi, ça me fait plaisir!

La route vers Cafayate est une pure merveille! Elle passe à travers un défilé, dans les gorges du Rio de las Conchas. C'est une succession de montagnes torturées, aux couleurs bigarrées qui nous enchantent.

Le trajet n'est pas très long, une centaine de kilomètres dans les montagnes, mais comme nous nous arrêtons tous les 100 mètres pour faire des photos, cela prend toute l'après-midi. Il me faudra des nuits pour trier les milliers de photos!

3 Cafayate - Quebrada 116-1

3 Cafayate - Quebrada 33 

3 Cafayate - Quebrada 59

3 Cafayate - Quebrada 31

Après le défilé, la plaine pour une quinzaine de kilomètres puis c'est Cafayate, collée à de hautes montagnes. Malheureusement, les montagnes retiennent les nuages aujourd'hui et sans une intervention surnaturelle, nous n'aurions pas trouvé.

3 Cafayate - Quebrada 27

Cafayate est une des grandes villes vinicoles d'Argentine. Elle se situe à 1700 mètres d'altitude et les vignes sont plantées sur une terre sablonneuse très absorbante. Elles bénéficient d'un temps clément, très stable. Elles sont plantées haut (jusque 1m70), sympa pour les vendangeurs. Le cépage local s'appelle le Torrentés, il est extrêmement fruité, aromatique (beaucoup de fleurs) et extraordinairement sec. J'ai goûté un Mayuco 2009 excellent. Tous les vins produits ici sont denses et aromatiques (il y a de nombreux cépages: Cabernet Sauvignon, Chardonnay, Malbec, Syrah, Merlot, Tannat, Tempranillo, Pinot noir, etc). Les rouges titrent entre 14,5 et 16°!

3 Cafayate - vignes 1

Les amateurs de vins et de montagnes ont en général du mal à quitter la ville. Avis aux candidats!

Bon, en hiver, ce n'est pas une ville trop agitée, elle permet de couler des jours heureux et c'est ce que nous faisons chez une grand-mère très attentionnée (Hostal Portal de las vinas). En hiver, les températures descendent bien la nuit; on s'est gelé la première nuit, surpris par l'altitude!

Après le petit déjeuner et l'école, devinez quoi? Il est presque midi, toujours notre petit rythme.

On commence par l'exploration de la plaine entre Cafayate et les gorges. Le vent s'est levé, des tornades de sable se forment.

3 Cafayate - dunes 05

Evoluant au Nord de Cafayate, un champ de dunes de sable blanc se déplace régulièrement. Ca tombe bien, les enfants ont besoin de se défouler!

3 Cafayate - dunes 10

Ensuite, nouvelle exploration de 60 kilomètres de Quebadra, avec arrêt tous les "Oh", "Ah", "Regarde", ce qui équivaut à 100 mètres environ.

3 Cafayate - Quebrada 80

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Il y a deux attractions pour visiteurs: des couloirs creusés dans la roche appelés "Gorge du diable" et "Amphithéâtre". Incroyable le nombre de gorges du diable dans lesquelles on a plongé, nagé, marché depuis un mois.

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Finalement, les enfants préfèrent s'arrêter dans un autre canyon, pour aller casser des cailloux, du sable, escalader, ...

3 Cafayate - Quebrada 94

Le soir, on ne résiste pas. Malgré le constat que le premier mois a été bien au-dessus du budget, nous optons pour un super restaurant (Terruno) au lieu d'un boui-boui. Bonne idée, on mange et on boit avec joie, sans abuser, et on s'en sort pour moins cher que la veille dans un resto populaire mais infâme (Baco). Des beignets à la boulangerie du coin pour le dessert et hop au lit pour une autre nuit de 12 heures.

Il faut s'arracher d'ici, alors école et direction Cachi. Aujourd'hui 3 octobre, Cafayate se prépare pour la Fiesta de la Virgen del Rosario de demain.

Cafayate

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